Intéressé, le mal est un bien pour le malfaiteur ; le mal authentique est désintéressé.
Les hommes se méconnaissent dans le bien, et s'aiment dans le mal.
Pourquoi faut-il, hélas, que sur la Terre le bonheur et les fleurs soient toujours éphémères ?
Le pire est toujours possible, et du crime, le pire est le sens dernier.
L'amour charnel est plus grand que l'amour divin.
Les mots disent difficilement ce qu'ils ont pour fin ultime de dire.
Il n'est pas de beauté sans fêlure.
Vivre, c'est recommencer ce qui sans finir finit.
La chance étant ce qui n'est pas, réduit l'être à la déchéance de la chance.
Je veux vivre avec toi, reste à côté de moi, encore plus près... je veux sentir ton souffle.
Les hommes se méconnaissent dans le bien et s'aiment dans le mal.
Le rire est divin, il est même plus insaisissable que les larmes.
Seule une débauche désordonnée me donne un appréciable plaisir.
Deux êtres de sexe opposé se perdent l'un dans l'autre, forment ensemble un nouvel être différent de chacun d'eux.
Bien des choses peuvent se transformer dans les sociétés humaines, mais rien ne prévaudra contre une vérité aussi naturelle : qu'une belle fille ou une rose rouge signifient l'amour.
L'espoir est le désir mais ouvert à la peur.
L'acte sexuel est dans le temps ce que le tigre est dans l'espace.
Aimer sans doute est le possible le plus lointain.
La vérité n'a qu'un visage, celui d'un démenti violent.
La caresse de l'œil sur la peau est d'une excessive douceur.
L'angoisse suppose le désir de communiquer.
Le rire est le saut du possible dans l'impossible.
Le jeu de l'amour, c'est le cœur et les sens jouant au colin-maillard.
Je pense comme une fille enlève sa robe.
L'homme qui apprendrait par cœur un dictionnaire finirait par y trouver du plaisir.
Du savoir extrême à la connaissance vulgaire, la différence est nulle.
Le cœur est humain dans la mesure où il se révolte.
L'aveu est la tentation du coupable.
L'être est lui-même réductible à l'apparence ou n'est rien.
L'être est l'absence que les apparences dissimulent.
L'intelligence servile est au service de la sottise, mais la sottise est souveraine.
L'angoisse est nécessaire à l'accord, la malchance à la chance.
L'amour seul horizon est faiblesse, comédie ou soif de souffrir.
Le désir et l'amour se confondent, l'amour est le désir d'un objet à la mesure de la totalité du désir.
Le désir des sens est le désir, sinon de se détruire, de brûler et de se perdre sans réserve.
La volonté d'échapper à l'apparence aboutit à changer d'apparence.
Une conscience sans scandale est une conscience aliénée.
Toujours la générosité s'oppose au mouvement de l'avarice, comme au calcul raisonné la passion.
Le souci de l'avenir exalte l'avarice ; il condamne l'imprévoyance, qui gaspille.
La faiblesse prévoyante s'oppose au principe de la jouissance de l'instant présent.
Le bonheur de la mort jouit, il est en moi quelque chose de démesuré, qui veut ma convulsion étranglée.
L'amour démesuré n'est que la mesure de l'hypocrisie.
Dieu n'est rien s'il n'est pas dépassement de Dieu dans tous les sens.
L'athée ne se soucie pas de Dieu, parce qu'il a décidé une fois pour toutes qu'il n'existait pas.
Sans fin, les obstacles dérobent l'amour à la rage d'aimer.
L'angoisse, évidemment, ne s'apprend pas.
L'exploitation de l'homme par l'homme, haïssable qu'elle soit, est donnée dans l'humanité.
L'amour a cette exigence : ou son objet t'échappe ou tu lui échappes. S'il ne te fuyait pas, tu fuirais l'amour.
L'extase n'est pas amour : l'amour est possession à laquelle est nécessaire l'objet, à la fois possesseur du sujet, possédé par lui.
L'horreur est la mesure de l'amour, la soif du mal est la mesure du bien.
Il n'est pas de sentiment qui jette dans l'exubérance avec plus de force que celui du néant.
La poésie qui ne s'élève pas au non-sens de la poésie n'est que le vide de la poésie, que la belle poésie.
Je donne à qui veut bien une ignorance de plus.
Une femme qu'on aime guère est plus supportable si l'on fait l'amour avec elle.
L'orgueil est la même chose que l'humilité, c'est toujours le mensonge.