La fortune, à ce que dit La Fontaine, vient quelquefois nous chercher dans notre lit, mais nous serions bien fous d'y attendre la justice.
La magnificence de la toilette d'une femme qui n'a pas de fortune, atteste deux choses qui lui font peu d'honneur : la prodigalité de son amant et la sottise de son mari : Quand madame les porte beaux, disait Scarron, monsieur les porte belles.
La fortune, quoique aveugle, sait maîtriser les passions et leur commander en souveraine.
Quand la fortune, cette brillante capricieuse, va visiter ceux qui paraissent la mépriser le plus, elle leur fait perdre contenance et les remplit de la joie la plus vive.
C'est faire preuve d'habileté que de savoir faire un bon accueil à la fortune quand elle s'offre.
La plupart des gens ne cherchent à acquérir de la fortune que par une vanité presque toujours ridicule.
La fortune a, autant que le mérite, part à l'élévation des hommes.
L'homme qui a de la fortune croit posséder des richesses, et ce sont elles qui le possèdent et ne lui laissent aucun repos.
Il n'y a pas d'homme qui soit armé de toutes pièces contre les revers de la fortune, ou même contre ses propres passions : celui qui paraît le mieux cuirassé ne l'est que d'un côté comme la tortue ; retournez-la, il n'y a rien de si faible.
Il y a des gens qui n'ont de leur fortune que la crainte de la perdre.
Bien des fortunes se dissipent en même temps qu'on les gagne.
On dit que la fortune vient en dormant : il n'est pas nécessaire de dormir, il suffit de se coucher.
À Paris, sans fortune, sans héritage, on existe à peine déjà, on a bien du mal à ne pas être déjà disparu.
L'ami qu'à son gré la fortune conduit, nous sourit avec elle, avec elle nous fuit.
La fortune est insensible à nos gémissements, elle suit son caprice sans écouter nos cris, sans remarquer notre silence. A quoi sert de pleurer ? à rien, sans doute : mais , hélas ! le chagrin fait naître les larmes comme les arbres produisent leurs fruits.
Les victimes de la fortune les plus à plaindre sont celles qui ne la poursuivaient pas.
Si la fortune prenait la peine de répondre à tous les malheureux qui lui cherchent querelle, elle prouverait qu'elle n'a pas, à beaucoup près, tous les torts qu'on lui prête.
Les gens de cœur et d'esprit se font leur fortune eux-mêmes.
La fortune permet le choix des meilleurs cadres pour bien mettre en relief et savourer la vie. Elle est aussi un beau volant pour donner l'illusion qu'on dirige où l'on veut sa propre destinée — les rames de la liberté.
Quand la fortune vient, attends ; quand elle attend, marche à elle.
Il faut se défier de la fortune, mais il faut n'en désespérer jamais.
Les gens d'esprit et de cœur se font leur fortune eux-mêmes.
Attachez-vous à la vertu, vous n'aurez pas à vous plaindre de la fortune.
Je déteste les cœurs qu'une amitié commune fait flotter incertains au gré de la fortune.
La fortune seconde le courage.
Plus la fortune élève les humains, plus ils doivent se rapprocher de la terre, redouter les révolutions ordinaires de la vie, craindre les dieux, alors qu'ils nous comblent des plus grands bienfaits.
La fortune préside sur la vie des mortels, elle dirige les événements comme il lui plaît.
Une fortune élevée n'a point chez les mortels une longue durée.
Lorsque la fortune nous sourit, nous ne manquons pas d'amis, mais ils sont rares dans l'adversité.
La fortune favorise la folie et la force.
On passe à la fortune un peu d'impertinence.
Le mérite et la fortune ne voyagent guère de compagnie.
La fortune se fait une comédie de la vie des hommes.
La fortune change tout, triomphe de tout, et personne ne triomphe en dépit de la fortune.
Quelle que soit votre opulence, sachez qu'elle porte sur une base qui peut s'écrouler et qu'un flux d'air n'est pas plus muable que le souffle de la fortune.
C'est la fortune qui règle tout : tel individu est esclave aujourd'hui qui se verra demain en liberté, et tel autre est libre pour le quart-d'heure qui se réveillera dans les chaînes. Le destin pétrit les hommes à sa guise.
Mieux vaut perdre sa fortune que de perdre son honneur.
On aime à commencer la fortune de quelqu'un, mais jamais à l'achever.
L'homme le plus délicat cache ses bonnes fortunes comme l'on cache ses décorations, en en laissant toujours apercevoir un petit bout.
Il y a des émotions que la fortune ne donne pas.
Souvent un homme à bonnes fortunes, coquette avec dix femmes, n'en a pas une seule.
On ne monte à la fortune que par degrés, il n'en faut qu'un pour en descendre.
Qui ose a peu souvent la fortune contraire.
Gardez-vous de regarder la fortune comme une déesse.
L'homme, dans la fortune, méconnaît tout le monde ; et dans la disgrâce, il n'est connu de personne.
Si la fortune fuit et méprise tant les gens d'esprit, qui le lui rendent bien, n'est-ce point par jalousie de les savoir plus riches qu'elle ?
La fortune est semblable à ces courtisanes qui chaque nuit changent d'amants, et prodiguent leurs faveurs au premier venu.
Qui cherche la fortune ne reste pas assis?