Trente-deux ans, c'est un âge charmant ; je les ai déjà depuis deux ans, et je compte bien les avoir encore longtemps.
Il y a des êtres dont la présence vous domine si puissamment que vous perdez toutes vos idées ! Vous oubliez de leur dire ce que vous vous êtes promis de leur raconter. Vous oubliez même de les interroger sur les choses qui vous intéressent le plus.
L'exagération est un défaut vulgaire, et le seul moyen de corriger les personnes exagérées dans leurs discours et dans leurs sentiments, c'est de les forcer à tenir leurs promesses.
Le bon goût fait pardonner même une mauvaise plaisanterie.
Les bons cœurs, ces anges de la terre, sont un asile contre le malheur.
Qu'il est doux d'être aimé ! Tout le monde a dit cela et tout le monde l'a pensé ; et cependant, si l'on était de bonne foi avec soi-même, chacun avouerait que toutes les inquiétudes, tous les orages, toutes les larmes, toutes les angoisses, tous les remords de sa vie lui sont venus de ce bonheur si doux.
Ma fille est un ange que Dieu m'a donné pour m'aider à supporter les peines de cette vie.
Quand ma mère est à mes côtés, il n'y a pas de nuages pour moi dans le ciel.
Les ennuyeux se rendent toujours justice, ils s'ennuient aussi eux-mêmes. Ils se fuient ; pour s'amuser, ils ont besoin des autres, c'est-à-dire d'ennuyer les autres. Ces esprits engourdis aiment le bruit qui les réveille et le mouvement qui leur fait sentir l'existence.
Il y a de jolies femmes, coquettes, gourmandes, et d'une vanité à toute épreuve, c'est-à-dire qui ne résistent à aucune tentation. Elle aiment les diamants avec passion, comme on aime les fleurs et les châles de l'Inde avec caprice. Ces femmes sont célèbres par leurs succès infiniment variés ; on les accusent d'avoir dévoré plusieurs patrimoines et compromis plusieurs hommes. Elles aiment les dentelles, elles aiment les riches étoffes, les montres de valeur, les bijoux ciselés, les chaînes d'or, les dîners fins, les brillantes fêtes, elle aiment tout... excepté cependant ceux qui leur offrent ces richesses et ces plaisirs pour être aimés.
Le paon orgueilleux se métamorphose parfois en colombe.
Les femmes les plus faciles à conquérir, elles ne coûtent que de l'argent.
Tous les conquérants en amour se ressemblent, le passé ne compte pas pour eux. Il leur faut chaque jour des victoires nouvelles ; ils ne savent garder leur prestige qu'à ce prix. Attacher est plus difficile que séduire ; triompher est plus facile que régner ; usurper n'est rien, conserver est tout.
Si le printemps est la saison des amours, ce n'est pas celle des séductions.
Une femme peut cacher qu'elle souffre, qu'elle s'ennuie, qu'elle aime, mais elle ne peut cacher qu'elle attend. Elle ne peut empêcher ses regards de se jeter sur la pendule à tous moments ; elle ne peut empêcher sa tête de se lever au moindre bruit ; elle ne peut s'empêcher de pâlir et de rougir chaque fois que la porte s'ouvre ; ct puis, quand l'heure est passée, quand ses regards éteints se découragent, quand son front incliné se voile d'ennui, il est encore un effort pour elle impossible : c'est de cacher qu'elle n'attend plus.
On ne loue jamais bien une femme quand on en loue deux. Les louanges se détruisent mutuellement. Il n'y a qu'un seul moyen de faire un bel éloge d'une femme, c'est de dire beaucoup de mal de sa rivale.
Le bonheur n'est pas autre chose qu'une suite de petites joies.
Les hommes aiment surtout les faveurs auxquelles ils n'ont pas pas le droit.
L'Argent ! qui rend l'esprit et le courage nuls, change le génie et l'amour en calculs.
L'instruction pour les femmes, c'est le luxe ; le nécessaire, c'est la grâce, la gentillesse, la séduction.
Le monde appartient aux esprits courageux.
Le bonheur, c'est un regard, un mot, un sourire pour ceux qui s'aiment.
