La concurrence est, après la division du travail, un des agents les plus énergiques de l'industrie en même temps qu'une de ses garanties les plus précieuses. C'est la loi du marché, le condiment de l'échange, le sel du travail. Supprimer la concurrence, c'est supprimer la liberté.
L'art réside dans la faculté que possède l'esprit d'exécuter des variations libres sur le thème fixe de la nature.
Faire de la politique, c'est se laver les mains dans la crotte !
L'exil, comme la prison, fait dérailler le jugement.
Agissez toujours sans perte de temps afin que le travail soit mis en train au plus vite ou abandonné.
J'aime mieux partager avec un plus grand nombre le travail que d'éterniser la besogne.
Il y a des gens qui passent leur vie à se justifier sans s'apercevoir que leurs idées et leurs actes ne cessent de les accuser.
Ce qui vient de la flûte s'en va au tambour, dit un proverbe ; et ce que le sabre a fait, le sabre le défera.
Les nations ne périssent que quand on les tue.
Un parti qui n'avoue pas les conséquences de ses principes, qui dissimule ses tendances, est un parti qui n'a plus de raison d'être, c'est un parti mort.
Le progrès, pour l'humanité, consiste à triompher sans cesse de la matière par l'esprit.
Le progrès, c'est la nécessité de travailler sans cesse à la découverte de l'inconnu à fur et mesure que le passé s'use.
L'humanité, ce ne sont pas ces masses brutales toujours prêtes à crier : Vive le roi ! Vive la ligue ! L'humanité, c'est cette élite qui constitue le ferment des siècles et fait lever toute la pâte : un homme sur dix mille bêtes.
Je n'aime pas la contradiction avec les hommes que je ne puis m'empêcher de respecter et d'aimer.
Quand on veut montrer qu'une idée est absurde, il n'est pas de meilleur moyen que de la décomposer dans tous ses termes.
En politique, on est allié, non pas quand on est ami ou qu'on a les mêmes intentions, mais quand on fait les mêmes choses.
Mon cher ami, je ne vous souhaite pas plus qu'à moi-même d'être jamais un homme politique. Mais vous saurez que quand on se mêle de ce métier, on est quelquefois, souvent, obligé de se laver les mains dans le fumier.
Jouissons de ce que nous pouvons obtenir sans regretter ce que nous n'avons pas.
L'homme qui réunit l'intelligence à l'amour du travail, l'aptitude industrielle à la probité, est assuré que le moyen ne lui manquera pas de conquérir avec le temps l'aisance.
Le ménage est le royaume de la femme, le monument de la famille. Ôtez le ménage, ôtez cette pierre du foyer, centre d'attraction des époux, il reste des couples, il n'y a plus de familles.
La valeur est capricieuse comme la liberté, elle ne considère ni l'utilité ni le travail.
Quand on ne peut obtenir le mieux, il faut éviter le pire.
Le mariage qui unit les époux n'est point une appropriation mutuelle de leurs corps et de leurs âmes, c'est la représentation de l'amour infini qui vit au fond de leurs cœurs.
L'amour, universel par essence, tend à se réaliser dans l'universalité.
Sans liberté et sans égalité, il n'y a ni mariage ni famille qui se soutienne.
La beauté d'une jeune fille réjouit la famille, la vieillesse et l'enfance, et relève jusqu'à la disgrâce de ses compagnes que la nature inclémente a moins favorisées.
La première condition pour rendre une femme adultère est de lui jurer qu'on l'aimera et l'estimera davantage pour son adultère.
L'homme aime tout à la fois par ses sens, par son esprit et par sa conscience : il ne peut pas ne pas aimer ainsi, parce qu'il est homme.
Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu'on appelle l'Assemblée nationale pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l'état d'un pays sont presque toujours ceux qui le représentent.
Ne parle jamais d'amour à une jeune fille, même quand tu te proposerais de l'épouser.
Ne fais pas en particulier ce que tu n'oserais faire devant les autres ; ne fais pas devant les autres ce que tu ne veux pas qu'ils fassent devant toi.
