L'état de courtisan est un métier comme celui de cordonnier.
Flatter pour régner, c'est la pratique des courtisans de tous les absolutismes, des mignons de tous les tyrans. Elle est ancienne et banale, mais elle n'en est pas moins odieuse !
Courtisan sans cour, papillon sans ailes.
Les grands et les vieux amants, auxquels on ne demande pas toujours quelque chose, ne se croient pas aimés. C'est là la science des courtisans et des courtisanes.
Il n'y a point de bœuf dont le travail soit plus laborieux que celui d'un courtisan, ni de valet dont la servilité soit plus grande.
De même qu'il n'y a pas de monarchie sans courtisan, il ne peut y avoir de démocratie sans mensonge. Le monde actuel, qui est à peu près entièrement démocratique, est, par conséquent, devenu une gigantesque entreprise de mensonge. Le mensonge des gens au pouvoir et de leurs auxiliaires touche à la métaphysique.
Les courtisans ressemblent aux chats qui sont moins attachés au maître qu'à la maison.
Les courtisans sont comme des jetons qui passent de la plus grande valeur à la plus petite, au gré de celui qui les place.
L'amour-propre est un courtisan qui dans le début conseille bien, et qui trop écouté, gouverne mal.
Les courtisans voient de trop près, le peuple voit de trop loin, les citoyens éclairés se placent au vrai point de vue.
Le courtisan est le jouet d'un destin qui le fait voltiger comme un pantin fou, l'oblige à mille pirouettes, et l'épuise en un fourmillement d'agitations inutiles, tant et si bien que sa voluptueuse existence n'est, en définitive, qu'une longue chaîne de corvées.
Mériter est inutile, plaire suffit au courtisan.
Ne prenez pas vos amis au hasard ; ne vous attachez qu'à des hommes dignes de votre amitié. Cherchez des ministres zélés plutôt que des courtisans agréables.
C'est avoir une très mauvaise opinion d'un homme que de lui donner des louanges qu'il ne mérite pas, c'est croire qu'il a un grand fonds de vanité, ou qu'il est ridiculement crédule. Cependant c'est le moyen ordinaire qu'emploient les courtisans et les âmes basses, comme la route qui est la plus sûre et la plus courte, pour s'insinuer et acquérir la faveur. Nous nous persuadons sans peine que toutes les louanges qu'on nous donne sont sincères, et si nous ne croyons pas tout, nous en croyons du moins une bonne partie.
Aux yeux des courtisans une grande fortune compense la bassesse de l'extraction, l'absence de toute éducation et de toute délicatesse.
Les courtisans sont des pauvres qui, en rampant, se sont enrichis par la mendicité.
Il n'y a que les courtisans et les enfants qui grandissent en rampant.
Aux yeux du courtisan, il y a la même différence entre la faveur et la disgrâce qu'entre l'être et le néant.
Un courtisan doit, pour réussir, n'avoir ni honneur ni humeur.
Le courtisan peut être un homme honnête, l'homme courtisan est nécessairement un malhonnête homme.
Pourvu qu'à son but un courtisan arrive, on l'applaudit toujours, quelque route qu'il suive.
L'orgueilleux courtisan est comme le serpent qui rampe et se dresse tour à tour.
Faites d'un courtisan un favori, il aura bientôt sa propre cour.
Les courtisans sont toujours ennemis du mérite qui les blesse et de la supériorité qui les humilie.
Les courtisans, les fripons et les loups flairent leur proie.
Les courtisans ressemblent à ces jetons dont on se sert pour compter, ils changent de valeur au gré de celui qui les emploie.
Les courtisans, dont la fortune est trop souvent la seule divinité, changent de religion comme ils changent de maître.
Il n'est pas plus de sûreté dans un dévot que dans un courtisan : l'un abandonne son ami pour faire fortune auprès de son Roi ; l'autre, pour la faire auprès de son Dieu.
Un courtisan n'a pas de patrie, il est partout le courtisan.
La vie d'un courtisan est, comme celle du chrétien, une prière constante pour obtenir quelque chose.