Le pouvoir tyrannique est un fardeau accablant qui pèse sur les oppresseurs autant que sur les opprimés.
Les services qu'on reçoit dans la détresse sont ceux qu'on oublie le moins.
Ne vous hâtez pas de vous enrichir : à une grande fortune préférez toujours une bonne réputation.
Ne recherchez jamais que des plaisirs honnêtes : les plaisirs sont un bien quand ils s'accordent avec l'honnêteté ; ils deviennent un mal dès qu'ils s'en écartent.
L'essentiel serait de se maintenir dans les bornes d'une modération exacte ; mais comme il n'est pas facile de déterminer ces limites, préférez de rester en deçà plutôt que de vous porter au-delà : on est plus près de la modération en n'allant pas jusqu'au but que quand on le passe.
Travaillez à surpasser les autres en mérite autant que vous les surpasserez en grandeur et en dignités.
Ne montrez pas un front dur et sévère ; contentez-vous d'un maintien grave et recueilli : le premier désigne l'orgueil ; l'autre, la prudence.
Ne vous contentez pas de vous abstenir des fautes ; évitez même tout ce qui pourrait en faire naître le soupçon.
La plupart des hommes sont plus ennemis de celui qui les reprend de leurs fautes que de celui qui les leur fait commettre.
Civil envers tout le monde ne vous familiarisez qu'avec les gens vertueux ; c'est le moyen d'éviter l'inimitié des uns et de vous concilier l'amitié des autres.
Quand vous serez revêtu de quelque charge importante n'employez jamais d'hommes improbes et méchants ; quand vous la quitterez que ce soit avec plus de gloire que de richesses.
Celui qui est en place doit éviter d'employer des hommes vicieux, bien persuadé qu'on lui imputera ce qu'ils pourront faire de mal.
Ne portez pas envie aux citoyens qui occupent les premières places ; mais, plein d'une noble émulation, tâchez par les mêmes services de vous élever au même rang.
Ce n'est pas de ceux qui ont d'immenses richesses qu'il faut envier le sort, mais plutôt de ceux qui n'ont rien à se reprocher ; une conscience pure fait couler d'heureux jours.
Craignez de donner prise aux imputations de la calomnie quelque fausses qu'elles puissent être. La plupart des hommes, sans s'informer de la vérité, ne jugent que sur les bruits vulgaires.
Il n'est jamais bienséant de dire ce qu'il serait honteux de faire.
Respectez les biens d'autrui si vous voulez posséder tranquillement les vôtres.
Soulagez la vertu malheureuse ; les bienfaits sont les trésors de l'honnête homme.
Un des premiers devoirs de l'amitié est de prévenir les demandes de ses amis et soi-même les secourir.
Montrez-vous difficile dans le choix de vos amis. Préférez toujours ceux qui vous rendront plus parfait, et qui donneront aux autres une plus haute idée de vous-même.
Punissez la calomnie comme vous puniriez le crime.
La paresse est un opprobre, et le travail un éloge.
Sois lent à accorder ton amitié, et quand tu l'as donnée tâche de persévérer. Car il est aussi honteux de n'avoir aucun ami que de changer fréquemment de liaisons.
Fortifiez votre corps par le travail, et votre esprit par l'étude.
Sois lent dans tes délibérations, mais prompt à exécuter ce que tu auras arrêté.
Si jamais tu fais une action honteuse n’espère point la tenir cachée. Car, quand même tu la déroberais aux autres, ta conscience la saura.
Ce qu'il est honteux de faire est également honteux de le dire.
Sois lent à accorder ton amitié ; quand tu l'as donnée, tache de persévérer.
Comportez-vous envers vos parents comme vous voudriez que vos enfants se conduisent un jour envers vous-même.
Avant de vous lier avec une personne, sachez comment il s'est conduit avec les autres aussi bien dans ses relations amicales, que ses relations amoureuses : il vous traitera comme il a traité les autres.
Sortez des emplois plus estimé, non plus riche ; les éloges sont préférables aux richesses.
Préparez-vous, par des travaux volontaires, à supporter les fatigues quand il en sera besoin.
La beauté est une fleur que la maladie flétrit, et que le temps détruit.
L'amitié des méchants est peu durable, le temps ne peut altérer celle des gens de bien.
La persévérance est la compagne du courage ; l'obstination est le partage de l'ignorance.
Exerce-toi par des travaux volontaires, afin de pouvoir supporter ceux qui seront imposés.
Juge tes amis dans les moments fâcheux de la vie, et en voyant la part qu'ils prennent à tes périls.
Cherche à connaître ceux que tu fréquentes.
Évite les accusations sans fondement.
Entre les plaisirs recherche ceux qu'accompagne l'honneur.