Les pages d'histoire ressemblent à des galeries de tableaux où l'on ne voit guère que des portraits de profil, et il ne faut pas s'en étonner ; il y a tant de peintres qui naissent borgnes, et tant d'autres qui ferment volontairement un oeil !
Supplions les historiens de mettre un peu d'histoire dans leurs fictions, et les cafetiers de mettre un peu de café dans leur chicorée.
L'histoire est une aristocrate, elle ne s'occupe guère que des puissants.
Ce n'est pas le mérite, c'est le moment, qui a valu à grand nombre de gens leur petite place dans l'histoire.
L'Histoire efface jusqu'à l'oubli des hommes.
La variété grotesque des dieux qui défilent dans l'histoire démontre assez que l'idée de Dieu n'est pas déterminable.
À certains moments de la vie d'un peuple, la mission de l'histoire se borne à dresser des procès-verbaux.
Il en est des individus comme des peuples, les plus heureux sont ceux qui n'ont pas d'histoire.
J'aime bien les histoires qui admettent qu'elles sont des histoires sans prétendre être la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, juré, craché.
Une historiette est bonne jusqu'à ce qu'on en raconte une autre.
Aux yeux de quiconque a lu l'Histoire, la désobéissance est la vertu originelle de l'homme. La désobéissance a permis le progrès – la désobéissance et la rébellion.
L'histoire de la femme est l'histoire de la pire forme de tyrannie que le monde ait jamais connu. La tyrannie du faible sur le fort. C'est la seule tyrannie qui dure.
L'histoire, c'est l'invisible manifesté visiblement ; mais il faut des yeux pour le voir !
Si l'histoire était inventée par un romancier, on ne la croirait pas. Rien n'est si merveilleux que la vérité !
L'historien est un prophète dont le visage est tourné vers le passé ! Le prophète est un historien dont l'œil est tourné vers l'avenir.
L'histoire agrandit notre existence de toute celle de l'humanité.
L'histoire avertit plus qu'elle n'encourage et instruit plus qu'elle ne console.
À force de nous faire tout comprendre, l'histoire nous désapprend de haïr et d'aimer.
L'histoire du présent tourne facilement au pamphlet, celle du passé au panégyrique.
Dans le passé, le présent se raconte et se juge lui- même : c'est pour cela que l'histoire est toujours à refaire.
Les procès ont, de tout temps, tenu une grande place dans l'histoire, qui n'est elle-même qu'un long procès.
La politique est inséparable de l'histoire : le présent n'est que du passé accumulé.
La vie et l'histoire sont le même livre, imprimés en plus ou moins gros caractères.
Nous ne retenons bien les faits et les dates de l'histoire contemporaine qu'en les rattachant aux particularités de notre existence : c'est comme la mnémotechnie de l'égoïsme.
Étudiez l'histoire de l'esprit humain, des institutions politiques et des inventions en tous genres, vous verrez qu'on n'arrive au simple et au vrai, qu'après avoir épuisé toutes les combinaisons possibles du compliqué et du faux.
L'architecture est le seul livre d'histoire sans mensonge.
L'Histoire est pleine de ganaches travesties en héros, pleine de héros interchangeables.
Pour nous consoler de nos sacrifices, nous n'avons que nos délits. Cela ne vaut pas seulement pour les individus, mais aussi pour les nations. La France d'aujourd'hui, amie de tout le monde, pratiquant le pardon des injures, insultée et moquée un peu partout, se console avec son histoire, c'est-à-dire avec le récit de ses délits envers les autres nations. Ah ! la belle époque, celle où nous étions menés par un chef de brigands qui détroussait l'Europe !
Les lendemains, ça ne chante jamais. Depuis dix mille ans qu'il y a une histoire, si les lendemains devaient chanter, eh bien ! mon Dieu, ils auraient chanté déjà un certain nombre de fois.
L'histoire du genre humain recommence avec chaque enfant qui vient au monde.
L'histoire est un appel des erreurs contemporaines aux jugements de la postérité.
L'Histoire est comme le soleil, un flambeau allumé pour tout le monde.
L'histoire est la science des faits passés.
Vivre une belle histoire et quand c'est une histoire d'amour, ça vous force à croire qu'il y a encore de l'espérance dans cette sale vie, ça fait aimer les enfants et le sol et la proue des barges et le travail.
Il n'est donné qu'à ceux dont le caractère est froid et l'esprit juste de voir l'histoire de leur temps telle que la postérité la lira.
Les manuels scolaires confirment déjà que Hollande n'a pas réussi à passer de la géographie à l'Histoire.
Il y a des historiens qui marchent dans l'histoire comme dans leur parc, arrachant à droite et à gauche tout ce qui les gêne ; dame Vérité les regarde faire et se couvre mélancoliquement les yeux.
Malheur à la nation qui ne se souvient plus de l'histoire de ses pères ! Son histoire à elle touche à sa fin.
En lisant l'histoire des peuples comme l'histoire des batailles, il faut en tirer des principes généraux, sans s'astreindre à suivre servilement une trace qui n'est pas empreinte sur le sable, mais sur un terrain plus élevé, les intérêts de l'humanité.
Ce sont les minorités qui gouvernent le monde, et c'est pour cela que le monde a une histoire ; si la vraie majorité gouvernait, il ne se passerait jamais rien.
La véritable histoire d'un homme est celle de ses échecs.
L'Histoire divorce de la Science, épouse l'Art, et ils font un enfant nommé Roman.
L'histoire est un vieux rideau que l'on tire sur le présent.
L'histoire est comme la musique, elle se transpose.
Le plus long chapitre de l'histoire de l'homme est celui de ses inconséquences.
Qui ne sait l'histoire que par les imprimés du temps n'en connait que le squelette.
Écrire l'histoire est une manière de se débarrasser du passé.
Les gens qui savent très bien l'histoire ont souvent un grave défaut : ils excellent à transformer leur science du passé en erreurs sur le présent.
Les bons règnes sont les pages blanches de l'histoire.
Le bonheur appartient à ceux qui se racontent de succulentes histoires et qui ont la ressource d'y croire.
Les conteurs d'histoires ressemblent aux gens qui vivent d'emprunt, leur crédit ne dure pas.
L'histoire est le témoin des temps, la lumière de la vérité, la vie de la mémoire.
L'histoire allonge notre vie, elle y ajoute les siècles passés.
L'histoire renferme l'expérience du monde et la raison des siècles ; c'est un maître impartial dont nous ne pouvons réfuter les raisonnements, appuyés sur des faits ; il nous montre le passé pour nous annoncer l'avenir : c'est le miroir de la vérité.
Les plus grands hommes ne sont qu'un détail dans l'histoire de la science comme dans celle de l'univers.
Ce qui me dégoûte de l'histoire, c'est de penser que ce que je vois aujourd'hui sera de l'histoire un jour.
Qui se raconte des histoires n'arrive jamais à rien !
Le bon Dieu a doté l'homme de bâillements pour que les histoires drôles soient plus courtes.
Il y a pour le moins autant de logique dans l'histoire universelle que dans une pièce de théâtre passablement construite.
L'histoire n'est pas un avocat, c'est un juge.