On peut se faire une solitude au fond de son cœur au milieu de la vie dissipée du monde. On peut aussi, quand l'isolement accable dans la solitude, s'y créer des êtres à son choix, selon son âme et uniquement à son usage.
Quand on songe à l'infiniment petit nombre de ses contemporains avec lequel celui d'entre nous qui a vécu le plus longtemps s'est trouvé en relations, même passagères et superficielles, on est vraiment effrayé de l'isolement de l'homme dans l'humanité.
Si vous êtes pauvres, allez trouver d'autres pauvres comme vous, et dites-leur : Nous sommes dans l'indigence ; mettons en commun notre vie ; habitons sous le même toit ; aidons-nous mutuellement à supporter notre malheur ; l'isolement augmente la pauvreté ; unissons-nous, afin d'adoucir un peu notre sort.
Le savant plus que tout autre a une tendance à s'isoler. L'habitude de concentrer son esprit sur l'objet exclusif de son étude, l'amène insensiblement à s'isoler de l'ensemble des choses, à perdre le sens humanitaire, l'humanum quid, ce je ne sais quoi qui nous fait vibrer aux impressions collectives ; ou, s'il en conserve la notion, ce n'est plus dans son cœur, mais dans son esprit où elle sommeille à l'état spéculatif.
Le moment qui nous sépare de l'être que nous aimons est terrible, il nous isole de la terre.
Je préfère l'isolement du célibat aux mortifications d'une vie exiguë, où chaque sou doit être retourné et pesé, et où l'on ne peut traiter d'égal à égal avec ses pareils !
Dans une société où les sexes s'isolent l'un de l'autre, les femmes ne brillent pas pour plaire, mais pour humilier.
Lorsque Dieu nous refuse les joies du cœur, c'est qu'il veut savoir si nous saurions l'aimer dans l'isolement et la tristesse. Il serait trop facile de le faire dans le bonheur et dans la reconnaissance.
L'isolement peut se trouver au milieu de la vie la plus entourée, si l'on n'est compris de personne et en harmonie avec aucune chose.
L'isolement nous met toujours en danger d'exagérer les petites sensations.
La solitude, c'est être seul ; l'isolement, c'est se trouver seul au monde, quand on est seul.
Il faut savoir s'isoler, là où l'on ne peut ni se quitter ni s'entendre.
L'isoloir est le dispositif électoral traditionnel et sommaire à l'intérieur duquel se protège de tous les regards un citoyen qui a déjà informé de ses intentions de vote sa famille, ses amis et ses voisins.
Je peux être indulgent pour le prochain en soupirant de ne pouvoir le suivre ni m'associer à ses appétits. Ma nature me condamne à l'isolement, il n'y a pas à en rougir ni à en tirer vanité.
Qui ne vit que pour soi dans l'isolement vit pour bien peu de chose.
Le plus cruel isolement est celui du cœur.
Rien de plus triste qu'un cœur isolé qui n'a pour habitants que des ennuis et des chagrins.
Ne trouvant qu'un monde revêche et froid, je me suis replié dans l'isolement douloureux.
Il est des douleurs qui isolent du reste du monde. L'état de celui qui en est atteint ressemble si peu à ce que les autres lui en disent, qu'il ne comprend même plus la langue qu'on lui parle.
On prend son parti de la solitude, mais on ne se fait guère à l'isolement.
L'avenir me fait peur, il ne me dit que de tristes choses : Infirmités, isolement, langueur, pénurie, incapacité, dépendance, humiliation... hélas !
L'homme, dans son intérêt le mieux entendu, ne devra pas s'isoler ni se concentrer en lui-même, car c'est un pauvre centre de lui-même que l'homme.
Par la maladresse, je me suis isolé ; par la mauvaise humeur, je me suis arriéré.
Comme l'on sent l'isolement, le déracinement, sitôt qu'on a besoin des gens pour quelque chose ! Je ressens cette mélancolie de l'abandon, cette angoisse de la solitude, ce regret de la santé et de l'indépendance, qui font soupirer les malades dans leur chambre ou leur fauteuil. Les amis sont toujours absents quand on aurait besoin d'eux... Tout fuit : Dieu demeure.
J'ai des accès de tendresse qui me donnent envie de pleurer ; j'en ai le bord des yeux gonflé, mais pas une larme. Cette vie d'isolement, de perpétuelle privation est intolérable, je languis ; l'inutilité de mes vœux me tue.
S'occuper de la vie, de ses conditions, des façons d'en tirer parti, est assez puéril, car la première condition pour qu'il y ait un intérêt quelconque à maîtriser la vie est qu'on soit quelqu'un d'exceptionnel, et une des façons de le devenir est de s'isoler de tout et d'être sans contact humain.
L'homme isolé parvient difficilement à se mettre en vue : il faut, pour arriver aux postes élevés, avoir un certain entourage et être aidé par les circonstances.
La vie à deux n'est supportable que si l'on se ménage des moments d'isolement.
Celui qui aime enrichit son existence de jouissances qu'il n'eût jamais connues dans l'isolement.
