Chaque fois que la démocratie ouvre une route, soyez sûrs que le despotisme y passera.
Le despotisme est condamné à l'inconséquence, puisqu'il est par lui-même tout ce qu'on peut concevoir de plus opposé à la raison, à la nature, et à la justice.
Dans un système de liberté, un seul fait de despotisme détruit tout le système, comme en comptabilité, une erreur d'un centime détruit tous les comptes.
Le despotisme est naturellement révolutionnaire, et la révolution est naturellement despotique.
Chez les nations corrompues, le despotisme trouve des milliers d'agents.
Le despotisme donne ses caprices pour règle, sa puissance pour preuve, et ses succès pour raisons.
Il faut mitrailler le despotisme par la raison.
Si le despotisme a ses inconvénients, la liberté a aussi les siens ; le despotisme est considéré par celui qui l'exerce, ou comme un droit, ou comme une puissance acquise par la force, et conséquemment odieuse : comme droit, il a des limites, comme tout droit, en dehors des quelles il cesserait d'être ; comme usurpation, il y a une goutte qu'on n'ose pas mettre dans la coupe sous peine de la faire déborder. Mais la liberté étant une vertu, elle prend ses plus funestes ou ses plus grotesques excès pour un progrès, et elle ne reconnaît pas de bornes.
On n'a point recours au despotisme quand on a pour soi l'opinion.
On voit des dévots qui se dédommagent de leurs agenouillements en exerçant un despotisme assez dur sur tout ce qui les approche.
En restreignant les droits, le despotisme restreint d'autant les devoirs ; aussi la vertu ne fleurit que dans les pays affranchis et dignes de l'être.
Ne vous fiez pas à ceux qui prêchent si haut en faveur de la liberté, parce qu'il n'en est peut-être pas un seul qui n'ait en vue son intérêt particulier ; l'expérience a montré mille fois que, s'ils attendaient du despotisme quelque chose de meilleur pour eux, ils vous y mèneraient tout droit.
La liberté enfante l'anarchie, l'anarchie conduit au despotisme, et le despotisme ramène à la liberté.
L'anarchie est plus méprisable que le despotisme. De même les vices de la femme sont plus méprisables que ceux de l'homme. Les premiers viennent de faiblesse, les seconds témoignent au moins de quelque force !
Le commerce le plus lucratif serait d'acheter les hommes ce qu'ils valent et de les vendre ce qu'ils s'estiment. Le despotisme fait le contraire, et c'est pourquoi il fait toujours banqueroute.
Les blessures de la calomnie ne sont dangereuses que sous le despotisme.
L'empressement de la foule à accepter tous les genres de despotisme explique celui des habiles à en rechercher les profits.
La liberté est la santé des États, la licence en est la maladie, et le despotisme un remède violent qui guérit le mal en tuant le malade.
Rien ne s'accommode mieux du despotisme que la passion de l'égalité : on acclame le maître qui s'impose à ceux dont on est jaloux.
Les mots, cette chose si légère, sont l'arme la plus redoutable de l'anarchie et du despotisme.
Ne consens à vivre ni dans l'anarchie ni sous le despotisme.
Moi, tout ; le reste, rien : voilà le despotisme, l'aristocratie et leurs partisans. - Moi, c'est un autre ; un autre, c'est moi : voilà le régime populaire et ses partisans. Après cela décidez.
Sous le despotisme, les épigrammes, les satires, sont les dernières armes dont la faiblesse des peuples se sert dans l'ombre contre les tyrans.
Le despotisme affaiblit sa base en s'élevant : bientôt il n'a plus pour appui que la roue mobile de la fortune ; et dès qu'elle chancelle, il tombe sans secours, parce qu'il existait sans soutien.
Le parti de l'ordre, c'est toujours le parti de la réaction et du despotisme.
Le despote éclairé transforme le despotisme en république bien ordonnée, tandis que trop souvent le tribun ambitieux, jaloux d'une domination contestée, n'hésite pas à faire d'une république le despotisme le plus odieux.
La nature du despotisme est de n'enrichir des esclaves que pour les dépouiller.
Le raffinement le plus odieux du despotisme est de diviser ses esclaves.
Les petits esprits ont besoin de despotisme pour le jeu de leurs nerfs, comme les grandes âmes ont soif d'égalité pour l'action du cœur.
Le despotisme peut mener un peuple à l'agonie, mais non le faire mourir.
De toutes les puissances qui dominent l'homme, il n'en est pas de plus despotique que l'habitude.
La centralisation des intérêts et des entreprises est dans la nature du despotisme. La nature de la République repousse le monopole.
Tout le monde se révolte, en apparence, contre le despotisme de ceux qui prétendent donner le ton, et cependant ce sont ceux qui gouvernent le plus sûrement la multitude.
Quand le despotisme est dans les lois, la liberté se trouve dans les mœurs, et vice versa.
Il est plus facile d'ériger une république sans anarchie qu’une monarchie sans despotisme.
Ce qui est plus insupportable que le despotisme des gouvernants, c'est la tyrannie des subalternes.
On prête volontiers au despotisme une figure maigre et hâve, les tyrannies grasses ne sont pas les moins redoutables.
Ce qui est plus insupportable que le despotisme des souverains, c'est la tyrannie des subalternes.
Sous le despotisme, même le plus civilisé, l'épouse est traitée plutôt en servante qu'en compagne de l'homme, et protégée plutôt comme mère de ses enfants que comme associée d'intérêt et de sentiment avec lui.
Un despotisme sans âme, après avoir étouffé les germes du bien, finit toujours par conduire à l'anarchie.
Le despotisme, armé d'un stupide délire, peut torturer mes jours mais non briser ma lyre.
Le despotisme républicain est le plus fécond en actes de tyrannie parce que tout le monde s'en mêle.
Émancipation : Changement de tutelle de la tyrannie d'autrui au despotisme de soi-même.
L'angoisse atroce, despotique, sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
La victoire est la ligne la plus droite qui mène au despotisme.
Plus le despotisme se sent coupable, et plus il se montre absolu ; moins il a de titres, et moins il a de scrupules ; moins il a de prestige, et plus il a d'ombrage.
La superstition transforme l'homme en bête ; le fanatisme en fait une bête féroce, et le despotisme une bête de somme.
Les bienfaits du despotisme sont courts, il empoisonne les sources mêmes qu'il ouvre. Il ne possède qu'un mérite d'exception, une vertu de circonstance, et dès que son heure est passée, tous les vices de sa nature éclatent et pèsent de toute part sur la société.
Le despotisme reste le despotisme, même sous le despote de génie.
Le despotisme est toujours odieux, et l'on ne fait jamais bien ce qu'on fait par contrainte.
L'anarchie est dangereuse autant que le despotisme.
L'injustice du despotisme et de la tyrannie soulève l'humanité en faveur de la liberté des peuples.
Le despotisme frappe le style de bêtise.
L'intolérance, escortée du despotisme qui en est l'application, est le pire des maux.
La gloire enveloppe le despotisme de son éclat, et le fait admirer du vulgaire.