La première et la plus rare des qualités sociales est l'abnégation de soi-même.
Si les richesses donnent toutes les qualités, on doit rougir de n'être pas le plus avare des hommes.
Rien ne présente un intérêt plus vif que l'harmonie des qualités contraires. Et au fond ne sont-elles pas faites pour être réunies, puisque séparées elles nuisent plus qu'elles ne servent ? La passion sans le bon sens égare ; le bon sens sans la passion dessèche. Ils ne sont point ennemis naturellement, c'est leur accord dans les grandes âmes qui produit les grandes choses.
Il arrive presque toujours que les hommes tombent du pouvoir par les qualités qui les y ont portés.
Le monde tient compte des qualités superficielles plus que des qualités réelles. C'est ainsi qu'il apprécie plus la grâce et l'amabilité que la vraie bonté, les attentions délicates que le dévouement, le brillant que la solidité de l'esprit.
La plupart des hommes n'ont que des qualités superficielles, et le monde s'en contente ; ce qui manque, ce sont les racines profondes.
Les qualités les plus sérieuses peuvent suffire à nous faire estimer, mais elles ne suffisent pas toujours à nous faire aimer.
On ne peut connaître à fond les caractères qu'après les avoir vus dans des épreuves décisives. Que de qualités suffisantes dans les temps ordinaires qui deviennent insuffisantes dans les temps exceptionnels !
Nos qualités se présentent comme une société en commandite où l'on est solidaire l'un pour l'autre.
Les vertus et les vices suivent cette loi des qualités et défauts physiques : l'individu les acquiert, l'hérédité les fixe dans la race.
Quelles que soient nos qualités, rien ne nous flatte plus que d'être loués de celles que nous n'avons pas.
La véritable amitié opère ce prodige de nous faire aimer dans autrui les qualités qui nous manquent.
On ne songe à cacher que les qualités dont on a conscience : la modestie est la sœur honnête de l'hypocrisie.
On ne demande pas plus de qualités ou de vertus à un ami politique qu'on n'en demande à une maîtresse ; tant que l'un ne varie pas dans son opinion et que l'autre inspire le désir, on passe sur le reste.
Il n'est pas une personne assez sotte, ou assez méchante, pour qu'on ne puisse lui envier quelques agréments ou quelques bonnes qualités.
On ne peut contempler le soleil, si un nuage léger n'en tempère l'éclat, ni admirer la plupart des qualités, si la modestie ne leur sert de voile.
C'est toujours un travers d'esprit que d'affecter des qualités qu'on n'a pas, mais c'en est un plus grand encore que d'affecter celles qu'on ne devrait pas avoir.
Pour plaire aux autres, il faut se donner la peine d'admirer les qualités qu'ils se donnent la peine de feindre.
L'éducation ne fait que développer les qualités que nous a données la nature.
Il est peu de femmes qui aient des qualités réelles, c'est de leur figure que dépendent leurs vertus. Telle qui se trouve laide se dévoue à la sagesse par humeur, et telle autre qui se trouve jolie forme le dessein de devenir galante.
Les méchants nous font expier nos bonnes qualités encore plus que les mauvaises.
Les qualités les plus belles, comme les montres les plus parfaites, ne peuvent se passer de régulateur.
Des qualités identiques chez les parents peuvent se muer chez l'enfant en de sérieux défauts.
De jolies qualités sociales : rendre son argent gracieux, son intelligence endurante, sa noblesse accessible.
Les qualités négatives sont comme l'ombre, elles ont leur utilité.
Les vertus sans qualités sont des beautés sans grâce.
Il est bien plus facile de vivre avec les qualités des autres qu'avec leurs vertus.
Il y a des gens qui grincent des dents lorsqu'ils entendent des vocables tels que singularité, désinvolture, dilettantisme, parce qu'ils savent qu'on cherche en les employant à rabaisser quelques qualités réelles qu'ils possèdent.
L'on n'estime guère dans les autres que les qualités que l'on croit posséder soi-même.
On ne doit pas minimiser les qualités d'un adversaire.
En cherchant à nous donner les qualités qui nous manquent, nous négligeons trop souvent celles que nous a départies la nature, et dont le bon emploi nous suffirait. Tant il est vrai de dire que le mieux est l'ennemi du bien.
Faire aimer ses qualités en les rendant aimables est chose plus difficile pour certaines personnes que de faire maussadement leur salut.
On ne comprend la valeur de certaines qualités que lorsqu'on a vécu avec des personnes qui ne les avaient pas.
Il faut gouverner ses qualités presque aussi attentivement que ses défauts.
Louer les qualités vraies ou supposées de celui que l'on veut séduire est un moyen usé, et qui peut inspirer de la méfiance ; mais louer ses actions ou ses réussites est un genre de flatterie contre lequel la raison a bien de la peine à se défendre.
L'égoïsme, en rétrécissant l'âme, doit naturellement étouffer par là les qualités qu'elle renfermait ; voilà pourquoi il est bien difficile à un égoïste d'être moral.
On fonde souvent son prétendu mérite sur des qualités qu'on n'a pas.
Nos qualités ainsi que nos défauts se fortifient par la lutte, par l'habitude.
Une des qualités les plus essentielles pour briller en société, est la présence d'esprit.
Quand on rencontre dans un ami de nombreuses qualités, il faut savoir fermer les yeux sur le reste.
Qui n'a pas d'envieux n'a pas de belles qualités?