Le monde n'accorde quelque compassion qu'aux peines positives. Il consent à plaindre ce que vous perdez, jamais ce qui vous manque.
Le contact avec les âmes sèches est toujours un froissement. Elles auront peut-être quelques hautaines vertus, dures et sèches comme elles-mêmes ; mais c'est tout. Les compassions, les tendresses, le côté humain de notre nature, tout cela leur manque.
Le malheur commande la compassion ; la parabole du Bon Samaritain est un exemple que nous ne méditons pas assez.
La compassion de ceux qui n'ont pas souffert vous arrive comme un petit vent glacé qui refroidit le soleil. La sympathie de ceux qui ont souffert est comme le siroco, chaud, même en hiver ; mais il vous rend mou.
La vanité nous porte à dissimuler nos misères de peur d'exciter la pitié, et le désir de nous faire plaindre nous porte à exagérer nos souffrances, afin d'exciter plus de compassion.
S'il y avait moins de compassion de par le monde, il y aurait moins de problèmes.
L'homme est un infirme affectif, incapable d'intérêt pour les autres, de compassion ou d'amour.
Qui n'arrive pas à aimer ses ennemis est celui qui attend un mouvement d'amitié ou de compassion.
La compassion transmet d'une personne à une autre une souffrance que celle-ci n'a souvent jamais éprouvée. La sensation qu'on en perçoit ne saurait être, par conséquent, l'effet du souvenir, et ne peut être attribuée qu'à la sympathie qui semble placée entre les hommes pour leur faire partager et leurs joies et leurs peines ; celles-ci, en les diminuant, et celles-là en les augmentant.
Si je ne me plains pas de mes maux et de mes soucis, on les ignore ; si je m'en plains, alors je fatigue les gens : où commence et où finit donc la compassion ?
Il y a des gens qui marchandent leur compassion. Ils veulent savoir si on la mérite. Ils discutent la douleur qui la réclame. Ils calculent ce qu'il en faut donner. Pourquoi ne pas l'accorder libéralement à qui la demande ?
La compassion est un sentiment raffiné qui ne se rencontre presque pas dans les classes inférieures. On y est dur à soi et aux autres.
On plaint moins les autres dès qu'on souffre soi-même ; on use sa compassion sur sa propre douleur.
Il y a aussi loin de la compassion à la charité que de l'intention à l'action.
La compassion nous communique la plus grande puissance morale pour faire du bien à l'humanité, elle nous ouvre les cœurs, et on peut la considérer comme le véhicule irrésistible de la vérité ; elle fond les glaces les plus épaisses, et triomphe des préjugés les plus tenaces.
La compassion nous détache de nous-mêmes et nous fait participer à ce qu'il y a de plus touchant dans la miséricorde divine, et elle devient ainsi la forme supérieure de la piété.
Un retour sur nous-mêmes, sur les maux qui peuvent nous affliger, nous inspire la compassion pour notre semblable. Ce sentiment est si fort et si naturel que l'homme chargé de crimes ne peut toujours s'y soustraire.
Vous n'êtes à l'abri d'aucun mal ; ayez compassion de tous les maux d'autrui.
La plupart du temps, nous plaignons, non pas ceux qui sont malheureux, mais ceux qui comprennent le bonheur autrement que nous. Et notre compassion est encore de l'égoïsme.
La compassion tendre et secourable donne à la maladie presque de la douceur.
Compassion : Érigée en métier, permet de vivre confortablement du malheur des autres. Le processus compassionnel consiste, comme son nom l'indique, à tracer un cercle médiatique autour d'un point douloureux.
Les femmes les plus compatissantes ont leur férocité.
Ne quitte jamais les pratiques nécessaires pour rester chrétien, quelle que soit d'ailleurs la situation de ton âme ; ce sont des liens qui vous retiennent encore, et qui font que Dieu jette au moins sur vous quelques regards de compassion.
La compassion est un amour qui s'afflige du mal de la personne qu'on aime.
Le monde est un grand hôpital de tout le genre humain qui doit exciter votre compassion : l'avarice, l'ambition, l'envie et la colère, sont des plaies plus grandes et plus dangereuses dans les âmes que des abcès et des ulcères ne le sont dans les corps. Guérissez tous les malades que vous pourrez guérir, et plaignez tous ceux qui se trouveront incurables.
Notre compassion pour les autres augmente à mesure que nous découvrons des rapports entre leurs malheurs et ceux que nous avons éprouvés, ou que nous pouvons craindre.
La compassion, ce sentiment qui honore tant l'humanité, est aussi de tous le moins durable. II fuit avec l'objet qui l'a fait naître.
La colère est un mouvement de l'âme aussi impétueux que celui de la compassion est doux, mais l'un dégrade l'homme, autant que l'autre l'honore.
Les fautes du prochain nous doivent porter plutôt à la pitié qu'à la colère, et la véritable justice doit nous disposer plutôt à la compassion qu'à l'indignation envers les pécheurs.
La souffrance nous rend égoïstes, car elle nous absorbe tout entiers. C'est plus tard, sous forme de souvenir, qu'elle nous enseigne la compassion.
La compassion sied à tous, mais à personne plus qu'à ceux qui en ont eu besoin et qui en ont éprouvé les salutaires effets.
Les grandes joies et les grandes douleurs ouvrent le cœur à la compassion. Mais les bonheurs sont trop fugitifs pour laisser sur notre âme une empreinte durable : ce sont les deuils qui inspirent les réels sacrifices et les longs dévouements.
La vraie charité est toujours accompagnée d'une pieuse compassion.
Si vous êtes riche et heureux, que votre félicité et votre abondance ne vous donnent point de l'orgueil et de la fierté, mais plutôt de la bonté et de la compassion.
Peu d'hommes sont misérables au point de ne pas aimer à parler de leurs malheurs lorsqu'ils ont ou qu'ils croient avoir quelque chance d'exciter la compassion d'autrui.
Quand le cœur se ferme à la compassion, il frémit au mot d'égalité.
Les passions les plus dangereuses sont, pour la jeunesse, l'inflexibilité et l'indolence ; pour l'adolescent, l'amour et la vanité ; pour l'homme fait, l'ambition et la vengeance ; pour le vieillard, l'avarice et l'égoïsme. La plus noble, pour tous les âges, est la compassion, elle seule renferme presque toute la morale, et forme le trait le plus touchant de la perfection humaine.
La compassion est la souffrance, en nous, d'une blessure morale ou physique qui est ailleurs.
La compassion est une vertu qui ne s'acquière guère que par l'expérience : on la trouve rarement chez ceux qui ignorent ce que sont les soucis, les difficultés, les problèmes, qui font la mauvaise fortune.
La compassion des femmes est déjà de la bienfaisance.
Là où il y a amour, il y a compassion avec laquelle l'intelligence va de pair.
On est meilleur quand on se sent pleurer : on se trouve si bon après la compassion !