Les sentences proverbiales, bien appliquées, sont comme des prophéties.
Maximes et proverbes sont quelquefois contradictoires, sans en être moins vrais ; la sagesse individuelle n'est pas plus homogène que la sagesse des nations.
Nos plus belles maximes ne sont que des proverbes endimanchés.
C'est surtout quand on parle des femmes qu'il faut se souvenir du proverbe : Toute vérité n'est pas bonne à dire.
Assieds-toi sur le bord de la rivière et tu verras passer le cadavre de ton ennemi, dit le proverbe. Bon. Mais à force de rester assis au bord de la rivière, on finit par attraper des rhumatismes.
Les proverbes sont excellents, mais la plupart du temps les mots qui les composent semblent en désordre comme si la tradition orale qui les rapporte avait vacillé. Voici quelques proverbes nouveaux, faits avec les anciens, et qui me semblent aussi vrais qu'eux : le génie n'est qu'une longue impatience ; la pauvreté ne fait pas le bonheur ; la bêtise est la mère de tous les vices ; tout péché n'est pas bon à dire ; qui paie ses dettes n'amasse pas mousse ; mieux vaut faire pitié qu'envie, etc.
Les proverbes sont l'expérience des générations condensée en aphorismes : ce sont des cristallisations du sens commun.
Un vieux proverbe dit que ; Plaie d'argent n'est pas mortelle ! Cependant, les hommes en guérissent difficilement, tandis qu'ils devraient songer que la perte des gens qu'on aime est la seule irréparable.
Selon un proverbe hollandais, il faut cacher son argent à ses voisins et son secret aux vieilles femmes ! En n'excitant pas la tentation, on a sans doute plus de chances de conserver ses écus. Mais pourquoi supposer que la femme âgée, qui a acquis de la maturité et de l'expérience, sera plus susceptible de trahir un secret que la femme qui débute dans la vie ?
Sans argent, dit le proverbe, pas de suisse ! pas de suissesse, non plus.
J'aime les formules qui s'écrivent plus joyeusement et se retiennent plus facilement. J'aime économiser les mots. J'aime ciseler un axiome jusqu'à ce qu'il ait l'air d'être un proverbe volé à la sagesse populaire.
Nos espérances, même les mieux fondées, même les plus prochaines, sont souvent trompées par l'événement. Chacun de nous, à son tour, répète ce proverbe tout empreint de mélancolie et de résignation, à savoir : Il y a loin de la coupe à la bouche.
Les proverbes sont le fruit de l'expérience de tous les peuples, et comme le bon sens de tous les siècles réduit en formules.
La plupart des gens traversent la vie avec pour tout bagage une centaine de proverbes. Ils se feraient couper en morceaux plutôt que de l'avouer, ils n'en sont même pas toujours conscients ; mais ces cent proverbes leur permettent de tenir soixante ou quatre-vingts ans sans catastrophe majeure, tout aussi bien que s'ils se réglaient sur les principes de Kant ou de Platon.
Les proverbes valent mieux que l'usage.
Raccommoder sa douleur avec des proverbes.
En général on peut juger des têtes par leur diamètre ; le proverbe nomme les petites : têtes de linottes.
Un joli proverbe russe : « L'homme doit sentir le vent ; la femme la fumée. » Soit, mais je veux qu'on brûle, au foyer, un bois parfumé.
Les pensées du génie sont les proverbes et la sagesse des délicats.
Les proverbes ressemblent aux papillons ; on en attrape quelques-uns, les autres s'envolent.
En province les proverbes, cette archéologie grammaticale, sont encore monnaie courante de conversation : cela permet de ne rien dire du tout en ayant l'air de dire beaucoup.
La phrase toute faite est un gros sou ; le proverbe, le dicton, sont moins qu'un gros sou.
Les proverbes sont la monnaie de poche du peuple, dérobée à la sagesse de quelques individus.
Un proverbe n'est pas une raison.
Tous les proverbes ne sont pas des leçons de sagesse ; et celui-ci, qu'on répète d'autant plus qu'il semble mieux excuser nos sottises : — Il faut que jeunesse se passe ! — fait que la plupart des hommes sont déjà vieux lorsque leur jeunesse n'est pas encore passée.
Le mépris des proverbes, c'est le commencement de la fortune.
Toute la morale est dans ce vieux proverbe : Qui mal veut, mal lui arrive.
Le ciel du printemps ressemble souvent à la mine de la belle-mère, dit le proverbe.
La vérité du proverbe : « La chair est faible quand elle est molle » n'a jamais été démontrée par des hommes d'honneur et des femmes de petite vertu.
Qui bouffe mange mal, dit un vieux proverbe parisien du XIXe siècle et du XVe arrondissement.
Le gibier faisandé ne l'est souvent qu'à la mesure de la mentalité corrompue de celui qui le mange ainsi, dit un proverbe moral gastronomique néozélandais et néomalthusien.
Le sarcastique et prophétique proverbe qui dit : « Rira bien qui rira le dernier » gagnerait à être ainsi modifié : « Quand celui qui rit le dernier a bien fini de rire, personne ne rigole plus. »
Le proverbe « Autant en emporte le vent » est un proverbe incomplet et insuffisant car « Le vent lui-même autant en emporte le temps ».
Un bon proverbe ne frappe pas aux sourcils, mais dans les yeux.
Les proverbes sont les richesses et la sagesse des nations.
Les proverbes sont bons pour régler son devoir ; et qui veut se mirer se regarde au miroir.
Tout le monde se moque des proverbes, s'amuse à les retourner, à les mettre en contradiction les uns avec les autres, mais il est certain qu'ils représentent une expérience globale, qu'ils sont les conclusions tirées par l'humanité de spectacles auxquels elle a assisté des millions de fois et qui ne varient guère.
L'habitude fait de la vie un proverbe.
Un proverbe, quand il vient à propos, est toujours bon à entendre.