Il n'y a rien de plus méprisable que d'envier la réputation d'autrui et d'abaisser son mérite.
Envier quelqu'un c'est s'avouer son inférieur.
Ce n'est pas de ceux qui ont d'immenses richesses qu'il faut envier le sort, mais plutôt de ceux qui n'ont rien à se reprocher ; une conscience pure fait couler d'heureux jours.
En ce monde, on est toujours l'obstacle de quelqu'un, puisque, si petit qu'on se fasse, on occupe toujours un espace quelconque, et que, si peu qu'on envie ou qu'on possède, on est envié et convoité par quelqu'un. Vilain monde, monde de vilains ! Pour se consoler, il faut songer aux exceptions, aux âmes nobles et généreuses. Il y en a, qu'importent les autres !
La richesse est certainement un bonheur, mais ce n'est pas le bonheur ; pourtant c'est surtout la richesse qu'on envie.
La plus commune de nos folies est de vouloir être autre chose que ce que nous sommes et que ce que nous pouvons être. Chacun de nous cultive le jardin d'autrui de préférence au sien, et envie le talent du voisin au lieu de s'attacher à celui qu'il a reçu. Or le pied qui veut être main, la main qui veut être bouche ne doivent arriver qu'à leur perte.
N'envie pas le bonheur de tes égaux, ils ont des défauts ; n'aie que de l'indulgence. C'est la félicité des dieux de ne pas connaitre l'envie. La lune n'est pas jalouse de la clarté plus brillante du soleil ; la terre, contente de sa place, n'ambitionne pas la hauteur des cieux ; les fleuves ne disputent pas de grandeur avec les mers : tout est uni dans la nature par une concorde éternelle. Si la discorde se mettait parmi les dieux, le ciel serait renversé.
La sottise ne se contente pas, chose curieuse, d'envier l'esprit et le talent ; après avoir brisé ou noirci un buste de marbre, elle le remplace par un buste de cire ou de stéarine de sa façon et de son acabit.
Il n'y a rien de si accompli au monde dont celui qui a l'âme assez basse pour envier la réputation d'autrui ne trouve moyen de diminuer le prix et d'abaisser le mérite.
Que de gens auxquels vous enviez telle chose qu'ils ont qui vous envient de leur côté d'en être privés.
Il y a des natures jalouses qui envient même aux autres le bonheur dont elles ne voudraient pas.
On se donne beaucoup de peine pour éblouir son prochain, et tout ce que cela rapporte est d'être envié par les uns et critiqué par les autres.
Si les plaisirs de l'amour n'étaient pas si courts, on n'aurait rien à envier aux dieux.
On n'admire jamais tout haut ce qu'on envie.
La seule chose au monde que j'aie enviée avec quelque suite, c'est d'être beau.
On envie souvent certaines positions sociales. Si l'on savait les tourments cruels qui y sont attachés, on remercierait le ciel de vous avoir fait naître loin de la fortune et des honneurs.
L'homme, jamais content de son sort, passe sa vie à envier celui des autres.
Pauvres, n'enviez point les trésors de l'opulence : croyez-le, posséder n'est pas jouir.
Tu envies le sort de ces mortels qui paraissent si joyeux et si florissants, apprends à lire dans leurs cœurs et dans leurs yeux, et tu verras qu'ils souffrent sur de nombreux points autant que toi.
L'embonpoint est le riche le moins envié.
Il n'y a pas de plaisir plus hautin que de rassurer ceux qui nous envient.
Heureuse et digne est la vie de celui qui ne porte envie à personne.
Je n'envie point le sort heureux des autres, parce que je suis content du mien.
Le bonheur n'est rien s'il n'est pas connu, et il est très peu de chose, s'il n'est envié.
Tout homme qui manque de talents est naturellement porté à envier ceux des autres.
Il n'est pauvre ici-bas qu'un plus pauvre n'envie.
L'homme content de son sort médiocre, en jouit tranquillement sans envier celui des autres.
Il n'y a de vraiment malheureux que ceux qui envient le bonheur des autres.
Chacun est envié pendant qu'il est lui-même envieux.
Qui n'est pas envié n'est pas digne de l'être.
Le bonheur ne se partage pas : on le vit ou on l'envie.
Un ami qui, non seulement ne soit pas tenté de nous envier, mais s'enorgueillisse de nous, quoi de plus rare et de plus délicieux !
On n'est guère critiqué que par des gens qui vous envient.
Autant sont nombreux les admirateurs, autant sont les envieux.
Si, dans la pauvreté, on n'envie point la position des plus riches, on ne sera pas, dans la fortune, enorgueilli de sa propre grandeur. Si, dans la fortune, on ne détourne jamais ses regards du plus malheureux, on ne sera jamais abattu face à l'adversité.
Ce qui stupéfie, c'est d'aller jusqu'à envier la grande douleur d'un imbécile.
Envier l'argent des autres, ce n'est pas très joli, mais c'est humain. Ne pas le rendre à celui qui l'a spontanément et généreusement prêté, c'est croire à un don du ciel.
Celui qui n'a aucune vertu porte toujours envie à celle des autres.
Oubliant que changer d'existence c'est changer la nature de ses peines, tous les jours nous envions le sort d'une personne qui envie le nôtre.
L'envie est ce qui ressemble le plus à l'amour : être envié c'est presque être aimé.
Je suis un homme heureux, et je veux qu'on m'envie !
Envier, c'est se reconnaître inférieur.
On ne se décourage jamais d'être envieux, surtout lorsqu'on réussit.
La vertu dans le monde est toujours poursuivie ; les envieux mourront, mais non jamais l'envie.
Les méchants envient et haïssent ; c'est leur manière d'admirer.
Qui méprise son voisin souvent l'envie?