Vous savez comme on cause en l'absence des gens ? Ne donnez-donc sur vous nulle prise aux méchants.
Entre deux hommes qui se causent, le suprême plaisir est de dire le plus de bien d'eux-mêmes ; entre deux femmes, c’est de dire le plus de mal possible d'une troisième.
Causer, qu'est cela ? Causer c'est l'art de ne jamais paraître ennuyeux, de savoir tout dire avec intérêt, de plaire avec n'importe quoi, de séduire avec rien du tout.
La causerie amicale ne peut être une prédication double qu'à de très rares intervalles. Ce qui doit la dominer c'est le naturel, l'abandon, le plaisir d'être ensemble.
Les hommes ne se doutent pas, je crois, combien nous sommes faciles nous les femmes à effaroucher et que de choses nous causent un mortel embarras ; ils pensent nous amuser, quand nous nous sentons révoltées. Entre eux et nous, il y a de grandes différences ; on s'en aperçoit après qu'on est mariée.
À un certain âge, lorsque les enfants sont grands et que les soucis diminuent, on aime une heure de causerie tranquille, plus encore peut-être avec la plume que de vive voix, car on n'est gêné ni par les jeux de physionomie, ni par les réponses de son partenaire.
On commet presque un crime en causant une déception. L'effusion, ainsi refoulée, se retire d'autres auxquels elle aurait pu faire du bien.
Causer avec un homme sans éducation, c'est parler français à un Chinois : il vous prend pour un ennemi et devient agressif.
C'est en causant qu'on pense le plus ; c'est après avoir causé qu'on pense le mieux.
Nous sommes plus nous en écrivant qu'en causant parce qu'en écrivant nous sommes seuls.
Si loin l'un de l'autre, dans une lettre on peut encore parler, mais on ne peut plus causer.
En public, causez bas, le bon goût le prescrit ; il n'appartient qu'aux sots d'étaler de l'esprit.
Ce qu'on doit désirer avant tout dans le mariage, c'est une compagne avec laquelle on soit heureux de causer au coin du feu, l'un contre l'autre.
Dans les causeries alanguies on entend quelquefois de ces mots vagues qui rompent le silence afin de l'embellir ; à la façon de ces lanternes vénitiennes qui rompent l'obscurité sans pourtant l'éclairer.
Dans une causerie, épuiser son sujet c'est épuiser aussi la patience de son interlocuteur.
Ceux qui s'aiment vraiment ont, en se quittant, l'impression que le meilleur de leur causerie est resté dans l'inexprimé.
Dans nos causeries intimes, voiler notre voix c'est dévoiler notre âme.
Paresseux avec délices et avec conviction, causeur intarissable, il dépense sa vie en propos et en bruit, tout en lui est léger, le cerveau, la parole, le cœur et l'espérance.
L'ignorant, celui qui ne sait pas de quoi on cause, parle toujours au nom de tout le monde.
L'homme le plus spirituel ne sera jamais un causeur charmant, s'il n'entre pas dans les délicatesses de la langue aérienne que parlent les femmes.
L'homme qui est doué d'un caractère facile et enjoué se plaît beaucoup dans la société, parce qu'il domine aisément la volubilité de causeur indiscret.
Causer avec un sot est aussi difficile que de voyager à pied avec un cul-de-jatte.
Les causeries de politesse qui partent du bout des lèvres me semblent odieusement longues.
Qui ne cause que pour faire causer un sot, et rire ensuite à ses dépens, ne ferait-il pas mieux de se taire ?
À force de causer ensemble certains couples épuisent tout sujet de conversation et ne savent plus que se dire.
Les grands causeurs, une fois lancés, dépassent les limites de leur être ordinaire, s'élèvent jusqu'à la hauteur de leurs prétentions secrètes et se font passer pour ces héros, courageux, pieux, charmeurs et sages que, dans leurs moments les plus glorieux, ils aimeraient tant être.
Une causerie est délicieuse quand on parle pour se faire valoir et que l'on écoute pour flatter ; on se caresse mutuellement l'amour-propre ; une bonne et sincère causerie est, en outre, consolante et fortifiante par la sympathie.
On brûle des cierges pour chasser les fantômes et les revenants, moi je regarde cette intention comme un acte d'ingratitude ; j'en brûlerais tous les jours, des cierges, pour causer avec les parents que j'ai perdus.
La société existe par affinités chimiques, et point autrement. Réunissez des gens en leur laissant la liberté de causer, et ils se partageront rapidement d'eux-mêmes en bandes et en groupes de deux. On accuse les meilleurs d'être exclusifs. Il serait plus vrai de dire qu'ils se séparent comme l'huile de l'eau, comme les enfants des vieillards, sans qu'il n'y ait là ni amour ni haine, chacun cherchant son semblable.
L'œil de l'homme cause autant que sa langue ; avec cet avantage, toutefois, que le dialecte oculaire n'a pas besoin de dictionnaire, et est toujours compris de tout le monde. Lorsque les yeux disent une chose, et la langue une autre, un homme habile s'attache au premier des deux langages.
Tu causes trop : le verbe s'est fait cher !
C'est violer le secret de nos tendresses que de confier nos causeries.
Toute joie est enceinte d'une peine qui naîtra viable et vivra longtemps, non sans causer, dès les couches, la mort de sa mère.
Quel ravage un être peut causer par la seule force de sa séduction.
On n'éprouve aucun plaisir à causer avec une femme qui ne peut être une maîtresse.
L'amour cause de véritables soulèvements géologiques de la pensée.
L'Amour est un dieu folâtre qui cause bien de l'ennui.
Tu causes, tu causes, c'est tout ce que tu sais faire.
Nous passons notre vie à causer de ce mystère : notre vie.
Les personnes qui causent à demi-voix trouvent rarement le moi très haïssable.
Lorsque vous causez d'amour avec une femme, effleurez, n'appuyez pas ; elles veulent deviner plutôt qu'entendre, et comme l'a dit un homme aimable, leur imagination aime à se promener à l'ombre.
Qui cause beaucoup travaille peu?