J'ai le cœur lourd ! pas un bonheur ne m'attend, rien ne m'attire et ne me sourit. Je traîne la vie comme un sot et comme un pleutre. Pas une prédication ne m'appelle, pas une campagne où aller passer mon dimanche, pas un ami pour faire une promenade ou une causerie. Isolement, désœuvrement, découragement. Pouah ! Voyons, secouons cette malaria, cesse de geindre ! Il fait beau, tu te portes bien, tu es libre. Il serait honteux de te lamenter. Songe ou à t'amuser par l'esprit ou à prendre les ordres de la conscience. Et le dernier parti vaut mieux.
Les quelques portes d'amis ou de parents qui me restent ont été en vain frappées ce soir ; je retombe sur moi-même, solitaire dans une maison vide, mesurant avec effroi la profondeur de mon isolement.
Le bonheur n'est pas permis en ce monde tant qu'il sera une insulte à la souffrance de tous, tant que pour en jouir il faudra se séparer de ses frères. Que chacune de nos larmes, versée désormais pour autrui, adoucisse une misère et enlève une amertume au désespoir de celui qui gémit et qui pleure dans l'isolement.
Savez-vous le danger de s'isoler, de s'enfermer ? C'est de n'enfermer que le vide : en excluant les hommes et les idées, on va diminuant soi-même, s'appauvrissant. On se serre dans sa classe, dans son petit cercle d'habitudes, où l'esprit, l'activité personnelle ne sont plus nécessaires. La porte est bien fermée, mais il n'y a personne dedans. Pauvre riche égoïste ! si tu n'es plus rien, que veux-tu donc si bien garder ?
La science ordonne l'isolement de l'esprit, et la philosophie celle du corps.
Mon cœur est indigent, mon esprit stérile, ma vie fade, ma flamme éteinte. L'indifférence, l'ennui, la langueur me narcolisent jusqu'à la moelle des os. L'isolement m'a desséché ; le ver rongeur est à la racine de mon arbre, et je me flétris sur pied, en pleine verdure, sans avoir donné de fruits ni de fleurs.
S'isoler, ce n'est pas seulement vivre seul, c'est perdre le contact de l'esprit et du cœur avec les hommes. Cette solitude tue, elle soude à Dieu.
Le crime, une simple erreur d'aiguillage, du plan de l'imagination vers celui de l'action. Souvent une affreuse défaillance mentale qui plonge le criminel dans un complet état d'isolement. Et la société condamne un homme, non pas parce qu'il est un misérable, mais parce qu'il a oublié qu'il était un être social.
Solitaire dans une maison vide, je mesure avec effroi la profondeur de mon isolement.
L'isolement m'étouffe, il m'ôte tout entrain à la vie.
Pour connaître le véritable amour, il faut le mettre à l'épreuve d'une longue absence sans isolement.
La solitude est mauvaise conseillère, et l'isolement aigrit.
Vivre c'est se dépouiller, c'est flotter vers le gouffre et l'isolement.
Il est des isolements sans solitude comme il est des solitudes sans isolement.
L'isolement fait prendre en dégoût la terre et en goût plus vif les quelques êtres dont on se sent mieux compris.
L'oubli, c'est la solitude morale d'une âme qui a horreur de l'isolement.
L'impartialité, en ce monde, vous isole ; soyez impartial, et vous serez bientôt suspect.
L'isolement est contre nature, il s'expie par l'ennui.
L'isolement, comme les ténèbres, trouble l'imagination et égare le jugement.
L'isolement est le pire des conseillers.
L'isolement mène à l'hypocondrie, et la sociabilité est indispensable à la santé morale.
L'isolement, la vie d'orphelin, le manque d'amour, la solitude, le manque de sympathie et d'encouragement d'autrui m'ont rendu timide, sauvage, circonspect et improductif.
Mon cercle d'amis et de proches se rétrécit, l'isolement devient plus profond, et la tristesse plus habituelle. J'aimerais vivre, connaître, élargir mon existence et mon activité, je sens les murs de ma prison se rapprocher, et l'étouffement s'ensuivre.
L'isolement est un danger pour la pensée, pour le cœur et pour l'âme.
Pourquoi le soir, pourquoi la nuit attisent-ils en nous les feux de l'amour ? Serait-ce l'isolement du bruit du monde ou l'obscurité qui refoulerait notre âme sur elle-même ? Le nom chéri tracé dans notre cœur en caractères phosphoriques brillerait-il davantage au milieu des ténèbres ?
Toujours regretter ce qu'il a perdu, toujours s'égarer dans les souvenirs, toujours marcher vers la tombe en pleurant et s'isolant, c'est l'homme.
Isolez-vous avec Dieu pour devenir un saint, ou vivez avec vos semblables pour rester un homme.
Le bonheur, se suffisant à lui-même, isole les hommes ; le malheur les rapproche. Le malheur a donc sa grande utilité sociale relative.
Qui n'a ni esprit ni éducation est semblable à un orphelin isolé dans le monde.