Grave ou frivole, la conversation hérite de tous les trésors amassés par l'étude, la réflexion, les souvenirs vivants de la personnalité. Elle accepte même les idées qui paraissent le plus étrangères à son caractère. Le difficile est de les faire arriver et surtout partir à propos.
Les femmes du dix-septième siècle créèrent la conversation, dans un moment où, par un concours de circonstances heureuses, le beau et le délicat étaient à la mode. Elles la firent à leur image, libre et contenue, n'ayant d'autres règles que les règles de l'art de plaire, et d'autres limites que les limites du goût.
Les femmes remplissent les intervalles de la conversation et de la vie, comme ces duvets qu'on introduit dans les caisses de porcelaine ; on compte ces duvets pour rien, et tout se briserait sans eux.
Une des premières observations à faire dans la conversation, c'est l'état ou le caractère et l'éducation de la personne à qui on parle.
Si chacun était sage, on serait toujours d'accord, et que deviendrait la conversation ? Il faut des fous pour l'animer, et des sots pour l'égayer.
Toutes frivoles que soient les conversations de ceux qui se disent exclusivement les gens du monde, il est possible cependant d'y prendre intérêt lorsqu'on a la chance rare de trouver un écho et un encouragement à ses propres pensées.
La conversation est l'art de parler sans discourir et d'écouter sans interrompre.
Conversation : Dix pour cent de banalités météorologiques, vingt pour cent de médisances concernant autrui, soixante-dix pour cent de propos visant à faire partager un énorme contentement de soi.
J'ai atteint l'âge où on pense plus vite qu'on ne marche. Ça autorise à suivre certaines conversations mais plus des dames.
Conversation téléphonique : Durant de longues minutes, on s'entretient affectueusement avec un interlocuteur qu'on connaît depuis des années. Jamais l'intimité n'a été aussi grande. Or, au moment de quitter le vieil ami, on se contente d'un au revoir très sec parce qu'on ne se souvient plus de son prénom.
Dans une conversation, il est facile de briller en révélant une vérité inconnue de tous.
Le goût de la conversation est celui des caractères ouverts, et des esprits aimables.
Dans le tête-à-tête avec un homme, sondez d'abord le terrain pour savoir à qui vous avez affaire ; basez ensuite la conversation sur la connaissance que votre interlocuteur vous aura donnée de ses goûts et de son esprit.
Il n'est rien de plus insupportable que ces gens qui ont toujours à leur disposition une pacotille d'anecdotes qu'ils jettent sans choix à travers toutes les conversations.
J'aime les conversations d'hommes réunis dans les clubs ou dans les bars ; les paroles échangées dans la mine par des travailleurs à demi nus ; l'individu complètement dénué de prétentions, et sans autre but dans la vie que son dîner du soir, l'amour, l'argent, c'est-à-dire sans grandes espérances, sans idéal, sans rien de supérieur, et dont la seule ambition est de se débrouiller sans trop d'ennuis.
Le premier devoir d'un homme, c'est de parler ; voilà sa tâche principale dans l'existence ; et la conversation, qui est l'échange harmonieux entre deux personnes ou plus, est de loin le plus accessible des plaisirs. Elle ne coûte rien ; elle rapporte beaucoup ; elle parfait notre éducation, noue et entretient nos amitiés, s'apprécie à tout âge.
Le plus grand des plaisirs est celui de la conversation.
Je ne te comprends pas ! Tu ris de ce qui n'est pas risible et l'on ne sait jamais si tu plaisantes ou si tu es sérieux. Il n'y a pas de conversation possible avec toi !
Sa conversation est pauvre, il ne donne que ses ratures.
Il y a deux choses qui ne s'imitent pas : Le talent de conversation et le courage devant l'ennemi. Il y a des niais qui savent se tenir dans un salon et des hommes supérieurs qui sont incapables de trouver sur le coup la réponse qu'il faudrait, et qui plairait.
Il ne faut pas chercher ses mots pour bien parler, ni réfléchir à l'excès. Sans cela on n'est plus naturel. De même qu'il faut écrire beaucoup pour écrire de temps en temps de bons morceaux, de même c'est en se laissant aller qu'on peut briller dans la conversation, le talent de conversation !
