Un coquin nous trompa-t-il, c'est d'un brave homme qu'on se méfiera.
Dans le steeple-chase de la vie, les concurrents ne partent pas également lestés. Le coquin, allégé de conscience, de scrupules, de pudeur, a le plus de chances, et c'est sur lui que pontent les gogos.
Y a-t-il deux morales ? — Evidemment, comme il y a deux espèces de gens, des honnêtes et des coquins.
Dans une société de coquins, la vertu n'est jugée que comme une impuissance d'avoir des vices.
Je tâche de laisser dormir en moi des pensées sombres et malsaines. Je me borne à remarquer, entre parenthèses, qu'il n'y a point de calomnie méprisable, mise au monde par un coquin dans son grenier, et choyée par la canaille du grand monde. Il n'y a point de sotte ineptie, point d'épigramme de carrefour, que votre ami, le sourire sur les lèvres, dans un cercle de gens bien élevés, sans le moindre sentiment de malignité, ne répète cent fois par hasard.
Personne ne ressemble mieux à l'honnête homme qu'un fieffé coquin.
Il est plus de coquins qui courent après le châtiment que de châtiments qui courent après les coquins.
Pour juger soit un coquin de nos jours, soit un héros d'autrefois, il faut tenir grand compte du milieu où ils ont vécu.
Il y a pis que l'audace des coquins devenus puissants, c'est, à leur égard, l'indulgence courtoise des honnêtes gens.
Prenez un saint ou un millionnaire : tant qu'ils vivent, vous ne pouvez répondre qu'ils ne finiront pas, celui-ci en gueux, l'autre en coquin.
Le coquin a plus de flair pour deviner l'honnête homme à exploiter que celui-ci pour reconnaitre le coquin dont il doit se défendre.
Un coquin a beau faire, il finira toujours par être puni.
Un coquin fieffé n'attend que le moment de nous trahir. Quand on est pénétré de la doctrine de la grâce, quand on croit à ses opérations mystérieuses et soudaines qui changent les cœurs, on ne met pas une très grande différence entre un coquin et un honnête homme.
Il ne faut pas gouverner au profit des coquins, mais il est impossible de gouverner sans eux. Cela signifie que tout homme de gouvernement doit être un incorruptible corrupteur.
Jeunes gens qui avez le cœur honnête ne souffrez pas que l'effronterie soit le partage exclusif des coquins ; vous leur feriez la partie trop belle. Dire hautement ce qu'on pense, c'est agir. Que les hommes s'en fâchent, Dieu est content, et cela suffit, car aimer la vérité est le plus sûr moyen de se faire aimer d'elle, et quand un cœur est prêt à la confesser, elle descend du ciel pour se donner à lui. Se sentir aimé de la vérité, voilà le bonheur ! Ainsi au matin tressaille de joie sur la montagne la fleur que la lumière vient chercher et qui se sent aimée du soleil. La lumière et l'amour ! la sincérité et la charité ! toute la religion est là !
Il en est de la politique comme de l'amour. Ce n'est pas parce que quelqu'un vous fait du bien, vous honore, vous donne la dignité et l'aisance, vous comble de soins qu'on l'aime. J'allais écrire que le peuple français est semblable à une femme, mais il est plutôt un homme, préférant à tout coup une coquine qui lui en fait voir de toutes les couleurs, le trompe et le met sur la paille, à une bonne fille dévouée, fidèle, sérieuse, indulgente, économe.
On a pour l'ami politique des indulgences qu'on n'aurait pas pour un ami ordinaire, on ferme les yeux sur ses pires coquineries, on se compromet pour le tirer de situations embarrassantes, on l'absout de ses défauts de caractère, voire de ses vices et de ses lâchetés ; on partage avec lui ce trésor inestimable qu'est une conformité d'idées et de buts grâce à quoi il n'y a jamais de temps mort dans la conversation, jamais d'ennui dans une liaison.
Tout homme qui s'enrichit est un coquin qui a pris son bien dans la poche d'autrui.
Les hommes sont d'atroces coquins.
Un homme qui s'allume pour une coquine n'a plus ni raison, ni bon sens, ni quoi que ce soit.
Depuis qu'il y a tant de coquins, on ne croit plus aux honnêtes gens.
Coquin : Vieillot. À éviter sauf dans l'expression : Les copains et les coquins.
Les enthousiastes et les sots travaillent le plus souvent pour les coquins.
Une ou deux qualités, bonnes ou mauvaises, constituent l'homme honnête et le coquin.
Seule, une femme est une femme ; mais avec d'autres femmes, ce sont toutes des coquines.
La modestie est une vertu inventée principalement à l'usage des coquins.
II n'est vie que de coquin !
L'air bête qu'ont les gens bons quand on les complimente de leur bonté. De même les gens honnêtes. Quel contraste avec l'air vif, malicieux, des autres gens Il y a plus de ressources avec un coquin qu'avec un honnête homme.
Le chemin est peu sûr, et l'on court un danger, à côté d'un coquin quand on doit voyager.
On vous dit de ne pas vous servir de coquins dans les affaires, puisqu'ils vous tromperaient. En les intéressant, soit d'ambition, soit d'argent, vous vous en assurerez autant que vous pouvez compter peu sur les honnêtes gens dont vous ne flatterez pas les passions.
Il y a des coquins sans le savoir qui se prennent pour d'honnêtes gens.
Nous sommes tous, plus ou moins, un peu égoïstes, un peu avares, un peu traîtres, un peu coquins.
Il y aura toujours des coquins, des traîtres, des avares, des égoïstes.
Peste soit le coquin de battre ainsi sa femme !
À y regarder de près, il n'y a souvent pires coquins que les honnêtes gens.