L'habitude qu'ont les mères de tout faire pour les garçons, c'est agréable pour la paresse, mais c'est souvent agaçant pour la dignité.
Le planète connaît deux ostracismes : le bannissement, qui chasse les hommes de leur patrie, les exilés. Et l'interdiction de s'exiler, qui exile sur place.
Le comble de la faiblesse, du désarmé : s'aimer peu, aimer trop les autres.
L'homme de génie est celui qui porte à sa perfection la fonction normale de l'homme, qui est de nier le hasard, de l'abolir, de le vaincre.
Avant de vivre, on souhaiterait qu'on nous communique le cahier des charges. Mais on ne nous le donne qu'à la sortie. Trop tard.
Mieux vaut que deux soient ensemble, et si possible toi et moi.
On se défait plus facilement qu'on se refait.
Ceux qui plaignent les désillusionnés doivent croire que ce qu'ils nomment illusion est simplement une vérité plus agréable que les vérités vraies.
L'esprit, c'est comme l'argent : on en a en général au dépens d'autrui.
Écrire pour démontrer est ennuyeux, écrire pour se montrer est dérisoire : il faudrait n'écrire que pour dire.
La passion d'amour n'a pas besoin pour brûler à haute flamme de la présence réelle.
Un des plaisirs que donne la poésie, c'est qu'on ne sait pas ce qu'on va écrire.
Le bonheur d'écrire, c'est aussi la visite de cet inconnu en nous que nous ne connaissons pas.
On n'aime l'odeur que de qui on aime.
Pour rester au frais, rien de tel que l'ombre d'un doute.
Essayer de voir les choses comme elles sont sans les prendre comme elles restent.
Il n'y a pas d'amour qui soit toujours heureux.
Quel est l'imprudent qui a dit : « Cette planète est la vôtre. Faites comme chez vous » ? On voit le résultat.
Les grands penseurs politiques, ces prophètes, qui à force de prévoir ne voient plus rien.
Du premier cri au dernier soupir, l'homme est un souffle pensant.
Le risque exalte l'audace, le gain ravive la confiance en soi.
Qui s'aime avec haine aime les autres de même.
Use de la vie comme d'une chose qui ne t'appartient pas.
Aimer, c'est se livrer.
Aimer la littérature, c'est détester le désordre.
Aimer la littérature, c'est refuser que la beauté soit mise entre parenthèses.
Ce n'est pas de bonne franchise que de dire du mal de ses amis !
Les tristes éprouvent toujours le besoin de mépriser les gais.
Les maigres dédaignent les gros pour se justifier de n'avoir pu faire autrement qu'être maigres.
Tu es un bon bougre, malgré ton air cornichon !
Il n'y a que toi au monde pour moi.
Si tu es mon ami, tu dois me prendre comme je suis.
L'amour est souvent le travesti le plus gluant de la relation du maître avec l'esclave.
Je t'aime comme je n'ai jamais aimé.
Moi, je chercherai à t'oublier ; je serai soulagée d'y parvenir, et triste d'y avoir réussi.
Il reste au couple qui a connu la folie d'amour plus de ressources qu'à celui né du mariage de raison.
Si la conscience des mourants calomnie leur vie, la jeunesse des vivants l'embellit.
Quand le temps a fait longuement son affaire, vient l'heure où le temps ne fait plus rien à l'affaire.
La bonne lenteur pédagogique, la lente patience d'expliquer clairement.
Avoir décidé guérit du vertige d'avoir à décider.
La maladie fausse le jugement et calomnie la vie.
L'expérience enseigne ce qu'elle a oublié d'enseigner quand il était encore temps.
Je suis content de vivre ce matin, mais sans oublier jamais que je suis mortel !
Aime-toi, le ciel t'aimera.
Mieux vaut éviter d'être content de soi, mais être content avec soi ne serait pas mal.
Il n'y a pas d'imbéciles heureux : il n'y a d'heureux que les intelligents.
En amour, il suffit souvent de vouloir aimer pour être aimé.
La plupart des mensonges sont de politesse, même vis-à-vis de soi.
Si l'angoisse paralyse, la crainte rend intelligent : on cherche à deviner, se prévoir, se déjouer.
L'amour rend aimable, pas seulement les aimés, pas seulement les amants.