Lorsque, dans une conversation, j'émets des arguments pour telle ou telle chose, dans tel ou tel sens, il me serait tout aussi aisé d'émettre des arguments dans le sens opposé. Cela est du reste souvent un jeu pour moi. Je fais tout ce que je veux de moi-même.
La conversation des femmes est plus intéressante que celle des hommes, à intelligence égale, et même à intelligence inférieure. Les femmes évoluent sur la voie de l'instinct et de l'intuition, les hommes sur la voie de l'intelligence et de la raison : elles évoluent dans la direction de création et nous, dans la direction de connaissance.
Les conversations d'aujourd'hui ressemblent aux voyages qu'on fait sur l'eau ; on s'écarte de la terre sans presque le sentir, et l'on ne s'aperçoit qu'on a quitté le bord que quand on est déjà bien loin.
Le grand art de la conversation est d'attirer la parole, de parler peu, et de faire parler beaucoup les autres : c'est la véritable poétique de ce genre d'éloquence.
La conversation est un jeu de sécateur, où chacun taille la voix du voisin aussitôt qu'elle pousse.
La conversation de deux amoureux, c'est le ciel sur la terre.
C'est avoir beaucoup d'esprit que de savoir, dans la conversation, en donner aux autres.
L'ennui ne s'est si universellement répandu dans toutes les conversations des gens du monde que parce que pour se plier au goût du siècle pour la frivolité, on en a banni tout ce qui servait autrefois à éclairer l'esprit et à remplir utilement le cœur.
Le grand fond de la conversation est la médisance.
Une heure de conversation vaut mieux que cinquante lettres.
Les conversations dont le fond est la contradiction ou la flatterie sont également mauvaises.
La conversation est un art difficile, il faut savoir être économe.
La conversation, qui était déjà colonelle, devient générale.
La conversation n'est pas un chemin qui conduit à la maison, mais un sentier où l'on se promène au hasard avec plaisir.
Le moyen de plaire dans une conversation, c'est de mettre en avant l'esprit des autres, et non le sien.
Quand on ne sait plus quoi dire, on cherche à détourner la conversation.
À deux, on trouve parfois le silence préférable à la conversation, parce qu'il laisse mieux sentir le bonheur d'être ensemble.
On devrait avoir autour de soi des esprits amis et se livrer à de hautes conversations.
La conversation doit être aisée : pour y réussir, il faut savoir écouter, et toujours répondre à propos.
Savoir égayer la conversation par des plaisanteries innocentes, c'est un talent qui vaut son prix. Mais on passe trop souvent de l'enjouement à la plaisanterie, de la plaisanterie à la raillerie, de la raillerie à la satire, et ces jeux d'esprit bien souvent finissent par des haines irréconciliables.
Quand, entre jeunes gens, on s'est vu la veille, le feu de la conversation d'hier se reflète sur celle d'aujourd'hui.
Il est de ces soirées choisies où les femmes peuvent se toiser, s'apprécier, où la moindre parole retentit dans toutes les oreilles, où chaque regard porte coup, où la conversation est un duel avec témoins, où ce qui est médiocre devient plat, mais où tout mérite est accueilli silencieusement comme étant au niveau de chaque esprit.
Il n'y a point de conversation plus ennuyeuse que celle d'un amant qui n'a rien à désirer.
Les gens d'esprit qui jettent le plus de fleurs et de fruits dans la conversation parlent en général beaucoup moins que les autres ; on dirait qu'ils veulent donner aux fleurs et aux fruits le temps d'éclore et de mûrir.
La plus importante et la plus négligée de toutes les conversations, c'est la conversation avec soi-même.
Tel nous a charmé dans une première conversation, qui nous a ennuyé mortellement dans une seconde.
La conversation doit être comme les jeux où l'on jette la carte chacun à son tour.
Dans une conversation, trop de feu refroidit, trop de traits blesse, trop d'esprit humilie.
L'art de la conversation est le plus grand art. Ceux qui aiment briller n'y entendent rien. Parler vraiment, c'est aimer, et aimer vraiment, ce n'est pas briller, c'est brûler.
La conversation est la fille du raisonnement?