Lecture de mes vers, mon supplice ; lire des vers dans un salon m'a toujours paru prétentieux. Un livre est une confidence qu'on dit tout bas à l'oreille du lecteur ; la lecture publique est impertinente, impudique. Confier tout bas son cœur à vingt personnes, ce n'est pas la même chose que de le leur livrer tout haut ; on voudrait qu'elles ne pussent pas se communiquer leurs impressions. Tous les poètes ont senti cela, du moins à leur début ; plus tard, il paraît qu'on perd toute vergogne et que la nudité ne coûte plus.
Les enfants ont plus besoin de guides pour lire que pour marcher.
Avant d'ouvrir un livre, il faut apprendre à lire.
Il est plus glorieux d'en avoir beaucoup retenu que d'avoir beaucoup lu de livres.
Qui lit peu a besoin d'une grande adresse pour paraître savoir ce qu'il ignore.
Lire et écrire sont deux points de résistance à l'absolutisme du monde.
Lire, c'est s'ensemencer.
Laissons le droit de juger à celui qui seul sait lire dans les cœurs.
Lorsqu'il paraît un ouvrage dont le sujet est intéressant, on le lit par curiosité ; bientôt vient la critique, la malignité le fait encore lire ; mais la réponse n'a pas de si puissants auxiliaires : aussi est-elle repoussée par l'ennui. Dans un pays léger comme le nôtre, on aime bien mieux courir le risque d'être injuste que de s'occuper trois fois de suite du même ouvrage.
Mieux vaut lire un beau livre cent fois que cent médiocres ouvrages une fois.
Les écrivains supportent mal qu'à leur besoin viscéral d'écrire ne réponde pas, de la part du public, un besoin viscéral de les lire.
Si vous trouvez mes textes cons, un bon conseil : lisez autre chose !
Lire, c'est un acte !
Les gens de lettres sont ceux qui lisent le moins ce qu'écrivent leurs contemporains. On peut assurer qu'ils en sont rassasiés d'avance. Pourquoi ? Pour l'une ou l'autre de ces trois raisons : par envie, si cela leur est supérieur ; par dédain, si inférieur ; par indifférence, si égal.
Lire, c'est jubiler ; lire, c'est plaisir.
Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es.
Lire un nouveau journal, c'est comme sortir d'hôpital, on croit qu'une autre vie commence.
Apprendre à lire, c'est agir ; mais, réciproquement, lire, pour un enfant, c'est apprendre à agir.
C'est presque tout que de savoir lire.
On aime à retrouver ses idées dans un livre plutôt qu'à y découvrir des idées nouvelles. On ne lit pas l'auteur, on se lit soi-même.
J'aime à lire le compte rendu de la séance à laquelle j'ai assisté. C'est ma séance, et je recherche dans le journal, non pas l'orateur que j'ai entendu, mais moi qui l'ai écouté.
Le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilatent le temps de vivre.
Ce n'est pas assez de tout lire, il faut digérer ce qu'on lit.
Pour bien lire ce qu'on a écrit il faut, en le lisant, le repenser.
Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire.
L'art de lire, c'est l'art de penser avec un peu d'aide.
Lire, c'est penser avec un autre, penser la pensée d'un autre.
Lire est doux ; relire est, quelquefois, plus doux encore.
C'est en lisant qu'on devient liseron, et en écrivant qu'on devient écriveron.
Pour lire un roman, il faut deux ou trois heures ; pour lire un poème, il faut une vie entière.
Plus on a lu, plus on est instruit.
Entendre ou lire sans réfléchir est une occupation vaine ; réfléchir sans livre ni maître est dangereux.
Les plus grands philosophes ont de la peine à lire dans le cœur humain, et le plus petit enfant sait lire couramment dans le cœur de sa mère.
On aime toujours un peu à sortir de soi, à voyager, quand on lit.
Mieux vaut lire de bons ouvrages d'auteurs reconnus que d'en écrire des mauvais.
L'homme lit à peine dans son cœur, il épelle à peine dans le cœur ses autres.
Qui sait lire et écrire a quatre yeux?