Le véritable amoureux de l'argent n'est point l'homme de luxe qui s'en fait honneur jusqu'à la prodigalité, ou même l'homme de plaisir qui en épuise les jouissances. Le véritable amoureux de l'argent c'est l'avare qui n'en fait aucun emploi, et dont l'unique bonheur est dans le sentiment de la possession.
Le coffre que l'avare a fait dépositaire de son trésor est à la fois son paradis et son enfer.
L'avare mort dépense plus, en un seul jour, que ce qu'il a dépensé vivant en dix années.
L'homme le plus avare est celui qui se refuse jusqu'au nécessaire.
L'avare est tourmenté d'une soif qu'il ne peut éteindre.
Quelques biens que l'avare possède, il en désire toujours davantage.
Le plus triste des hommes est l'avare qui passe tout son temps à surveiller son trésor.
Les avares sont comme les mines d'or qui ne produisent ni fleurs ni feuillages.
Les hommes ne haïssent celui qu'ils appellent avare que parce qu'il n'y a rien à gagner avec lui.
L'avare est la constante victime de sa passion : il se refuse tout, et n'accorde rien aux autres.
Riches : Suspectés d'être avares puisqu'ils ne dépensent pas tout l'argent qu'ils possèdent. Ils vivaient en France jusqu'à la fin du deuxième millénaire.
Un avare n'a de repos qu'autant que sa richesse augmente.
Qui économise sur tout est un avare achevé.
Les avares ne veulent rien devoir, et les prodigues trouvent très supportable d'avoir des dettes.
L'avare ne manque jamais de prétexte pour refuser.
L‘avare manque autant de ce qu'il a que de ce qu'il n'a pas.
Un avare n'a jamais honte d'un autre avare.
Sois avare si tu veux, mais garde-toi de parler comme l'Avare.
Un avare ne saurait faire sauter son propre coffre-fort.
La vie de l'avare est toujours courte, celle du libéral est toujours longue.
La figure de l'avare s'épanouit dès qu'on lui laisse entrevoir le moindre gain à faire.
La crainte de perdre jette l'avare dans des frayeurs incroyables, et lui fait faire des convulsions involontaires.
Les avares sont des citernes ; ils amassent les richesses, et rendent leurs fils prodigues.
Un avare peut avoir des richesses dans ses coffres, mais il n'en est pas le maître ; ce sont elles qui possèdent et son cœur et son esprit.
Il geint comme un avare devant le paquet de titres russes de son grand-père.
Un avare aime en avare ; un ambitieux aime en ambitieux.
L'avare est comme ces amants qu'un excès d'amour empêche de jouir.
Les avares eux-mêmes méprisent l'avarice, dès qu'ils croient l'apercevoir chez les autres.
L'avare est un bienfaiteur méconnu de l'ingrate humanité. Il ne prend pas sa part de jouissance, et il prend plus que sa part de l'épargne. Il accumule des forces dont profiteront les générations futures.
Le fils de l'avare est prodigue, le fils du prodigue avare.
L'avare, l'homme orgueilleux, le beau parleur, ne peuvent faire que de mauvais amis.
L'avare n'a ni Dieu, ni femme, ni ami, l'or lui tient lieu de tout.
L'avare ne peut jamais amasser autant qu'il désire, et tremble continuellement de perdre ce dont il n'ose faire usage.
Le coffre d'un avare abhorre le vide.
L'avare met le trouble dans sa maison ; celui qui haît les présents vivra.
L'avare n'a généralement pas d'autre passion : l'avarice lui suffit.
L'avare est un arbre stérile.
L'héritier vient après l'avare, comme la pluie vient après la sécheresse.
L'avare qui craint un écueil, se jette contre un autre : il ne donne rien, de peur de s'appauvrir ou d'être payé d'ingratitude, et il ne faut pas s'en étonner : comment pourrait être bon pour les autres celui qui ne l'est pas pour lui-même ? S'il lui arrive quelquefois d'être forcé par les circonstances à être libéral, que de regrets ne lui coûte pas sa fausse générosité ! Combien de fois ne se la reproche-t-il pas en secret ! Souvent même son avarice ne peut se déguiser, elle se décèle par quelques traits de mesquinerie qui lui échappent, et qui lui ôtent tout le mérite de sa libéralité. Sa réputation même dépose contre lui !
L'économe n'épargne que pour donner plus ; l'avare n'amasse que pour enfouir plus.
Un riche qui est avare est plus pauvre qu'un pauvre qui est libéral.
Un avare qui garde son argent ressemble à un homme qui a du pain devant lui et qui ne mange pas.
L'or et l'argent, en nous rendant avares, éteignent le sentiment de la générosité.
Le pauvre manque de beaucoup de choses ; un avare manque de tout.
L'avare est le pauvre par excellence, c'est l'homme le plus sûr de n'être pas aimé pour lui-même.
L'avare a toujours le regard faux, furtif, et même les doigts crochus.
L'avare est un riche honteux.
L'homme, après avoir été prodigue une partie de sa vie, devient avare, juste au moment où sa prodigalité commencerait à devenir une vertu.
Un avare aime mieux son argent que son Dieu et son âme. Hélas ! Qu'on est malheureux quand on s'attache si fort à l'argent.
Les métaux les plus oxidables, le fer, le cuivre, par exemple, sont aussi les plus répandus et les plus utiles : ils sont l'image des classes laborieuses. L'or, l'argent, le platine qui ne s'oxident point et ne se mêlent à rien sont rares et d'une utilité restreinte : c'est l'image des riches avares et des conservateurs inintelligents.
À l'avare, l'argent est un plat pour être empilé?