Si trop de politiciens ont si peu le sentiment de la dignité nationale, c'est que, dans les perpétuelles concessions de la politique, ils ont d'abord perdu le sentiment de la dignité personnelle.
Certains politiciens sont méthodiques dans leurs variations : ils ont une boussole à leur girouette.
Lorsqu'un politicien médiocre parvient au gouvernement, il ne faut pas s'inquiéter outre mesure : il croit prendre le pouvoir, et c'est le pouvoir qui le prend.
Certains politiciens, qui espèrent faire oublier leurs méfaits à la faveur d'un grand événement national, sont pareils à ces malandrins qui profitent d'un incendie pour se livrer au pillage.
La politique est l'affaire des politiciens comme la chimie est celle des chimistes.
Un bon politicien est celui qui est capable de prédire I'avenir et qui, par la suite, est également capable d'expliquer pourquoi les choses ne se sont pas passées comme il I'avait prédit.
Pour être l'ami d'un politicien, il faut être sans passion, sans ambition, sans égoïsme, clairvoyant et prévoyant, enfin pas un homme.
Le vocabulaire d'un politicien est fort restreint ; le mot pitié n'y figure pas, entre autres.
Le crapaud dévorant la mouche, le serpent dévorant le crapaud, et l'aigle dévorant le serpent, voilà les politiciens ; ils subissent les lois de la nature.
Le politicien sacrifie tout : son ami, son frère, sa femme, sa conscience ; seulement, soi-même, on ne se sacrifie pas.
Le politicien est comme l'araignée : un animal de proie.
Les hommes politiques qui poussent à la guerre sont les picadors ; le peuple est le taureau.
Tous les politiciens sont opportunistes ; les plus habiles le sont au moment opportun.
Les généraux ont cessé d'aller goûter la soupe depuis que les politiciens en ont fait leur plat préféré.
L'expression « Pour ma part » est toujours la plus grosse du gâteau lorsqu'il s'agit d'un politicien.
Je ne prends ni la politique ni les politiciens au sérieux et je trouve qu'il y a un tas de moyens beaucoup plus loyaux de s'enrichir — ou tout simplement de vivre — sur le dos d'une collectivité.
Le bain de foule est au politicien ce que le lavement des pieds est au souverain pontife : Un contact épidermique mais le savon en moins.
Le premier souci du politicien : Saluer la foule en levant les deux bras sans que sa chemise sorte de son pantalon.
Les politiciens répètent comme des perroquets les mêmes histoires, les mêmes arguments. Ça doit être ce qu'ils appellent « enfoncer le clou ». Pour quelqu'un qui comprend à demi-mot, cela rend la vie vraiment fastidieuse. Tournez le bouton de la télé à un an d'intervalle : vous entendez exactement le même boniment.
Si les politiciens n'étaient pas généralement si ignorants, ils devraient avoir sans cesse leur Tocqueville sous la main, car, comme tous les grands écrivains, il est un maître de sagesse et, en racontant le passé, il est, chaque fois, prophète.
Quelques politiciens seraient amusants comme des clowns si les destinées de la France pouvaient faire un numéro de cirque.
La forme la plus exquise du comportement politicien consiste à utiliser un fait vrai pour en faire un mensonge.
Les discours des politiciens que j'entends depuis plus de quarante ans sont de longues tartines de confitures, mais, sous ces confitures, il n'y a pas de pain.
Un des malheurs de la France, depuis plus de soixante ans, c'est qu'elle a parié sur des politiciens qui ne savaient que battre et mêler les cartes.
Les politiciens sont à la fois les plus passionnés et les plus indifférents des hommes. Ils sont fanatiques de leur idée et prêts à lui tout sacrifier ; ils affectent une suprême indifférence en ce qui concerne le choix des moyens. Toutes les combinaisons leur sont bonnes, pourvu qu'elles conduisent au but.
Les politiciens sont assez souvent des hommes de lettres ratés. Ils prennent leur revanche en devenant puissants. Le pouvoir, surtout en France, est un substitut du talent littéraire. De là, toutes sortes d'horreurs. Le vice du politicien c'est qu'il rabâche sans arrêt le même discours. Le propre des politiciens est de n'avoir rien à dire — puisque s'ils disaient ce qu'ils savent, ils ne seraient pas ce qu'ils sont.
En n'embrassant qu'une joue sur deux, un candidat en campagne électorale double son efficacité.
L'appel à l'unité est une figure de rhétorique politicienne permettant d'accréditer l'idée que les citoyens qui, individuellement, ne font jamais avancer le Schmilblick sont plus performants lorsqu'ils marchent ensemble.
Lendemain de scrutin : C'est le seul jour où des politiciens qui dissimulent habituellement jusqu'au lieu où ils prendront leurs vacances déclarent avec une belle franchise qu'ils se verraient bien Premier ministre.
Quand on découvre le patrimoine de certains politiciens, beaucoup d'entre nous regrettent d'être trop honnêtes.
Les politiciens ont du souci à se faire depuis que le Parquet poursuit systématiquement tous ceux qui l'ont rayé de leurs dents.
Canaille : Politicien qui n'a réussi qu'à relever son propre niveau de vie.
Un politicien bon camarade doit veiller à ne pas concrétiser toutes ses promesses électorales afin de laisser du grain à moudre à ses successeurs.
Le monde est en proie à des guerres sans fin, guidé par des politiciens toujours plus avides de pouvoir.
Les politiciens de droite, c'est les mêmes clowns qu'à gauche, mais ils sont plus sincères.
Le penseur a son atelier. Le politicien a son usine. Ce qu'on demande à ce dernier, c'est d'avoir, de temps en temps, recours au penseur. Ce qu'on demande au penseur, c'est de ne pas aller dans les assemblées, où sa pensée brute, qui n'est pas simplifiée, ni parée, n'aurait aucun succès, et ne trouverait aucun amateur.
Le grand tort des politiciens, c'est qu'ils ont discrédité la richesse morale du monde en créant des assignats d'honnêteté, de sincérité, de loyauté.
Les belles promesses des politiciens possèdent l'étrange faculté de se convertir en déceptions.
Les politiciens ne comparent pas les idées, ils les opposent.
En politique générale, un transfuge est un politicien qui va de fuge en fuge sans transition.
L'infusion préférée des politiciens : Une verve-haine.