Bien des amours commencent par un baiser, et se terminent par un adieu.
En amour, tout devient prétexte à augmenter l'amour. Mais, dans ces attirances plus complexes, où la chair médiatrice ne joue aucun rôle, il y a de mystérieux abandons sans adieux, des divorces sans grief, des arrêts en plein ciel, où ceux qui furent pris dans notre radiation tombent de notre sphère. Les lois de l'attraction sont mues par des courants contraires. L'union par la pensée est la plus difficile des unions. Car elle n'est soudée par aucune habitude secourable, tout est sans cesse remis en question. Et les questions et les réponses se poursuivent sans jamais s'atteindre. « Il n'y a de haines que les haines de l'esprit. » Et l'amour, n'est-ce qu'une trêve accordée à nos différences ? Mais aussi la communion par l'esprit nous a semblé parfois plus réelle que le pauvre médium corporel.
N'accuse point l'heure qui te ramène à Dieu ! Soit qu'il naisse ou qu'il meure, il faut que l'homme pleure ou l'exil, ou l'adieu !
Donne-moi, au moins, un baiser ! embrasse-moi pour me dire adieu ; pour une caresse de toi, je donnerais tout le bonheur que peuvent renfermer la terre et les cieux !
Il y a des moments où je dis adieu à tout. Je voudrais me dissoudre. Rien de ce que je désire encore n'est réalisable. Ici, je suis dans un néant presque parfait.
Prolonger un adieu, c'est dire cent, mille, dix mille adieux, et chacun vous déchire à nouveau toute l'âme. En amour, comme ailleurs, les plus courtes agonies sont les seules souhaitables.
Un authentique chagrin d'amour enferme en lui-même celui qui l'éprouve ; c'est comme une seconde cristallisation, plus solide que la première, et plus durable car, dans ce domaine, contrairement au proverbe, les absents ont toujours raison. L'être aimé vous eût-il dit adieu à jamais, vous eût-il accablé des plus grandes cruautés, on ne parvient pas à lui être infidèle, on est d'autant plus enchaîné charnellement à lui qu'il est invisible.
Combien d'adieux en amour amènent de retours !
Il est des heures où le mot adieu retentit en nous comme le glas funèbre et où la tombe paraît s'entrouvrir sur nos pas, ce sont les heures où le doute nous poursuit et où l'espérance nous abandonne.
Quand la saison d'aimer se dépouille de fleurs, adieu jeunes plaisirs pour passer aux douleurs.
Le revoir rapide et inattendu, aussitôt après des adieux très durs, c'est presque le retour après une longue absence.
Adieu, ma belle, ma bonne, ma chère mère ; aime-moi toujours beaucoup plus que je ne mérite, ce sera encore beaucoup moins que je ne t'aime.
Dans ton histoire, garde en mémoire notre au revoir, puisque tu pars.
Adieu, mon cher enfant ; je compte les jours jusqu'au moment de vous voir ; je compterai bientôt les heures et enfin les minutes avec une impatience qui ira croissant.
Adieu ! tu n'es plus pour moi qu'un souvenir chéri.
On rompt qu'en se disant un de ces adieux éternels sur lesquels on ne revient pas.
Je n'ai joué qu'une seule fois à New York, j'y ai fait mes adieux.
Qu'est-ce que le bonheur ? Un émerveillement qui se dit à lui-même adieu.
Adieu, mon cœur ; aime-moi si tu veux, ou plutôt si tu peux ; mais songe seulement que rien dans le monde ne t'aime et ne te chérit comme moi, et que je n'estime la vie qu'autant que je la passerai avec toi.
Adieu maman ; je t'aime partout où je suis, partout où tu es.
Adieu, je n'ai absolument rien à te dire, si ce n'est que je t'aime.
Plus courte est la chanson d'adieu, plus vite on est parti.
Il ne faut jamais dire adieu, cela porte malheur.
Monde, je te fais mes adieux ; éternité, je te salue.
Adieu à l'audace, si vous ne voyez que des maux devant vous.
J'espère bien une réponse de ta plume, et tu permettras à celui que tu as daigné appeler ami, malgré la distance d'âge et de mérite, de t'offrir son adieu le plus affectueux et un cœur qui t'est dévoué.
Il y a de la mélancolie dans tout adieu, fût-ce un adieu à l'ombre seulement du bonheur.
Adieu, embrasse, adieu, embrasse qui tu veux ! Adieu, embrasse ! Dépêche-toi d'aimer, c'est le mot que les enfants crient à leurs aînés, c'est la sagesse pratique que les éphémères se passent l'un à l'autre.
Je veux dans mes derniers adieux, attacher mes yeux sur tes yeux.
Il est bien plus difficile de se délier que de se lier, bien plus difficile de se dire adieu que bonjour. Quand le cœur n'a plus d'illusion, il a son amour-propre ; et après l'attrait disparu le point d'honneur s'entête.
Dans la plupart des adieux, il y a cela de particulier qu'on ne sait comment tromper l'attente fiévreuse de la séparation, et que les gens s'aimant le plus désirent en finir, et que les gens ayant le plus d'esprit se sentent bêtes, les uns à l'égard des autres.
Adieu, toi que j'ai tant aimée, que j'aime tant encore, toi qui as rempli pour jamais ma vie d'amour et de douleur. Adieu, je pleure en écrivant ce mot. Adieu... adieu !...
Adieu, adieu, mille baisers d'amour. Si tu étais là je t'en donnerais comme je t'en ai donné. J'ai encore soif de toi, je ne suis pas assouvi ! Je t'aime.
Avec de belles espérances, l'adieu est comme une fête.
Tu viens à moi, bonjour ; tu veux partir, adieu. Le bonheur n'est pas même un oiseau de passage, c'est le reflet d'un rêve bleu. Vouloir le saisir sert de peu, mais lui sourire est assez sage.
C'est dans le dernier adieu qu'est la difficulté du dernier voyage.
Bonjour ! Adieu ! c'est l'abrégé de la vie.
La jeunesse fuit, la vie tombe en ruine : l'espérance même nous abandonne ; nous n'avons plus le même culte pour l'amour ; il étend ses jeunes ailes et s'envole avec la brise, et le linceul de la tendresse est le dernier adieu de l'amour.
Une seule louange, un simple témoignage d'affection donnés en notre absence, suffisent pour nous toucher. Combien ne le serons-nous pas encore davantage si l'on nous lance l'une et l'autre, comme un baiser d'adieu, après notre fuite de cette terre ? — Je ne puis croire qu'il y ait un seul être humain que, lorsque la mort le place dans le cercueil, comme sous la cloche du plongeur, une tête penchée et un regard humide ne suivent point ; ainsi chacun peut donc aimer du moins l'ami qui le pleurera un jour.