On peut retenir le bras du bourreau, mais non celui de la multitude.
Les amoureux se plaisent aux longs discours, et de peur sans doute de ne s'être pas fait bien comprendre, ils se croient obligés de répéter vingt fois la même chose.
Le regard est éloquent quand le cœur bat d'amour.
Lorsque l'amour nous dit : Bon jour, souvent la raison nous dit : Bonne nuit.
Si l'amour a des tourments, c'est la faute de ceux que cet enfant enchante.
Une mauvaise action est connue tôt ou tard, dussent les corbeaux la révéler.
Dans les combats de la vie il ne faut jamais reculer ! Avancez toujours, frappez rudement, et montrez à l'ennemi un visage terrible. Combattons ainsi nos vices et la victoire est à nous.
Il n'y a jamais moins de liberté que lorsqu'on crie : Vive la liberté !
Quand les chants joyeux du festin ont cessé d'étourdir les convives, quel est, dites-moi, celui d'entre eux que doive tourmenter le regret d'entendre sonner l'heure d'adieu ?
Il est mon ami ; c'est dire quelque chose. Il est de mes amis : c'est ne rien dire.
Je ne puis est souvent synonyme de je n'ose ou je ne veux pas.
Eh ! qu'est-ce qu'un renom qui sans haine et sans gloire n'apporte dans les temps qu'un vague souvenir ? Rien qu'un astre douteux qu'on voit dans la nuit noire, inconnu, sans éclat, poindre un moment et fuir.
Grands parleurs, petits faiseurs.
Le bonheur ne se peut trouver que dans la satisfaction que nous donne l'accomplissement de nos devoirs. Ceci nous fait comprendre les chants qu'élève le martyr au milieu de son supplice.
Le ciel ne se réfléchit que dans une onde pure.
C'est par égoïsme souvent que nous nous plaignons d'un égoïste.
Nos connaissances sont comme les jeunes plantes, trop serrées elles étouffent.
Plus vous vous ferez de reproches, moins les autres vous en feront.
Revoir c'est bien voir.
Le travail dont il ne reste rien est un travail perdu.
Dans l'absence des grandes choses, les petites le deviennent.
Portez des coups continuels à votre amour-propre ; ne blessez jamais celui des autres.
Que chacune de vos actions soit le résultat d'un raisonnement ; que tous vos raisonnements aient pour but une action.
La fusion intime de deux peuples est une chose impossible. En les parquant sur la terre, Dieu donna à toutes ces grandes familles un caractère propre, ineffaçable. Il peut bien s'établir entre elles des relations, des alliances, des héritages ; mais jamais on ne verra deux d'entre elles vivre longtemps en paix abritées sous le même toit.
Tendons avec joie la main aux étrangers dont nous pouvons nous servir ; mais ne soyons pas assez simples pour accueillir ceux qui ne viennent parmi nous que pour se servir de nous.
La consolation puisée dans l'infortune des autres n'est qu'une consolation d'égoïste ; celle d'un homme généreux consiste à s'applaudir d'être seul malheureux.
L'emportement à vouloir avoir raison est souvent la logique de celui qui a tort.
Les traces que le souvenir de nos infortunes imprime dans le champ de la vie sont comme les sillons creusés par la main du laboureur dans un champ cultivé. Sans ceux-ci point de riches moissons ; sans celles-là point d'abondantes récoltes pour l'expérience.
Quelque grande que soit la violence des flots qui battent le rocher, ils n'en sauraient arracher l'arbuste dont les racines se cramponnent aux entrailles du granit : quelque terribles que soient les vagues de l'infortune, elles ne sauraient non plus vous entraîner dans leur cours, si les leçons de la sagesse ont jeté dans votre cœur leurs puissantes racines.
La prière est à l'âme attristée ce que la rosée est à la plante altérée.
Si vous craignez les chutes, ne gravissez pas la montagne.
Tel perd la seconde place qui ne voulait que la première.
Sans regret nous rejetons le bouquet dont les fleurs ont perdu leur parfum et leurs riches couleurs. Ne nous plaignons pas quand, une à une, s'évanouissent nos illusions ; car Dieu l'a ainsi voulu, afin qu'au terme de notre carrière nous puissions sans regret aussi rejeter la vie comme un bouquet flétri.
Ce n'est pas à leur premier éclat, mais à la durée de leur brillante empreinte qu'on distingue les fausses monnaies des véritables ; sans peine vous discernerez de même le vrai savoir de ce frivole étalage d'érudition qui n'en porte que la passagère apparence.
Voulez-vous que jamais on ne se rende maître de vous, soyez-le toujours de vous-même.
La durée de la réputation d'un livre est presque toujours à raison du temps qu'on a mis à le faire.
Si vous reculez devant une répugnance, elle ne reculera plus devant vous.
Fille de la foi, l'espérance enfante la confiance et celle-ci la consolation.
Il nous importe moins de tenir note de ce que nous savons déjà que de ce qu'il nous reste à connaître encore.
Ne voir dans les événements de ce monde que des combinaisons humaines et n'y reconnaître nulle part le doigt de Dieu, c'est être myope au point de ne discerner que de près et les uns après les autres les détails d'un cadre immense, sans pouvoir les embrasser à la fois d'un seul coup d'œil.
Qui trop tôt se résout souvent trop tard se repent.
Soyez en paix avec tout le monde, et vous le serez avec vous-même.
Le duel est ou n'est pas un devoir prescrit par le véritable honneur ; s'il l'est, d'où vient qu'aucun peuple ne le proclame comme tel ? S'il ne l'est pas, où donc est la honte à ne pas s'y soumettre ?
La voix du peuple ne se doit baisser que devant celle de Dieu.
Nos connaissances seraient véritablement plus nombreuses, si nous cherchions moins à les multiplier.
Aux yeux du sage les habits dorés prouvent le mérite d'un homme, comme la richesse de sa reliure atteste la valeur d'un livre.
Un homme blasé est un clavier muet, aucun son n'en sort.
Parti du pied de la montagne, prenez garde, en vous élevant vers sa cime, de coudoyer en passant ceux que vous devancez : le contre-coup pourrait vous faire retombe.
Les oracles de l'histoire sont comme ceux des prophètes, il faut qu'eux aussi s'accomplissent.
À qui veut chanter trop haut souvent la voix manque.