Pour louer les manières d'un homme Ie bourgeois dit : « Il est comme il faut. » Le gentilhomme : « II est distingué. » Le premier se pique d'être aussi bien que tout le monde ; le second d'être mieux que tout le monde.
C'est louer les gens grossièrement que de les louer en face.
Il n'est pas difficile de louer les Athéniens chez les Athéniens.
Bien fou est celui qui se loue.
À s'entendre louer, les gens de cœur, en un sens, prennent en grippe le donneur d'éloges, si l'éloge est hyperbolique.
Ceux qui se louent ne sont guère loués, fussent-ils d'ailleurs dignes de l'être.
Celui qui pense qu'il est sage, ne le sera pas longtemps : s'il le dit, il ne l'est déjà plus ; peut-être même ne l'a-t-il jamais été. On perd toujours à se louer, et l'on persuade ordinairement le contraire de ce qu'on se propose.
Qu'un autre vous loue, et non votre bouche ; que ce soit un étranger, et non vos propres lèvres.
C'est un grand ridicule de se louer soi-même. L'homme sage et judicieux ne donnera point dans cette fatuité. Celui qui a du mérite n'en parle pas : il laisse aux autres le soin de le publier.
Il est beau, il est grand de ne pas vouloir être loué du bien qu'on a fait, de ne pas même en souffrir les justes remercîments, quelque délicat que soit ce plaisir, qui semble être la plus innocente récompense du bienfait.
Celui-là loue encore l'amour qui a le plus à s'en plaindre.
Quand on a eu à se louer des gens, il faut savoir en retour, souffrir d'eux quelque chose.
C'est se rabaisser soi-même que de se louer trop.
Il faut louer la vertu en quelque sujet qu'elle se rencontre.
Mieux vaut louer moins, et ne pas tant mentir.
On s'accuse de défauts qu'on n'a pas pour se faire louer des vertus qu'on a.
On a raison de se louer soi-même quand on ne trouve personne pour le faire.
On doit, pour réussir ici-bas, louer surtout les gens des vertus qu'ils n'ont pas.
Louer un sot, c'est pure charité.
Ne dis pas trop de bien de ceux que tu veux louer sincèrement.
Certaines femmes n'en louent jamais une autre que sur ce qu'elle a de moins parfait, c'est une manière adroite d'y appeler les regards des hommes.
On loue souvent des personnes dans le dessein d'en offenser d'autres.
Pour bien louer et pour être loué, de tous esprits tu dois être alloué.
Il est des opinions qu'on loue pour ne pas les partager.
Un honnête homme loue à propos, il a plus de plaisir à rendre justice qu'à augmenter sa réputation en diminuant celle des autres.
Les hommes ne louent jamais gratuitement, ni sans intérêt.
Si tu veux que la louange soit utile, loue par rapport aux autres, et non par rapport à toi.
Personne ne souffre plus doucement d'être repris que celui qui mérite le plus d'être loué.
Il est d'un esprit léger de louer ce qui a été dit, sans savoir, sans se soucier d'apprendre si ce qui a été dit est utile ou sans utilité, nécessaire ou superflu.
On entend avec peine ceux qui se louent eux-mêmes.
Lorsqu'on vous loue, soyez vous-même votre juge?