Le temps est invention, ou il n'est rien du tout.
L'homme est fait pour la société comme la fourmi pour la fourmilière.
L'homme est bien peu de chose sur la terre, et la terre dans l'univers.
On ne peut vivre en famille, exercer sa profession, vaquer aux mille soins de la vie journalière, faire ses emplettes, se promener dans la rue ou même rester chez soi, sans obéir à des prescriptions et se plier à des obligations.
Tromper la confiance d'une âme innocente est un des plus grands méfaits.
Ceux que les circonstances condamnent pour un temps à la solitude, et qui ne trouvent pas en eux-mêmes les ressources de la vie intérieure profonde, savent ce qu'il en coûte de se « laisser aller », c'est-à-dire de ne pas fixer le moi individuel au niveau prescrit par le moi social.
Chacun de nous appartient à la société autant qu'à lui-même.
L'obligation est à la nécessité ce que l'habitude est à la nature.
La société institue des peines qui peuvent frapper des innocents, épargner des coupables ; elle ne récompense guère ; elle voit gros et se contente de peu : où est la balance humaine qui pèserait comme il le faut les récompenses et les peines ?
Le souvenir du fruit défendu est ce qu'il y a de plus ancien dans la mémoire de chacun de nous, comme dans celle de l'humanité. Que n'eût pas été notre enfance si l'on nous avait laissés faire ! Nous aurions volé de plaisirs en plaisirs.
Il faudrait que l'humanité entreprît de simplifier son existence avec autant de frénésie qu'elle en mit à la compliquer.
Le rire châtie certains défauts à peu près comme la maladie châtie certains excès.
L'idée de l'avenir, grosse d'une infinité de possibles, est plus féconde que l'avenir lui-même, et c'est pourquoi l'on trouve plus de charme à l'espérance qu'à la possession, au rêve qu'à la réalité.
Celui qui accomplit de propos délibéré une action qu'il ne sait pas être mauvaise est coupable comme s'il savait ; bien plus, il est coupable de ne pas savoir.
Toute conscience est mémoire, conservation et accumulation du passé dans le présent.
Le destin est ce qui conduit le monde à travers le temps.
Chaque homme a des devoirs envers l'homme en tant qu'homme.
Un être ne se sent obligé que s'il est libre.
L'obéissance au devoir est une résistance à soi-même.
Quand la musique pleure, c'est l'humanité, c'est la nature entière qui pleure avec elle.
On ne triomphe pas de l'égoïsme en recommandant l'altruisme.
Quand personne ne sait qu'une chose est, c'est à peu près comme si elle n'était pas.
Le souvenir du fruit défendu est ce qu'il y a de plus ancien dans la mémoire de chacun de nous.
La morale de l'Évangile est essentiellement celle de l'âme ouverte.
Concevoir est un pis aller dans les cas où l'on ne peut pas percevoir.
La science est l'auxiliaire de l'action, et l'action vise un résultat.
Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d'action.
On ne comprend que ce qu'on peut en quelque mesure réinventer.
L'enfant est chercheur et inventeur, toujours à l'affût de la nouveauté.
Vivre, pour l'esprit, c'est essentiellement se concentrer sur l'acte à accomplir.
Les deux grands moteurs de l'activité humaine : l'amour et l'ambition.
La conscience est un trait d'union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l'avenir.
Jaloux de la parole, le geste court derrière la pensée et demande à servir d'interprète.
Il n'y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain.
Il est difficile de dire à quel moment précis le souci de devenir modeste se sépare de la crainte de devenir ridicule.
L'humanité gémit, à demi écrasée sous le poids des progrès qu'elle a faits. Elle ne sait pas assez que son avenir dépend d'elle.
L'avenir, qui nous appelle, nous fait avancer sur la route du temps.
La spéculation est un luxe, tandis que l'action est une nécessité.
Toute action est un empiétement sur l'avenir.
L'homme est un animal qui sait rire, et qui fait rire.