Le mariage est une chose fort grave ! Si on choisit une compagne, c'est pour la vie ; il faut être résolu à partir avec elle sur le même radeau pour la terre promise, ou pour le naufrage !
La bourgeoise s'imagine qu'il suffit d'avoir beaucoup d'amants pour être une grande dame.
Je reviens d'enterrer ma tante, je l'ai mise dans son cercueil, elle me laisse assez de rente pour me permettre un joli deuil ! Elle est dans un coffre de chêne où tout de son long on peut tenir ! Il ne faut pas que ça la gêne ! où y a d'la gêne, y a pas de plaisir.
La plupart des filles sont aussi bêtes que décolletées.
Jurer, c'est la dernière ressource des hommes quand ils ne savent plus que dire.
La vie n'est pas faite pour les rêvasseries malsaines ou tout au moins inutiles.
Les vieux moines n'ont jamais converti les jeunes pécheurs.
Tout changement porte en soi son chagrin, et je dirai même sa punition.
Larmes d'amour, pluie de printemps, sont séchées en peu de temps.
On doit se marier quand on aime et qu'on est aimé, sinon il vaut mieux rester libre.
La femme rêve de se fixer à jamais et veut se donner tout entière ; l'homme cherche à n'accepter que ce qu'il pourra quitter sans peine, car il veut demeurer libre toujours, différence essentielle qui divise irrémissiblement les deux sexes et en fait souvent des frères ennemis.
Dans la vie il faut toujours savoir où l'on va sous peine de se casser le cou dans le premier trou ouvert sur la route.
À vingt-deux ans, le cœur est bientôt pris, et, à seize ans, il aime à se donner.
L'amour est une force indépendante de l'homme, elle lui est donnée momentanément en vertu de raisons et de circonstances dont souvent il n'a pas conscience et dont il est rarement responsable.
L'homme aspire vers l'infini, l'éternel, l'immaculé, et comme, de sa nature, il est fini, mortel, vicieux, il passe sa vie dans des contradictions douloureuses, qui de chute en chute, de déboire en déboire, le conduisent jusqu'à la mort, dont il a horreur parce qu'il ne la comprend pas.
Nous nous faisons dans nos rêveries premières une haute idée de l'existence ; nous lui demandons plus qu'elle ne contient, et nous ne lui pardonnons pas de ne nous offrir que ce qu'elle renferme. Nous cherchons et nous ne trouvons pas. Nous interrogeons l'oracle, il reste muet, car il n'aurait rien à nous apprendre que nous ne sachions ; nous mangeons le fruit de l'arbre de la science et nous demeurons surpris et indignés de ne point nous sentir plus savants et « devenus semblables aux dieux. » Quand enfin l'expérience a fait la lumière en nous, nous arrivons souvent à cette amère conclusion que changer d'amis, de position, de patrie, de maîtresse, ce n'est le plus souvent que changer d'ennui.
Quand le chevreau est là, la chèvre est tout proche.
Plus on approche de l'instant désiré, plus les heures deviennent lentes et se traînent lourdement.
Le raisonnement et la résignation ne sont généralement pas le partage de la première jeunesse.
Certains hommes portent durant leur vie entière quelque chose de triste et de pesant comme si leurs pères leur avaient légué les mélancolies et les humiliations que leur imposa la ruine de leurs espérances.
Nul homme ne peut être sans aimer.
C'est la loi du couple : Qui ne se renouvelle pas, meurt ; qui s'absorbe, périt.
Les jours se suivent et se ressemblent, ils sont uniformément ennuyeux et pesants.
N'auras-tu pas pitié de ma jeunesse errante, j'ai traversé les mers pour venir jusqu'à toi.
On se dit « Si j'avais su ! », et maintenant que l'on sait, il est trop tard.
Le poids des ans est si lourd que je n'ose plus le soulever.
Rêveries et souvenirs, bien souvent, c'est tout un.
Il faut combattre l'intolérance, de quelque côté qu'elle se produise.
Lorsque l'on n'adore rien, on est bien près de s'adorer soi-même.
Il y a des souvenirs qu'on voudrait arracher de son cœur, dût-on arracher son cœur avec eux.
Les enfants sont charmants, mais on devrait par pitié les étouffer avant qu'ils atteignent l'âge de raison.
Le Seigneur met parfois au monde des créatures destinées à beaucoup, à toujours souffrir, afin que les autres hommes puissent se reposer de leurs propres infortunes dans la contemplation du malheur d'autrui.
À chaque instant on maudit la vie, et les moribonds à cheveux blancs se relèveraient sur leur couche, secoueraient leur agonie et consentiraient à vivre mutilés et sans membres, pourvu seulement qu'ils vécussent, ne fût-ce qu'un jour, une heure, une minute de plus.
L'homme se souvient du passé, la femme pressent l'avenir ; le couple voit le présent.
Il ne suffit pas d'aimer, il faut savoir aimer, et c'est la plus difficile de toutes les sciences.
J'ai toujours eu une inconcevable répugnance pour l'action ; j'ai écrit dans ma tête de très beaux livres dont je n'ai pas eu le courage de mettre un mot sur le papier. Je n'aime que les voyages, et seulement peut-être parce qu'ils fournissent une ample pâture à mes habitudes de songe-creux.
Toute ma vie j'ai ressemblé à ces gens qui sommeillent encore et veulent se lever ; ils rêvent qu'ils sont debout et restent endormis ; je suis un somnambule qui ne s'est jamais réveillé.
L'égoïsme est à l'amour ce que la cécité est à la vue.
Sème la tendresse si tu veux la recueillir.
La rêverie est à la pensée ce que la débauche est à l'amour.
L'homme n'admet guère la solidarité qu'à son profit, il ne la pratique que rarement pour les autres.
Le monde qui m'entoure m'irrite et avive mes plaies ; sa sollicitude m'impatiente, son indifférence m'exaspère. À qui la faute ? À lui ou à moi ? À moi sans doute, car les autres hommes vont et viennent, vivent et meurent sans ces intolérables supplices qui me déchirent.
La femme, étant naturellement envieuse, cherche à s'approprier l'objet des affections d'autrui !
Le bon moyen de devenir l'amant d'une femme est d'en aimer une autre.
Le sentiment vrai est comme une épidémie, il faut le partager.
La paresse est au travail ce que la paralysie est au mouvement.
L'amour a parfois des amertumes si grandes que le cœur en reste troublé à toujours.
Silence sur le passé, bon vouloir pour le présent, espérance pour l'avenir.
Le peuple est un enfant, le moindre jouet lui fait oublier son chagrin et son devoir.
On a l'âge que l'on paraît avoir.
Je t'aime et je t'aimerai, ce n'est point de l'or que je t'offre, c'est de l'amour.
Pour t'en servir à l'occasion, toute femme en vaut une autre.
La femme distinguée est celle qui ne se fait jamais remarquer.
Mieux vaut en avoir trop que pas assez.
La beauté ne suffit pas pour être aimée.
Paraître en ce monde est tout, être n'est rien.
Dans ce petit monde, les vices se développent par contagion ou par sympathie.
Lorsque la femme n'est qu'un instrument de plaisir, elle devient une cause d'ennui.
La simplicité, c'est le meilleur moyen d'être compris.
Une bonne mère de famille est à la fois la gaieté et la force de la maison.