Le pain quotidien n'est pas l'aumône du riche, mais le droit du pauvre.
Le pauvre, étant frère du riche, a droit comme lui à l'éducation, à la lumière, à la vie.
Pour les hommes des générations nouvelles, la pitié pour les souffrants, l'amour des opprimés, la haine des oppresseurs, ce n'est plus seulement un sentiment, c'est un principe ; ce n'est plus seulement l'honneur qui nous engage, c'est le devoir.
L'homme que le devoir dirige ne s'appartient plus. Fais ce que dois, advienne que pourra. Il sait où il est aujourd'hui ; il ne sait pas où il sera demain.
La jalousie trouble le cœur et en fait monter à la surface toute la lie, ingratitude, rancune et fureur.
Ce que l'optimiste voit en rose, le pessimiste le voit en noir.
La jalousie est inséparable de l'amour, elle le suit toujours pas à pas.
L'amour, aspiration divine, entraîne l'âme vers l'infini.
Les plus tristes choses ne font qu'égayer l'optimiste, les plus gaies ne font qu'attrister le pessimiste.
L'homme étant imparfait par nature, doit-on lui demander un compte trop rigoureux des conséquences de cette imperfection ? Si vraiment il est incapable de résister par sa seule volonté à la violence des passions, doit-on lui faire expier sans merci cette incapacité ? Qui n'est pas responsable, n'est pas coupable. Or, l'homme n'est pas responsable de son tempérament. De quel droit l'en puniriez-vous ? Si vous voulez n'être que sévères, accordez-lui au moins le bénéfice des circonstances atténuantes. Le juge ici-bas ne peut être impartial qu'en étant indulgent. La justice stricte n'est due qu'à la stricte perfection. L'équité à la taille de l'homme, c'est la pitié.
L'amitié, si héroïque chez les hommes, n'est pas moins dévouée chez les femmes, mais, en changeant de sexe, elle change de caractère. Elle perd son stoïcisme viril. Ses rapports deviennent plus gracieux, son expansion plus abandonnée, sa familiarité plus caressante. C'est une incessante réciprocité de tendresses félines et d'exquises câlineries. Dans cette union de deux existences, les compagnes mettent tout en commun, le travail, le repos, le plaisir, la souffrance et jusqu'à l'insaisissable rêverie. Ce délicieux accord est toute l'harmonie possible ici-bas à un duo d'âmes.
L'amour épure l'âme en y surexcitant les facultés les plus hautes : la générosité, le dévouement.
La jalousie d'un brave le change en couard ; le preux, en espion ; le paladin, en assassin.
L'amour d'un lâche il en fait un brave ; d'un avare, il fait un prodigue ; d'un égoïste, un héros.
La jalousie est la maladie humaine de l'amour ; elle est le virus terrestre de la tendresse divine.