Un tel a divorcé, une telle se sépare. Les exemples s'imposent comme des raisonnements. Il faut beaucoup de compréhension pour ces jeunes couples en crise parce que la société les pousse à se refermer sur eux-mêmes au moment où leur avenir appelle plutôt au don de soi. Or, notre société en est une du chacun pour soi.
Je sais tel caractère de femme qui m'eût conduit à la broyer ou à divorcer. Je sais qu'une fois l'estime disparue, la vie en commun ne serait pour moi qu'un supplice. Voilà sans doute ce qui m'a rendu timoré à l'article de l’hyménée. Ce lot étant possible j'ai reculé devant un tel risque. J'ai connu des femmes, dites charmantes, avec lesquelles je n'aurais pas absolument pu m'entendre ! Et j'ai noté qu'on pouvait se tromper totalement sur les jeunes filles avant le mariage.
Ma femme a placé si haut le nom que je lui ai donné que si nous divorcions un jour, peut-être me faudrait-il reprendre son nom de jeune fille ! On dit d'ailleurs la Malibran — de là à devenir le Malibran, il n'y a qu'un pas !
Je suis divorcé depuis quarante ans ! Les femmes des autres m'ont suffi.
Mes parents, c'est comme les tiens, ils ont divorcé. C'est triste qu'ils aient divorcé, tu ne trouves pas ? Maintenant ils ont chacun un appartement, mais parfois mon père, quand il est seul, il vient quand même dormir avec maman !
Si le sommeil ne séparait pas momentanément les couples, il y aurait deux fois plus de divorcés.
Les deux époux se haïssent, ils se jettent des horreurs à la tête, chacun souhaite la mort de l’autre, mais aucun des deux ne veut divorcer, parce que le divorce coûte trop cher et que cela ferait mauvais effet dans le quartier !
Un homme irréprochable qui refuse de divorcer ne divorce pas.
Dans ce pays, on divorce comme on se mouche.
La femme redevient l'avenir de l'homme chaque fois qu'il divorce pour en épouser une autre.
Divorcer est plus facile que discuter.
Les trois quarts des divorces actuels ont pour mobiles la basse recherche des plaisirs sûrs, la peur d'une souffrance, la lâcheté, en un mot. Des facilités plus grandes pour divorcer y ajouteraient le goût du dévergondage, le plaisir du changement, le caprice.
On se marie beaucoup, mais on divorce également beaucoup. Il semble même y avoir des milieux où on ne se marie que pour divorcer, ou du moins on ne se marie que parce que le divorce est là, prêt à ouvrir la porte.
On ne divorce pas aussi facilement qu'on se marie, madame !
Un homme qui veut divorcer, c'est un homme qui montre à l'univers qu'il pense surtout à lui, qui aspire égoïstement à une certaine forme de bonheur.
Aujourd'hui on prend une épouse comme une maîtresse, dont on se lasse en six mois, et l'on divorce l'année suivante.
La séparation n'est qu'une demi-mesure : au point où nous en sommes, mieux vaut divorcer.
Les vrais cocus n'ont pas d'intérêt à divorcer : un vrai cocu est un homme qui rend les femmes infidèles... alors, pourquoi en changerait-il ? Que ce soit celle-là ou une autre !
Les miteux ne divorcent pas, ils n'ont pas les moyens d'entretenir deux femmes.
L'attitude d'un homme de quarante-cinq ans qui divorce ne me semble guère différente de celle d'un parvenu à l'égard de ses parents, dont il a honte.
Le divorce est une polygamie adaptée à notre société. Donc ce sont les riches qui divorcent à quarante-cinq ans, et encore non pas n'importe lesquels : ceux qui se sont faits tout seuls, qui ont beaucoup travaillé, qui ont gagné leur argent durement. Ils s'aperçoivent tout à coup qu'ils peuvent, avec vingt ans de retard, reconstituer artificiellement la jeunesse dorée qu'ils n'ont pas eue, qu'ils peuvent avoir le beau mariage bourgeois, avec corbeille, cadeaux, jaquette, voyage à Venise, etc., qui leur a été refusé autrefois.
Lorsqu'un homme de quarante-cinq ans divorce pour épouser une gamine, l'opinion publique dit qu'il avait envie de chair fraîche, qu'il a été saisi par le démon de midi, et autres sottises.