Ce qu'on appelle préjugés n'est pas sans utilité, ils ont au moins l'avantage d'être des sentiments.
L'abandon d'un préjugé est parfois jugé plus sévèrement que la trahison d'une croyance.
Les préjugés doivent être discutés, et traités avec circonspection.
Le monde estime que les femmes ne sauraient s'émanciper des préjugés sans s'affranchir de la morale.
Rien n'est indomptable comme les préjugés qu'on regarde comme des devoirs : ils sont sous la double garde de l'orgueil et de la conscience.
Si l'opinion est la reine du monde, le préjugé en est le tyran, car le préjugé est l'opinion érigée en raison.
Nos préjugés ne rapportent rien et quelquefois ils coûtent fort cher.
Les préjugés ont de la puissance, même sur ceux qui n'en ont pas.
Le mariage est le plus absurde de tous les préjugés, le plus grand attentat à la liberté de l'homme et de la femme. Je le remplace par l'amour libre.
Les philosophes de nos jours prétendent suivre et enseigner la raison, mais lorsqu'ils s'attachent effectivement à détruire les préjugés qu'elle condamne, ils déracinent les vertus qu'elle prescrit.
La philosophie, c'est la complète liberté de l'esprit, par conséquent l'indépendance de tout préjugé religieux, politique ou social. Elle n'est, au point de départ, ni chrétienne ni païenne, ni monarchique ni démocratique, ni socialiste ni individualiste, elle est critique et impartiale ; elle n'aime qu'une chose : la vérité.
Tous les systèmes et toutes les puissances laissent des préjugés dans les esprits.
Moins un esprit a de questions ouvertes, plus il a de préjugés et plus il est intraitable.
Le préjugé est une torpille qui fait sauter tout ce qui le touche.
Les préjugés de famille, je m'en moque ; les convenances sociales, je les foule aux pieds.
L'homme meurt attaché à ses vieux préjugés quelque absurdes qu'ils soient.
Il ne faut jamais avoir de préjugés, ni juger les gens sans les connaître.
Il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé.
On va quelquefois plus aisément contre ses intérêts que contre ses préjugés.
Il est des préjugés qu'on ne doit point trahir.
Les préjugés que la sotte crédulité engendre et que la faiblesse entretient sont un des plus grands fléaux de l'humanité, parce qu'ils usurpent la place de la raison.
Les préjugés font plus de mal à l'espèce humaine que la raison ne lui sert, parce que l'ignorance est plus générale que le savoir.
Il y a presque toujours plus de sagesse à se conformer aux préjugés du monde qu'à les fronder.
Le grand nombre est malheureux par les préjugés, un des plus grands fléaux affligeant l'espèce humaine.
Les gens raisonnables respectent les préjugés du peuple, et les sots les frondent ; à tout prendre, il est plus facile de s'y soumettre que de les changer.
Les préjugés font plus de malheureux que le savoir ne fait d'heureux.
Il est des passions qui font le bonheur de l'homme ; mais les préjugés les condamnent presque toutes : heureux celui qui sait choisir celle que les préjugés tolèrent.
Si Hercule revenait sur terre, il ne s'amuserait point à tuer les animaux de tous genres dont il a si bien débarrassé le monde dans le temps ; il aurait bien plus de peine à détruire ces monstres hideux qui rongent nos sociétés civilisées : je veux dire les préjugés, l'hypocrisie, et autres manies de la civilisation moderne.
Il est des préjugés qui deviennent principes pour la plupart des gens.
Les préjugés occupent une partie de l'esprit et en infectent tout le reste.
On ne résiste jamais complètement à un préjugé qu'on perd beaucoup de temps à attaquer.
Tous les préjugés ont un fondement.
Les esprits dont la mission est de détruire les préjugés sont ceux qui ont le plus de préjugés.
Dès qu'un préjugé est sous la garde d'une passion, il faut le laisser tranquille si l'on tient à sa propre paix.
Dans la même âme peuvent vivre ensemble les préjugés les plus durs et une bonté naturelle.
À préjugé cuirassé, préjugé blindé.
Les préjugés sont les rois du vulgaire.
Quiconque a détruit un préjugé, un seul préjugé, est un bienfaiteur du genre humain.
Un vil préjugé vend d'obscures erreurs que la jeunesse achète aux dépens de ses mœurs.
Il n'y a pas de préjugés anodins.
Les passions détruisent plus de préjugés que la philosophie.
Les imbéciles sont nourris de préjugés.
Un préjugé, c'est une vérité qu'on affirme trop.
Les préjugés marchent en troupeaux, comme les bêtes.
Tous les préjugés tirent leur origine de l'ignorance ; dans des temps éclairés les mêmes préjugés dominent encore, parce qu'une longue habitude produit les mêmes effets que l'ignorance. Malgré les plus grandes lumières, nous adoptons certains préjugés, parce qu'ils tiennent à la constitution du peuple avec lequel nous vivons, et qu'il serait dangereux de les détruire. C'est la nécessité qui fait que nous imitons le peuple dans nos actions, quand nous le condamnons dans nos écrits. Il faut plusieurs siècles pour renverser l'édifice des préjugés, puisqu'il en existe beaucoup de nos jours qui ont été vivement attaqués par nos pères ; nous en voyons nous-mêmes l'inconséquence, et n'osons malgré cela les abandonner.
Nous devons respecter les préjugés du public jusqu'à un certain point ; nous ne devons pas nous rendre singuliers à ses yeux, et quoique notre conduite soit irréprochable, il ne doit pas nous être indifférent de quel œil il nous regarde.
Les préjugés les plus ridicules servent quelquefois de motif aux actions les plus estimables.
Les faux préjugés rendent les bons avis inutiles.
Les erreurs et les préjugés ont constamment perverti la morale et corrompu les lois.
Les préjugés qui entachent l'esprit de l'enfance ne s'ôtent presque jamais.
Il en est des préjugés reçus comme de la plupart des grands qu'il faut respecter sans s'y attacher.
Le préjugé étouffe son homme sans bruit.
La solitude dégage des préjugés du monde, et le monde des préjugés de la solitude.
Je n'ai aucun préjugé contre les poltrons, mais je n'aime pas les fanfarons.
Le premier de nos préjugés renferme tous les autres.
La raison, le jugement, viennent lentement, les préjugés accourent en foule.
La subtilité de l'esprit est un préjugé légitime contre la bonté du cœur.
L'ignorance la plus profonde est moins dangereuse que de faux préjugés.
Les gens à préjugés ne le contestent jamais plus que lorsqu'il est prouvé.
Les savants ont au moins un préjugé de plus que les ignorants, celui de s'en croire exempts. C'est ce préjugé-là, par lequel ils combattent ceux des autres, qui rend incurable, chez eux, la maladie des préjugés.
Les savants font la guerre aux préjugés populaires, sans s'apercevoir qu'ils sont eux-mêmes tout pleins de préjugés pour le moins aussi nombreux, quoique différents, et bien plus dangereux pour la société. Les préjugés du peuple, poussés dans les terres incultes de l'ignorance, sont de mauvaises herbes ordinaires qui tomberont, un jour ou l'autre, sous le sarcloir de la science. Les préjugés des savants, vérités d'apparence enracinées dans l'amour-propre, l'orgueil et l'intérêt personnel, sont un chiendent presque inextirpable.