Un pécheur qui élève la main pour implorer son pardon vaut mieux qu'un dévot qui élève la tête.
Frappez la tête du serpent avec la main de votre ennemi, et il en résultera nécessairement un bien pour vous ; car s'il est vainqueur, le serpent sera tué, et s'il est vaincu, vous aurez un ennemi de moins.
La sagesse est de jouir, la bonté de faire jouir.
Le bonheur est un don de la justice divine ; il n'est pas le privilège de la force et de la grandeur.
Le sage n'est pas celui qui prêche le bien, mais celui qui le fait.
Qui n'aime nul être ignore la joie de vivre.
Ton cœur est comme l'enceinte fortifiée des secrets, prends garde qu'ils ne trouvent la porte ouverte.
Méfie-toi du beau parleur : imite les sages, ne prononce qu'une parole, mais qu'elle soit sensée.
L'homme prudent en son langage n'est pas exposé à en rougir.
Si tu ne sais quoi dire, garde le silence.
Ventre plein, cervelle vide.
Heureux celui qui, du fond de sa retraite, fait une ample provision de vertus !
Boire, manger, dormir, est l'unique souci de la brute.
La modération dans les désirs est la vraie richesse de l'homme.
Si tu recherches la réputation en ce monde, étale tes apparences et cache les vices de ton cœur.
Rapiécer le froc du mensonge est chose facile, mais comment pourra-t-on le vendre à Dieu ?
Ne t'attache pas aux vaines apparences d'une dévotion de faux aloi, c'est un étang au fond duquel il n'y a que vase.
Il faut paraître ce que l'on est.
La fourmi, si faible qu'elle soit, ne connaît pas la famine.
Le voleur qui bat les grandes routes est moins criminel que l'hypocrite.
Les fruits appartiennent à celui qui a planté l'arbre, les moissons à celui qui a fait les semailles.
Deux sages en colère ne rompent pas même un cheveux ; tandis que deux insensés briseraient une chaîne de fer.
La parole est la parure de l'âme, fais en sorte qu'elle ne soit pas pour toi une laideur.
Le chemin de la vie est plein d'épines, tachez dans protéger vos frères.
Trop heureux ! celui qui tous les matins peut contempler les charmes d'un beau visage.
Délicat ou grossier, le repas est toujours bon quand l'appétit l'assaisonne.
Qui a toujours joui d'une santé robuste ne peut connaître la douleur.
Deux morceaux de bois à coté l'un de l'autre s'allument et brûlent plus aisément qu'un seul.
Partout l'épine est cachée sous la rose.
L'ivresse du vin passe bien vite ; mais celle de l'amour est plus durable.
Il n'est point d'amitié que l'on doive rompre.
Le fer d'une lance prête à vous percer blesse encore moins la vue que le visage d'un ennemi.
On ne peut vivre sans amis, et c'est un devoir que de supporter ses caprices.
Le désir vaut mieux que la satiété.
L'œil de l'amour ne voit jamais que des vertus.
Que peuvent sur un cœur égaré les conseils de la raison ?
Si le sort met des obstacles insurmontables à notre union, alors la vraie loi de l'amour est de mourir de regret.
Dans la guerre, ce sont les hommes robustes qui donnent la mort ; dans la paix, c'est la beauté qui tue bien souvent ses adorateurs.
Quand on est enfoncé jusqu'au cou, peut-on être sans souillure ?
La piété la plus austère ne peut résister à l'amour.
Ce qui touche le cœur est toujours le plus beau aux yeux.
Les hommes sont en droit d'attendre des bienfaits les uns des autres, mais le seul que l'on puisse espérer, c'est de ne pas recevoir de mal.
Dévoiler un secret, c'est jouer un jeu où l'on ne paie qu'avec sa tête.
Jamais on ne montre mieux sa sottise qu'en interrompant un propos pour y mêler le sien.
Un bon mot, quelque excellent qu'il soit, perd son sel en le répétant.
Ne disputez jamais avec quiconque n'admet la tradition ; le silence est la meilleure réponse.
La vertu même prend les couleurs du vice aux yeux d'un ennemi.
On peut arracher une flèche de la blessure, mais le ressentiment d'une injure vit toujours au fond du cœur.
Si vous avez une voix douce et une main caressante, vous conduirez l'éléphant avec un fil.
La douceur et la complaisance ferment la porte au combat.
Un beau visage est une clé qui ouvre toutes les portes.
Un mauvais naturel jamais ne se corrige.
Qui a la libéralité n'a pas besoin de la force.
On ne gagne rien à prêcher la sagesse à des vauriens.
La patience du pauvre est préférable à la magnificence du riche.
Le malheur est la pierre de touche de l'amitié.
Un beau visage est le remède qui guérit tous les chagrins.
Il faut avoir éprouvé la peine pour sentir les bienfaits du plaisir.
Le vrai ami se fait un devoir de soulager vos peines.
Le savant est comme l'or en barre, qui trouve partout son prix.
Quand on est frappé par la nécessité, il n'est plus temps d'élever au ciel des mains suppliantes.
Sans la patience, il n'y a pas de sagesse.
Redoute qui te craint.
Malheur aux lâches et aux hypocrites qui, tour à tour agneaux timides et loups dévorants, flattent en leur présence ceux qu'ils déchirent en secret. Songe que celui qui te raconte les fautes d'autrui, ne vient que pour mieux épier les tiennes.
Les lâches détestent et calomnient les gens de cœur. Ils sont semblables à ces chiens de cuisine, qui, dès qu'ils voient un chien de chasse, ne manquent jamais d'aboyer contre lui, mais n'osent sortir pour le combattre.
N'annoncez pas vous-même une méchante nouvelle à celui qui peut en être troublé ; laissez un autre se charger de ce soin. Comme le rossignol, n'annoncez que le printemps, et non, comme la chouette, la nuit ou de funestes présages.
Si tu as une fois offensé quelqu'un, quand même tu lui aurais rendu depuis cent services, ne te crois jamais en sûreté avec lui.
Toute précaution est inutile contre la destinée !
La vraie dévotion est un bel arbre qu'il faut soigner pour qu'il porte des fruits.
La piété est sur le cœur, et non sur les vêtements.
Le sage ne demande rien au mendiant, il sait que d'un être misérable il n'y a rien à espérer.
Croire qu'un faible ennemi ne peut pas nuire, c'est croire qu'une étincelle ne peut pas causer un incendie.
Apprend à pardonner les fautes d'autrui, sois bon et indulgent.
Le sucre perd toute sa douceur lorsque l'heure amère du paiement le suit de près.
Saisis l'instant, sachant que chaque jour de ton futur c'est un jour qui s'en va.