Les véritables critiques sont presque aussi rares que les bons auteurs.
Quel est notre plus sévère critique ? Un amateur qui se résigne.
Le silence est la forme la plus haineuse ou la plus modeste de la critique.
Bien lire, c'est faire de la psychologie et de la critique avec vérification.
Si la Critique n'est plus capable aujourd'hui de créer le succès, elle peut encore l'arrêter.
Dans la vie de la plupart des grands hommes, il y a des années critiques où, encore incertains d'eux-mêmes, ils s'appliquent à débrouiller leur chaos.
La bonne critique est maternelle, c'est-à-dire sympathique, encourageante, en même temps que clairvoyante.
Un critique qui rit ne rit que d'un œil, soit du bon, soit du mauvais.
La critique du mérite trouve beaucoup d'approbateurs.
Pour faire de la bonne critique littéraire, il faut d'abord aimer la littérature, et ce n'est pas un mince mérite.
La peine que cause une légère critique, même lorsqu'elle est injuste, me semble plus vive que le plaisir que peuvent procurer de brillants éloges.
La critique a droit à toutes les opinions à condition d'en avoir.
La critique est la conscience de l'art.
La critique de nos ennemis, toute sévère et vigilante qu'elle est, ne peut aller jusqu'à nous désabuser de nous-mêmes ; leur malignité sert même de prétexte à notre amour-propre, par l'indulgence qui veut nous inspirer en faveur de nos plus grands défauts, et l'aveuglement de cet amour-propre va tous les jours jusqu'à trouver moyen de faire en sorte qu'on soit content de soi, quoiqu'on ne contente personne.
Une critique a tort par le seul fait qu'elle est une critique.
Les mauvais critiques disent souvent du mal des ouvrages d'autrui, comme un charlatan décrie les remèdes d'un autre charlatan, pour pouvoir mieux vendre les siens.
La grande critique vit d'admiration, la petite, de chicane.
Le chef d'œuvre de la critique, c'est de déterminer exactement la limite de ses erreurs et par conséquent de serrer le vrai par une approximation croissante. Toujours mieux est sa devise.
Lorsque la pensée critique nous fait distinguer le vrai du faux, voyons par quel point ils se pénètrent.
On est plus enclin à la critique malicieuse qu'à l'indulgence.
Combien ceux qui peuvent supporter la critique, et qui l'implorent de vrai cœur, sont moralement supérieurs à ceux qui ne peuvent l'un et qui ne font pas l'autre !
La critique, c'est comme la politique, ou le théâtre. Ça ne doit pas durer trop longtemps.
Tant vaut l'homme qui écrit tant vaut sa critique.
La jalousie est le signe du manque de fatuité, du sens critique, de l'intelligence.
La critique n'est pas aisée, mais l'art est plus difficile.
Écoutez les conseils et bravez la critique.
Pour vaincre la timidité, il faut oublier les critiques que l'on se fait à soi-même et ne prendre point souci de la présence d'autrui.
Le flambeau de la critique s'allume plus souvent pour détruire que pour éclairer.
Tant qu'un critique ne prend pas parti, il est historien.
La critique vous trouvera toujours impertinent du moment que vous la critiquez.
Rien d'émouvant comme une critique très dure et juste, faite par un grand orgueilleux sur lui-même. On pense à ce qu'a dû lui coûter, non seulement de la révéler, mais de l'admettre à ses propres yeux.
Dans quelque affaire que ce soit, le moindre succès nous attire des envieux, ou des critiques.
Certaines œuvres blessent tellement la morale qu'elles échappent par cela même à la critique.
Il est des critiques si outrées qu'elles semblent plutôt l'œuvre d'un compère que d'un ennemi.
La critique littéraire est bien souvent un traité de morale.
On reconnaît un mauvais critique à ce qu'il donne des coups d'épingle sans jamais rien percer. Il est ce juge qui n'écoute que l'avocat général, ignore la défense et n'entend pas les jurés.
Le critique a cette manie de s'attacher plus volontiers aux œuvres qui peuvent se passer de lui.
Le critique est ce médecin habile à établir un diagnostic et maladroit à prescrire la médication.
Un critique est un homme qui lorsqu'il n'aime pas ça veut en dégoûter les autres.
La critique des opinions conduit au mépris presque général des opinions.
Le critique se croit lime qui polit quand il est râpe qui mord.
Un péché de la critique est l'autocélébration à travers l'autre.
La critique de soi-même tue la confiance.
Le critique n'emploie pas précisément sa plume pour écrire, mais pour rappeler à elles par l'odeur du roussi des personnes privées de sentiment ; il chatouille avec elle le gosier du plagiaire, afin de produire sur lui l'effet de l'émétique ; il s'en sert comme d'un cure-dent pour lui nettoyer la bouche. De toute la nomenclature des savants, il est le seul qui ne puisse jamais s'épuiser ni déposer sa plume, fut-il demeuré un siècle entier assis devant son écritoire. Tandis que le philosophe et le poète traitent des sujets neufs, le critique ne fait qu'appliquer la routine de son jugement et de son goût à mille productions nouvelles.
La louange fine et délicate ne peut avoir de grâce qu'autant que la critique est permise.
La critique ne doit s'appliquer qu'où elle peut verser le baume d'une juste louange dans la plaie d'une utile blessure.
La critique la plus fine est une louange exagérée.
Pour être au dessus de la critique, il faudrait être au dessus de la louange.
Il est plus facile de critiquer que d'admirer?