Il n'est personne de si vieux qui ne croit pouvoir vivre encore un an.
Il n'y a que les insensés qui rejettent sur la vieillesse leurs défauts et leurs vices.
Tous les âges sont à charge à ceux qui ne trouvent en eux-mêmes aucune ressource pour bien vivre.
La véritable amitié n'a rien de feint, rien de simulé ; tout en elle est vrai, tout vient du cœur.
L'amitié rapproche les absents, enrichit l'indigence, donne des forces à la faiblesse.
L'amitié ajoute à l'éclat de la prospérité, et diminue en les partageant les maux de l'adversité.
Sans la vertu, il ne peut être d'amitié véritable.
L'amitié, après la sagesse, est le plus beau présent que l'homme ait reçu des dieux.
Il est indécent de se vanter soi-même, surtout de ce qu'on n'a pas fait.
L'étranger et l'hôte ont le devoir de s'occuper exclusivement de leurs propres affaires, de ne point s'occuper de celles d'autrui, et de retenir une curiosité indiscrète dans un pays qui n'est pas le leur.
L'inexpérience du jeune âge a besoin d'être gouvernée par la prudence de la vieillesse.
L'esprit de l'homme trouve son aliment dans la méditation et l'étude.
Le jeu et les amusements ne nous sont pas interdits, mais il en est d'eux comme du sommeil et du repos, il ne faut en user qu'après avoir vaqué aux affaires sérieuses.
Il n'y a point d'amitié plus douce que celle qui naît de la sympathie des caractères.
Rien ne fait naître les amitiés avec plus de force que la ressemblance des bonnes mœurs.
L'essence de la justice est de ne nuire à personne, et de veiller à l'utilité publique.
L'homme qui, dans un accès de colère, ou entraîné par la passion, fait violence à un autre homme, me semble porter la main sur son frère ; et celui qui ne fait pas tous ses efforts pour arrêter les effets de cet emportement est aussi coupable, selon moi, que s'il abandonnait sa patrie, ses parents ou ses amis en péril.
Le fondement de la justice est la bonne foi, c'est-à-dire le respect de notre parole, et l'inviolable fidélité à nos engagements.
Le premier caractère de l'homme juste est de ne jamais nuire à personne, à moins qu'il ne soit injustement attaqué ; ensuite, de se servir des biens communs comme appartenant à tous, et des siens seulement comme lui appartenant en propre.
La vie entière est réglée par le devoir ; que vous soyez homme public ou privé, dans le sein de votre maison ou en plein forum, que vous ayez affaire à vous-même ou à votre semblable, vous êtes soumis à des devoirs : si vous les respectez, vous êtes honnête homme ; malhonnête homme si vous les négligez.
Deux règles essentielles doivent être observées par ceux qui sont à la tête du gouvernement : la première est de n'avoir en vue que le bien public, sans jamais regarder ce qui serait de leur avantage particulier ; la seconde d'étendre leurs soins également sur tout le corps de l'État et de n'en pas négliger une partie en faisant du bien à l'autre. Il en est de celui qui gouverne, comme d'un tuteur, et, en cette qualité, ce n'est pas son bien particulier qu'il doit faire, mais le bien de ceux dont les intérêts lui ont été confiés. Celui qui n'aurait soin que d'une partie des citoyens, et qui négligerait les autres, exciterait la discorde et la sédition, qui sont ce qu'il y a de plus pernicieux à tous les États.
Dieu est le père commun d'une grande famille dont tous les hommes sont les enfants, unis ensemble par le lien de l'humanité, formés les uns pour les autres, obligés par conséquent de concourir au bien public et de s'entraider par toutes sortes de services.
L'homme ne doit point borner ses vues ni son zèle au seul avantage du pays où il a reçu le jour ; il doit se regarder comme un citoyen du monde entier qui, dans ce sens, ne fait qu'une seule ville.
Rien n'est plus conforme à la nature de l'homme que la bienfaisance ; mais elle doit connaître des lois. Prenons garde si nos bienfaits ne nuisent point aux autres, et ne tournent pas contre ceux même qui en sont l'objet ; si notre libéralité ne l'emporte pas sur nos moyens, et si nos présents répondent au mérite de ceux qui les reçoivent ; car c'est là le fondement de la justice, à laquelle toutes nos actions doivent être subordonnées.
La mort nous enlève, non pas des biens, mais des maux.
L'habitude est comme une seconde nature.
Le meilleur des témoins, une bonne conscience.
Une jeunesse déréglée et intempérante ne transmet à la vieillesse qu'un corps épuisé.
Pardonnez à vos ennemis, et ne soyez inexorables qu'à vos amis.
La gloire suit la vertu, comme l'ombre suit le corps.
Le propre de la folie est de voir les défauts d'autrui, et d'oublier les siens.
La sagesse est la santé de l'âme.
Ne rien acheter par caprice, c'est un revenu.
Non seulement la fortune est aveugle, mais elle rend aveugles ceux qu'elle caresse.
Un ami sincère se révèle dans l'adversité.
La gloire est l'ombre de la vertu.
S'il ne se passe rien, écris pour le dire.
La philosophie n'est rien d'autre que l'amour de la sagesse.
Bien agir vaut mieux que bien penser.
À l'heure de la mort, c'est une ressource bien consolante que le souvenir d'une belle vie.
Quelle est la véritable loi ? C'est la droite raison, invariable, éternelle, conforme à la nature et répandue dans tous les hommes.
Le lâche, l'insensé, le méchant, ne peuvent être heureux ; mais l'homme honnête, l'homme courageux, le sage, ne peut être misérable.
Le lit d'un célibataire est le plus confortable.
Mieux vaut mourir d'indigestion que de faim.
La philosophie est la vraie médecine de l'âme.
La récompense du devoir est le devoir même.
Nul n'est si vieux qu'il ne croit pouvoir vivre un an de plus.
Comme rien n'est plus beau que de connaître la vérité,rien n'est plus honteux que d'approuver le mensonge.
Rien de tout ce qui est donné par la nature à tous les hommes n'est un mal.
Plus on est honnête homme, plus on a de peine à soupçonner les autres de ne l'être pas.
Je préfère le témoignage de ma conscience à tous les discours qu'on peut tenir sur moi.
La terre ne rend jamais sans intérêt ce qu'elle a reçu.
Chacun trouve parfait ce qu'il fait.
Un nouvel amour en remplace un ancien comme un clou chasse l'autre.