Les gens sérieux sont ceux qui font le plus sérieusement des sottises.
Je soutiens qu'on n'est réellement un critique compétent en un art quelconque que si l'on est soi-même un peu du métier : sans quoi l'on n'en parle que de sentiment, et comme un poète, des nuages, sans savoir de quoi ils sont formés.
Ce n'est qu'avec des natures grossières qu'on n'est jamais au-dessus du soupçon et de la calomnie.
Tout ce qu'un parti politique reproche à l'autre, il le commet à son tour, quand il est au pouvoir.
La société aime mieux les gens se contrefaisant que les personnes naturelles.
Il ne faut pas trop donner aux hommes de l'autorité sur soi, la plupart en abusent.
Les heures passent vite quand on s'absorbe dans une occupation qu'on aime. On en perd le sentiment des jours et des nuits.
Les gens délicats sont plus susceptibles que les autres ; ils ont l'épiderme plus sensible.
L'exemple du bien est contagieux comme l'exemple du mal.
Le meilleur moyen de décharger sa bile est d'écrire ce qu'on a sur le cœur.
L'humanité est ainsi, qu'elle ne peut pas vous accorder un bienfait sans vous en demander une rémunération.
Les gens, qui font trop souvent leur propre éloge, ont besoin d'en faire accroire aux autres et à eux-mêmes. Ils plaident d'avance les circonstances atténuantes en leur faveur. Ceux qui ne parlent jamais ni d'eux-mêmes ni de leur conscience n'ont rien à faire oublier ni à se faire pardonner.
La première des délicatesses consiste à respecter celle des autres.
Il y a des personnes qu'on peut toujours remplacer, mais il y a aussi des personnes qu'on ne pourra jamais remplacer.
On est souvent mieux payé d'une mauvaise action que d'une bonne.
Sachez bien une chose que pour tant qu'on ait été malheureux, on ne l'a jamais été autant qu'on peut le devenir.
Les sots ont toujours réponse à tout, on n'a jamais le dernier mot avec eux. Les gens d'esprit savent s'avouer battus en se taisant.
On fait souvent bon marché de l'intérêt d'autrui, mais on devient âpre quand il s'agit de son propre intérêt.
Dans la lutte des idées, le pot de terre ne doit pas avoir peur du pot de fer.
En matière de gouvernement, il y a plus d'un âne qui professe encore l'indifférence des gouvernés en matière de gouvernants.
Il y a des gens qui non seulement ne sont reconnaissants de rien, mais qui finissent même par vous en vouloir du bien qu'on a pu leur faire.
On a beaucoup de peine à faire triompher le bon sens, et l'on n'y réussit pas toujours.
Les gens d'esprit, bien élevés, en face de la sottise, font contre mauvaise fortune bon cœur.
Il faut voir les choses non pas telles qu'on voudrait qu'elles fussent, mais telles qu'elles sont.
Être mort, ce n'est un malheur que pour ceux qui vous survivent.
Il est toujours dangereux de heurter violemment du coude une parcelle de l'opinion, quelle qu'elle soit.
Il y a l'abus du bon sens, comme il y a l'abus de l'esprit.
Une erreur, qui est partagée par tout un siècle, est bien près d'être amnistiée.
Le seul moyen d'empêcher qu'on n'écoute aux portes, c'est de les tenir ouvertes.
La politesse fait partie de la probité, comme l'orthographe du style.
Dans toute supériorité, il entre une part souvent inconsciente de dédain.
On voit bien, à la façon dont les impôts sont répartis, que ce ne sont pas ceux sur qui ils pèsent le plus qui les votent.
La bêtise de nos jours est plus forte que l'esprit, elle a toujours le dessus.
Le plus grand tort des hommes est de se croire plus malins que les femmes.
Il y a des gens qu'il faut croire sur parole, même quand ils mentent.
Ceux qui ne sont pas fous en ce monde sont pires.
L'homme, bercé d'espérances souvent illusoires, me fait l'effet d'une assiette qui tourne au bout d'un bâton sur le nez d'un jongleur. Le jongleur ne risque pas, à ce jeu, de se casser le nez, mais l'assiette risque à tout moment de se briser en tombant.