Le bonheur, c'est d'être libre, libre de la plus belle de toutes les libertés, celle de la pensée ; de ne porter la chaîne d'aucun, d'être indépendant ; de n'avoir à défendre ni la sottise des uns, ni la mauvaise foi des autres ; de chercher le bon côté de toutes les choses, comme l'abeille cherche le miel de toutes les fleurs ; de regarder avec un œil pur, d'écouter avec une oreille indépendante ; de voyager et de s'arrêter selon sa fantaisie là où le soleil est plus brillant ; de s'enivrer de tous les parfums, de s'amuser de tous les esprits, de jouir de tous les instants, le bonheur c'est d'être libre !
La vie des femmes se divise ainsi : L'âge où l'on danse, mais où l'on n'ose pas valser, c'est le printemps. L'âge où l'on danse, où l'on valse, c'est l'été. L'âge où l'on danse encore, mais où l'on préfère valser, c'est l'automne. Enfin l'âge où l'on ne danse plus, c'est l'hiver... l'hiver toujours rigoureux de la vie.
Un très beau jeune homme n'est pas toujours séduisant, mais il est toujours compromettant.
En amour, qu'est-ce qu'un jour de bonheur, sans le lendemain qui le purifie ! C'est du lendemain que le cœur date ses souvenirs.
À quinze ans, les femmes admirent les beaux hommes par niaiserie ou par intérêt ; à quarante, par conviction.
L'amour a de singulières terreurs et de pénibles caprices : c'est une étrange passion dont le premier mouvement est de fuir ce qu'elle cherche, et le second de regretter ce qu'elle a fui !
Une femme doit être coquette avant d'être inspirée.
Sachez comprendre avec intelligence les jouissances passagères que le hasard vous jette dans la vie, que votre caractère vous donne ou que le ciel vous envoie, et vous aurez une existence agréable. Pourquoi toujours regarder à l'horizon, quand il y a de si belles roses dans le jardin que l'on habite ? Eh mon Dieu ! ce qui empêche de trouver le bonheur, c'est peut-être de le chercher !
Ce qui est plus triste qu'un plaisir perdu, c'est un bienfait manqué.
La franchise, en ce monde, vous fait passer pour un fou, et l'indépendance pour un original.
On ne réussit dans le monde que par ses défauts.
La femme vraie est à la fois bonne comme une sainte et méchante comme une déesse.
La femme règne et ne gouverne pas.
Qu'est-ce donc qu'être savant ? C'est savoir qu'on ignore !
Vive la science des ignorants ! elle est limpide.
On ne loue jamais bien une femme quand on en loue deux.
Il n'y a que ceux qui ont appris à commander qui sachent obéir.
L'intelligence fait la valeur d'un homme ; le caractère fait la dignité.
Les sourires de fripons s'entendent.
L'instinct vaut quelquefois mieux que l'expérience.
Une femme est toujours veuve avec un marin.
N'admire pas qui veut.
La force du jeune âge est dans son ignorance.
D'une sublime erreur n'arrêtez point l'excès ; c'est la témérité qui fait les grands succès.
Tout homme est sujet à l'erreur, toute médecine est dangereuse. Mais erreur pour erreur, danger pour danger, je préfère encore le médecin qui nous laisse mourir au médecin qui nous tue.
Les esprits dont la mission est de détruire les préjugés sont ceux qui ont le plus de préjugés.
Chaque nouvelle relation est un nouveau roman.
L'infidélité est comme la mort, elle n'admet pas de nuances.
Si pour l'amour l'absence est dangereuse, l'amitié sait la vaincre.
L'amour rend modeste ; à peine sous sa loi, on devient plus timide et l'on doute de soi.
C'est l'intelligence qui fait la valeur d'un homme ; c'est le caractère qui fait la dignité.
La coquetterie, c'est la véritable poésie des femmes.
L'homme s'étant croisé les bras, la femme s'est mise à l'ouvrage.
Ce qu'il y a de plus rare en France, après une femme bête, c'est une femme généreuse.
Un homme intelligent à pied va moins vite qu'un sot en voiture.
La femme n'a plus de prestige : On l'outrage bravement, on l'insulte sans honte !
La réalité parisienne est toute dans l'aspect : Être n'est rien ; paraître est tout.
Le Parisien, qui n'éprouve jamais le besoin de réfléchir, éprouve toujours celui de parler.