La complaisance, c'est le plaisir avec un exposant.
La complaisance fait des amis, la franchise engendre la haine.
On croit volontiers ceux qu'on aime, on s'imagine que leur plaire c'est avoir réussi, et, au fond, c'est se plaire à soi-même. On se complaît en soi et dans ses amis.
La complaisance nous rend coupables de tous les vices des autres.
Il y a des gens qui, lorsque tout va bien, se complaisent à démoraliser les autres.
Être trop franc produit la haine ; la complaisance produit l'amitié.
Quel ennui d'avoir besoin de la complaisance de personne ! Par goût, je jetterais mes clefs à la tête de gens pareils ; mais la politesse envers les impolis est encore plus sage qu'autre chose. Graissons plutôt la patte de ces ours, et gardons notre mépris in petto.
Les plus charmants attraits qui parent un visage, sans la complaisance n'ont qu'un appas sauvage.
Un ami aime à partager vos plaisirs ; il les sert ; mais il ne sert pas vos vices. Il ne s'ennuie point en vous désennuyant. Il ne blesse jamais votre amour-propre par une image trop vive de vos défauts, et il déploie néanmoins toute son adresse pour vous les faire connaître. Il vous aide de ses conseils avec zèle, mais avec prudence. Il ne vous contredit que quand il le doit : il prévient vos désirs dans tout ce qu'il peut : il étudie votre humeur, à laquelle il assujettit la sienne : Il ne cherche qu'à se rendre utile et agréable. Enfin toute sa conduite ne tend qu'à vous plaire, sans vue basse, sans motif vicieux. Voilà le modèle de la plus aimable et de la plus précieuse complaisance.
Par vanité on accepte des situations humiliantes. Pour approcher un personnage en vue, on se fait son complaisant ou son valet.
Beaucoup de personnes emploient fort improprement le mot complaisance pour le mot bonté. La complaisance est de céder à une prière, elle n'existe point sans une demande : elle consiste surtout à sacrifier sa volonté ou son opinion à celles que manifestent les autres. Quand on prévient, on n'est pas complaisant, on est bon.
Que de gens, pour se plaindre, n'attendent que la complaisance d'un écho !
La solitude ne peut être légère que si l'on est porté à ne penser avec complaisance qu'à soi.
On voit des hommes qui, toujours à la pensée d'autrui et jamais à la leur, semblent n'avoir d'esprit et de jugement que par emprunt : ils ne pensent point, ils ne jugent point ; ils ne jugent et ne pensent que d'après les autres ; ils ne louent ou ne blâment, n'admirent ou ne méprisent que d'après les personnes à qui ils veulent plaire. Ils se disent complaisants, et ils ne sont que des singes méprisables, des échos ennuyeux, des flatteurs et des imbéciles. Cette fade et ridicule complaisance, qui plaît d'abord, parce qu'on aime à être applaudi, imité, ennuie à la longue, et fatigue.
La complaisance tient à tous les caractères, et n'en adopte aucun.
Une déférence respectueuse pour nos supérieurs, une honnête complaisance pour nos égaux, une douce affabilité pour nos inférieurs, concourent à l'agrément de la vie.
Avoir une déférence respectueuse pour ceux qui ont la puissance en main, une honnête complaisance pour ses égaux, de l'affabilité pour ses inférieurs, c'est le moyen que la sagesse enseigne pour passer sa vie avec quelque agrément.
De toutes les bonnes qualités, il n'en est peut-être point qui demande plus de discernement que la complaisance. Faites trop peu, vous tombez dans la rudesse ; faites trop, vous devenez rampant et servile. Le milieu est délicat ; mais aussi la vraie complaisance est une vertu bien estimable. Il faut avoir le cœur bien fait, pour aimer à faire plaisir : il faut beaucoup d'esprit pour se plier décemment à celui des autres ; il faut bien de la patience pour supporter les humeurs, les défauts, et quelquefois les caprices, sans en être rebuté ; il faut bien de la fermeté pour ne jamais rien accorder de ce que défend le devoir. C'est ce qui fait qu'il y a si peu de vrais complaisants. Au lieu de plier, dans tout ce qui est permis, ses goûts et ses idées à celles des autres, chacun au contraire veut dominer, se faire écouter, l'emporter.
L'expérience nous fait voir qu'il n'est rien de plus utile à l'homme que la douceur et la complaisance.
Toujours la fortune se plaît à détruire ce qu'elle a élevé avec le plus de complaisance.
Flatter est aujourd'hui synonyme de complaisance.
Le devoir d'une femme est dans la complaisance.
La complaisance est bien souvent une indifférence.
La complaisance est fille de la civilité, elle insinue l'homme dans l'estime des autres.
La complaisance et la douceur sont les moyens propres à vaincre et à se faire aimer.
Les pères trop complaisants font les enfants ingrats.
L'homme vraiment bon n'est jamais complaisant pour l'erreur.
On parvient plus facilement à son but par un peu de complaisance.
Les petites complaisances captivent les cœurs légers.
Laissez entrevoir à une personne de mérite que vous aimez et estimez en elle ce qu'elle aime et estime de préférence, elle vous confondra avec son amour-propre, et aura pour vous toutes les complaisances qu'elle a pour lui.
Le commerce de la vie civile exige des secours mutuels et des complaisances réciproques. Ne vouloir jamais prendre sur soi et toujours sur autrui, est le projet le plus injuste et le plus extravagant.