Pendant les vacances rien ne vaut les gaies excursions sac au dos, dans les Alpes, dans les Pyrénées, dans les Vosges ou en Bretagne.
Un navire où tout le monde commande est saisi par les courants, et est entraîné à la dérive.
La volonté est à la fois la plus précieuse des conquêtes et la plus féconde en conséquences heureuses !
Le diable, dit une vieille fable, est obligé de varier ses amorces pour tenter les vicieux, mais pour les paresseux, rien de tel n'est utile. Ils avalent les appâts les plus grossiers et Satan est sûr de ramener à chaque coup une proie.
Le travail accompli laisse à l'esprit un sentiment de contentement et en quelque sorte d'appétit satisfait : la pensée demeure allégée d'un souci et elle est libre de vaquer à des occupations nouvelles.
Les hommes maîtres d'eux-mêmes sont rares, la liberté est une récompense d'efforts prolongés que peu de gens ont le courage de tenter. Il en résulte que presque tous les hommes sont esclaves de la loi du déterminisme, qu'ils sont menés par leur vanité, leurs penchants irascibles , que par suite en grande majorité, ils sont des « marionnettes » dont on doit avoir pitié.
Si enseigner c'est libérer, un maître qui ne se contente pas de stimuler l'élan joyeux des enfants et de le diriger avec la plus grande discrétion ne sait pas le premier mot de son métier.
La meilleure solution des difficultés venant de l'infériorité morale de la masse des étudiants, est, pour qui a des visées un peu hautes, dans la formation de petits groupes de camarades décidés à mettre en commun leurs efforts.
Nulle joie ne se cueille sans peine, tout bonheur suppose quelque effort.
Le temps c'est de la vie, et tous les instants perdus le sont à jamais, irrévocablement.
Le génie n'est qu'une longue patience. Tous les grands travaux ont été accomplis par la patience persévérante.
L'homme courageux n'est pas celui qui accomplit quelque grand acte de courage, mais bien celui qui accomplit courageusement tous les actes de la vie. C'est l'élève qui, malgré sa répugnance, s'oblige à se lever tôt afin d'aller chercher un mot dans le dictionnaire, qui achève sa tâche malgré le désir de paresser, qui termine la lecture d'une page ennuyeuse. C'est en ces mille actions insignifiantes en apparence que se trempe le vouloir : toutes œuvres donnent accroissement.
Le plaisir de fumer est un de ces plaisirs purement physiques qui ne tardent pas à disparaître en tant que plaisirs pour faire place à une tyrannique habitude.
Méditer, c'est battre la paille pour en faire tomber le grain.
La réflexion méditative produit en l'âme des élans affectifs précieux quand on sait les utiliser, elle est de plus la grande libératrice, puisqu'elle nous permet de résister au bouillonnement des sentiments, des passions, des idées qui se ruent, sans ordre, vers la lumière de la conscience. Elle permet aussi que nous nous arrêtions au milieu du torrent des excitations issues du monde extérieur, et ce pouvoir de se reprendre, de demeurer soi-même, est une cause féconde de bonheur puisqu'au lieu que nous nous laissions emporter passivement, sans jamais nous retourner, nous pouvons revenir sur les souvenirs agréables de l'existence, les ruminer, les revivre à nouveau.
Les gens d'initiative nette et hardie entraînent les indécis, les timorés et les raisonneurs.
Un acte préconçu, et conçu, c'est déjà un acte qui commence. La préimagination est comme la « répétition générale » de l'acte ; c'est une demi-tension qui précède la tension finale ; de telle sorte que l'acte préconçu est rapidement exécuté.
Qui médite est un abstracteur de quintessence qui tombe dans quelque puits en regardant les étoiles.
On est vieux quand on commence à voir clair dans son existence.
