Le cadeau n'a rien à voir avec son prix, il tient tout entier dans l'intention et la beauté du geste. Si humble soit-il, il est comme un émissaire de la personne et garde sur lui son empreinte.
Donner devrait s'enseigner comme les arts de la table et la politesse.
L'amour tient tout entier dans la préface de l'amour, d'autant qu'une bonne union bénéficiera en retour à la famille et assurera la sécurité de la maisonnée.
Que les généreux n'attendent rien des malheureux qu'ils secourent, leur dévouement doit se suffire à lui-même. Le fait que tant d'individus ou de peuples, en situation difficile, refusent de se laisser traiter en victimes signifie qu'ils ne veulent pas de la miséricorde du monde. N'espérons pas d'eux qu'ils disent merci. Nous leur devons assistance, quoi qu'il arrive.
Dépendre de la bonne volonté d'un tiers pour notre survie est la situation la plus humiliante qui soit. Il est une charité qui émancipe, il en est une autre qui rabaisse les êtres.
Un mort en France est plus émouvant que 10 000 morts à l'étranger. Le premier est une tragédie, les seconds une statistique. La sensibilité suit la loi de la proximité.
Dans la philanthropie, seul compte le résultat et non les intentions.
Dans le cadeau, seule compte l'intention, non le résultat.
Mieux vaut le bénévolat par vanité qu'une vanité sans bénévolat.
Mieux vaut la compétition ostentatoire des générosités qu'une apathie dans l'égoïsme repu.
La société serait invivable sans cette multitude de petits gestes d'entraide, d'amitié qui poussent les gens à s'épauler au niveau quotidien, sans attendre des secours de l'Etat.
Les hommes peuvent être les artisans de leur ruine dans la réussite comme dans la déconfiture. La richesse oblige ou afflige.
Le pire service qu'on puisse rendre à un livre outrageant, c'est de l'autoriser.
La peur ne tue pas, elle empêche de vivre.
L'ennui est un compagnon qu'on ne supporte que dans la solitude.
Aucune difficulté n'est en soi insurmontable ; seul est dangereux d'apporter des réponses anciennes à des situations nouvelles.
La vraie vie n'est pas absente, elle est intermittente.
Chose curieuse : les êtres malheureux attirent le malheur.
L'adultère est le compagnon de route du mariage : ils sont impensables l'un sans l'autre.
Désir de vivre à deux et peur du couple : Les amants s'installent de plain-pied dans cette contradiction impossible.
Le corps n'est pas seulement le poison de l'âme, il en est le tombeau.
Le pire pour un menteur, c'est qu'il puisse dire la vérité.
Autant que le devoir d'ouverture, existe le devoir de persévérance avec soi-même.
L'entente sexuelle est devenue le critère de réussite du couple.
À vingt ans la beauté est une évidence, à trente-cinq une récompense, à cinquante un miracle.
L'Europe, c'est la préférence donnée au pardon sur la vengeance.
Rien de plus triste que l'avenir quand il ressemble à ce que nous avions imaginé.
La première liberté d'un individu, c'est de dire non !
Voyager, c'est vivre plusieurs passés, plusieurs présents, renverser le sablier du temps.
Toute fidélité à soi n'implique pas forcément le dédain des autres, et toute volonté d'ouverture n'est pas synonyme de respect d'autrui.
La fidélité est un prix trop cher payé pour n'être pas compensée par une excitation égale.
Le plus pénible avec les impuissants, c'est qu'ils parlent.
On fait un médiocre usage du monde quand on est fatigué de sa propre existence.
Une grande familiarité est nécessaire aux amants avant de faire l'amour pour le plaisir.
Dans l'indigent, on ne perçoit que l'indigence, pas l'homme.
Le marché accompagne la définition de l'individu comme être essentiellement désirant. Désormais, nous sommes d'abord ce que nous désirons : des objets, des êtres, des styles de vie, des expériences.
Aimer, c'est vivre l'alliance indissoluble de la terreur et du miracle.
Une douleur surmontée, c'est presque une joie de gagnée.
Le secret d'une bonne vie, c'est de se moquer du bonheur.
Il y a plus de noblesse d'âme à se réjouir de la gaieté d'autrui qu'à s'affliger de son malheur.
La plus belle femme du monde ne remplacera jamais un bon banquet.
Croyez-vous qu'un seul bébé accepterait de naître si on lui exposait ce qui l'attend ?
L'horreur de l'amour, c'est de resserrer le monde autour d'un être qui vous enchaîne.
L'amour est myope, il ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
La déception n'est peut-être qu'une catégorie du merveilleux.
Sérénité ou inquiétude, autarcie ou ivresse, nous échappons rarement à ce dilemme.
La beauté est un fragment d'éternité que le temps finit toujours par détruire.
Le couple est la capitalisation des griefs que chacun fait payer à l'autre avec intérêts.
La patience est une ruse de l'espoir.
La conclusion logique de la société de marché, c'est la prostitution généralisée, la transformation du genre humain en prestataire ou clients, une armée de petites mains prodiguant des soins multiples aux prospères pressés. Mais c'est aussi la généralisation du soupçon puisqu'il n'est pas un sourire, un geste qui ne puisse être vu comme un calcul, ne soit chargé d'arrière-pensées mercenaires.