L'art est un indéfinissable, quelque chose de mystique, la poésie, la fantaisie, tout ce que vous voudrez, qui échappe à l'analyse, n'existe que pour lui-même, et ne connaît pas de règles.
Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, contrôlé, censuré, commandé, par des êtres qui n'en ont ni le titre, ni la science, ni la vertu.
Que toute idée nouvelle qui porte avec soi sa preuve soit la bienvenue.
Que chaque homme aime toutes les femmes dans son épouse, et que chaque femme aime tous les hommes dans son époux. C'est ainsi qu'ils connaîtront le véritable amour, et que la fidélité leur sera douce.
Calomnier qui ne peut répondre, c'est fusiller un prisonnier.
L'hérédité rend les fortunes inégales, elle ne fait que les transmettre.
En amour comme en toute chose, l'idéalisme c'est l'absolu, et l'absolu n'a pas de limite.
L'homme ne peut vivre sans amour ; sans amour, la vie est une anticipation de la mort.
Le plus juste jugement est celui qui résulte des paroles et des aveux de l'accusé.
L'humanité est évolutive et changeante comme tous les êtres vivants.
La vertu est modeste ; elle ne s'étale pas, elle fuit le grand jour ; rien de plus difficile que de la saisir dans un éclair des yeux ou un reflet du visage.
L'avarice réclame sans honte, et comme un droit, le moyen d'accumuler aux dépens de tous.
On ne raisonne plus aujourd’hui avec ceux qui défendent l'opinion contraire, on les tourne en ridicule.
Les serpents de la calomnie épuisant sur moi leurs poisons ont rendu mon âme inaccessible à la peur.
Le gage de notre liberté est dans le progrès de notre supplice.
Il n'est pas un homme qui n'ait aimé dans sa vie au moins une jolie femme, ce qui suppose que toutes les femmes sont belles ; et j'abonde dans ce sentiment. Mais, de toutes ces créatures charmantes, il n'y en a ordinairement qu'une qui vous plaise : ce qui veut dire que les habitudes de notre vie, notre éducation, nos idées acquises, notre tempérament, modifient notre clairvoyance esthétique, et réduisent pour chacun de nous à d'étroites limites le monde de la beauté.
L'art est libre, il fait ce qui lui plaît, il travaille pour son plaisir.
Le travailleur qui n'obtient pas en échange de son travail le minimum du revenu moyen collectif, soit pour lui et sa famille, appartient au paupérisme. Il ne peut pas, à l'aide de ce salaire insuffisant, réparer ses forces, entretenir son ménage, élever ses enfants, bien moins encore développer sa raison. Insensiblement il tombe dans le marasme, la démoralisation et la misère.
Toute démoralisation d'une société a pour cause l'imbécillité de ceux qui la mènent et l'instruisent.
Tout vice ou délit provient d'ânerie.
Dieu est l'ombre de la conscience projetée sur le champ de l'imagination.
Chaque nation a besoin d'échange : c'est par là qu'elle s'élève en richesse, intelligence et dignité.
Si un revenu était assuré à chaque citoyen ; en autres termes si chaque famille française, composée du père, de la mère et de deux enfants, jouissait d'un revenu confortable, il n'y aurait nulle part de malaise. La nation jouirait d'un bien-être inouï ; sa richesse, parfaitement ordonnée et distribuée, serait incomparable, et le gouvernement pourrait à bon droit se vanter de la prospérité toujours croissante du pays.
Il n'est pas bon que l'homme ait ses aises, il faut au contraire qu'il sente toujours l'aiguillon du besoin. Si nous vivions, comme l'Évangile le recommande, dans un esprit de pauvreté joyeuse, l'ordre le plus parfait régnerait sur la terre. Il n'y aurait ni vice ni crime ; par le travail, par la raison et la vertu, les hommes formeraient une société de sages ; ils jouiraient de toute la félicité dont leur nature est susceptible.
Il faut se borner à raisonner sur le réel, non sur l'hypothétique.
L'indépendance offre à l'homme les meilleures garanties de bonheur.