Le langage en tout pays est d'origine populaire. La foule a fait un langage à son image. Elle a déversé en lui sa médiocrité, sa haine pour tout ce qui est vraiment supérieur, son jugement épais et naïf qui s'arrête aux apparences. Le langage est le plus puissant instrument de suggestion que possède, au préjudice des esprits de valeur, l'ignorance sotte et vulgaire.
L'activité orientée, sûre d'elle-même, implique la méditation approfondie. Et qui ne médite pas, qui n'a pas toujours présent à la mémoire le but général à poursuivre, qui ne cherche assidûment les meilleurs moyens pour atteindre les fins partielles, devient le jouet des circonstances : l'imprévu le trouble et l'oblige à chaque instant à donner des coups de barre qui finissent par faire perdre la direction générale à suivre.
Tous les succès dans la vie ne s'obtiennent que par la continuité des efforts dans une même direction.
Le secret du succès c'est de profiter de tout ce qui est utilisable pour arriver à nos fins.
Accomplir à contre-cœur une œuvre de longue haleine, ne pas aimer ce qu'on cherche à réaliser, c'est s'ôter toute chance de succès. Il faut pour réussir, l'amour de sa tâche.
Chacun peut allumer sa lampe au foyer toujours brûlant des génies disparus. Ces âmes supérieures sont présentes et actives éternellement.
Le secret du succès c'est de faire la besogne de chaque jour un peu mieux que la veille.
Le miracle de l'éducation, c'est que l'homme étant, par nature, destiné à la nullité intellectuelle et à la dispersion qui dissipe l'énergie, elle puisse libérer l'esprit et créer des personnes.
Éduquer, c'est libérer, c'est-à-dire donner à la personnalité de l'enfant la force de résister au danger de la dérive mentale. Pour qu'un esquif tienne contre la lame, il faut qu'il soit d'aplomb sur sa quille et muni d'un bon gouvernail. De même, pour qu'un esprit tienne bon contre les courants, il faut que ses tendances soient équilibrées et que la raison soit à la barre.
La clarté est la politesse de ceux qui veulent enseigner.
L'élève doit se défier de la facilité qui est le plus beau don de la nature à la condition qu'on n'en use jamais.
L'art n'est qu'un langage, un des moyens que les hommes ont de communiquer entre eux. Par la parole, l'homme transmet ses pensées ; par l'art, il transmet ses sentiments et ses émotions. C'est une union, une fraternité : notre art et notre littérature s'en éloignent à l'heure actuelle par la raison que la vie sociale devient artificielle.
Respectez toujours la vérité, soyez vrais. Il n'est pas de conscience, il n'est pas de hauteur de vie, il n'est pas de noblesse, là où n'existe pas un rigide et rigoureux respect de la vérité. Le faux corrompt celui qui en use, avant de vaincre celui contre qui on en use.
Hélas ! la tendance naturelle de l'esprit humain est d'imaginer plutôt que d'observer, de croire plutôt que de vérifier. Il accepte, par paresse, toute idée qui se présente.
La culture va toujours des terrains les plus improductifs mais les plus faciles, aux terrains les plus fertiles mais les plus malaisés à mettre en valeur.
Le but du savant n'est pas de savoir, mais de prévoir pour pouvoir.
La vulgarité n'est souvent que le naturel.
Quand on sait maintenir une idée dans la lumière de l'attention, tous les souvenirs qui sympathisent avec la conception maîtresse accourent du fond de la mémoire.
Le calme et l'absence d'émotions ne suffisent pas pour qu'un esprit soit libre. Être libre, c'est surtout être capable de lutter contre l'écrasante pesanteur du corps, contre l'inertie de l'esprit, contre la mollesse et la lâcheté.
Tous les progrès sont dus à des esprits libres délivrés de la servitude aux idées admises avant eux et exercés aux sévères méthodes de la science expérimentale.
Nous ressemblons à un agriculteur qui, au lieu de semer de bonnes graines dans un terrain préparé, sèmerait à la volée sur de vastes étendues qu'il ne pourrait débarrasser des mauvaises herbes.