De timides conjectures prennent quelquefois le nom de résolutions sages.
Rien de plus funeste que le décousu dans la vie. A de brusques soubresauts entre d'excellentes et de détestables résolutions, il faut préférer encore la suite dans une certaine médiocrité d'esprit de conduite.
L'homme est incertain dans ses résolutions ; tantôt il veut une chose, tantôt il en veut une autre.
Il faut avoir pesé une résolution aux deux balances pour diminuer la chance d'erreur.
Je suis passif, incapable d'une espérance et d'une résolution, parce que mon orgueil ne peut se résigner au moindre mal, et que je suis dépourvu de l'évidence pratique, apanage du bon sens.
Moralement, je suis souvent inquiet, persécuté par l'idée du provisoire, de l'incomplet de ma vie ; et certaines rêveries m'ont poursuivi, sans me mener à aucune résolution ; car il me manque les éléments nécessaires pour me décider.
Le calme suit toujours une résolution bien prise.
Il y a une fatalité qui s'attache aux bonnes résolutions : elles sont toujours prises trop tard. Les bonnes résolutions nous procurent des émotions stériles, jouissance qui a un certain charme pour les faibles. C'est tout ce qu'on peut dire en leur faveur. Ce ne sont que des chèques tirés dans une banque où l'on n'a pas de compte ouvert.
La résolution qui a le plus coûté à une âme délicate paraît toute naturelle au vulgaire.
C'est toujours une naïveté que de combattre une résolution qu'un homme a pris sérieusement. Il y a des chances pour que chacun voie plus clair que les autres dans sa propre affaire, parce qu'il y a pensé plus longtemps.
C'est une faiblesse que la sagesse désapprouve de te lier par des résolutions qui ne peuvent qu'être mal conçues, et encore plus mal exécutées.
Que ton corps soit ami du travail, et ton âme amie de la sagesse ; afin que l'un puisse exécuter tes résolutions, et que l'autre sache prévoir ce qui t'est utile et avantageux.
Ce sont les fortes raisons qui déterminent les résolutions que nous prenons à l'avance ; ce sont les petites raisons qui nous arrêtent au moment de les exécuter.
Il faut toujours mettre quelque lenteur à prendre des résolutions, et les prendre à coup sûr quand la chose en vaut la peine.
Nous voudrions bien être invariables en nos résolutions, et nous ne voudrions pas qu'il nous en coûtât tant de peine pour les mettre en pratique ; mais cela ne se peut en cette vie, où nous aurons toujours à travailler.
Le cœur suffit pour comprendre et pour justifier la plupart de nos résolutions et de nos actes, comme il a suffi pour les inspirer.
Nos bonnes résolutions sont mues par des rouages défectueux.
On peut gouverner une société tranquille et régulière avec les seuls dons de l'esprit ; mais lors que la violence a remplacé le droit, et que la marche méthodique de la civilisation a été rompue, un homme d'État ne regagne le chemin qu'il a perdu qu'en prenant de ces grandes et subites résolutions que le cœur seul inspire.
Les résolutions prises après de mûres réflexions et de bons conseils sont si agréables, qu'on doit rejeter comme des tentations tout ce qui peut empêcher de les suivre.
On n'est jamais plus économe que le lendemain du jour où l'on a trop dépensé, et plus riche de bonnes résolutions qu'après un gros péché.
Amassons des forces et des résolutions : la vie saura les dépenser.
Nos résolutions meurent généralement en pleine jeunesse, en plein épanouissement.
Quand toute résolution me paraît aussi mauvaise que bonne, cela m'engage à l'abstention.
Les résolutions des esprits faibles ne sont que des velléités bientôt réprimées par des repentirs.
Je vois avec terreur la grande roue de la fatalité arriver sur moi pour m'écraser. Mauvaise santé, incapacité de travail, sentiment du provisoire indéfini, vide agrandi, pas une seule perspective souriante : quel avenir ! Ennui, ennui, ennui ! Et que faudrait-il pour échapper non pas à ta destinée, mais à ce sentiment étouffant d'être traîné à ce que tu détestes ? — Peut-être une résolution nette, brusque et considérable, en d'autres termes une révolution dans ta vie.
Il se rencontre dans la vie bien des circonstances où il faut prendre une résolution subite, sans différer d'un instant.
Les hommes indolents, ces pauvres malheureux, n'ont qu'un petit nombre d'idées et une impuissante résolution, et toujours ils sont prêts à courir au lieu où il y a une occasion de causer et d'entendre d'inutiles entretiens.
Je n'ai de scepticisme d'aucune sorte ! ce n'est pas ma nature, ce n'est pas celle de mon esprit, ce n'est pas celle de mon caractère. Les résolutions nettes et décidées sont les seules conformes à ma nature. Je ne suis pas plus sceptique en politique que je ne le suis en philosophie.
Toute résolution considérable m'est impossible, car je n'attends de l'inconnu que le pire.
La résolution m'épouvante, l'irrésolution me pèse, l'avenir m'inquiète, le présent me fait bâiller.
La suite nécessaire du doute est de suspendre en nous toute résolution, toute action ; au lieu de nous égarer il nous glace. Notre orgueil s'y repose, notre indolence y trouve son excuse. Il permet tout de la manière la plus dangereuse, je veux dire en ne défendant rien. Il affecte la dignité de la sagesse, et se fait passer pour elle dans l'esprit des humains.
Quand une roue est arrêtée, immobile, sur une pente, il suffit de l'impulsion la plus légère pour la précipiter ; il en est de même des résolutions humaines lorsqu'elles oscillent devant une voie ouverte par leurs désirs : c'est parfois un fait insignifiant en lui-même et sans corrélation apparente avec l'objet de leur hésitation qui les décide et les pousse en avant.
Les hommes détestent ataviquement les résolutions à prendre. Au cours de longs siècles de liberté et de responsabilité totale, ils ont trop souvent connu l'ennui d'être obligés d'agir.
Laissons les mauvaises langues dire et penser de nous ce qu'elles voudront, et demeurons fermes en nos desseins, et invariables en nos résolutions.
Il n'y a point de meilleur moyen pour bien affermir nos bonnes résolutions et les faire réussir que de les mettre en pratique.
La fermeté est la résolution constante d'un homme sensé qui persiste dans un dessein juste et utile en dépit des obstacles qu'il rencontre. L'honneur, la vertu, l'amour du bien public inspirent la fermeté.
Comme tu détestes les regrets et abomines la servitude, ne t'enchaîne qu'à bon escient, avec une claire conscience de ta résolution, et le consentement aux risques.
Il est facile de prendre une résolution généreuse ; il est difficile de ne jamais la regretter.
Quand l'action ne suit pas immédiatement la résolution, la volonté se lasse, et les petites raisons et mauvaises habitudes reprennent leur empire.
La résolution écarte le péril.
Les résolutions violentes causent de violents repentirs.
L'homme courageux ne s'arrête pas à mesurer la distance, ni à compter les obstacles ; il les aborde de front, muni des armes prudentes qui lui en aplaniront la sortie. Une résolution pleine de fermeté est le bouclier le plus impénétrable et le glaive le mieux trempé dont les soldats puissent armer leur courage.
L'esprit est presque toujours la dupe du caractère. Cela est surtout vrai pour les hommes faibles ; quand il s'agit de prendre une résolution, ils ne sentent pas la force des arguments qui conseillent le courage.
Les résolutions prises trop à la hâte ressemblent aux vœux, il faut éviter les unes et les autres.
L'homme, surtout celui qui a le teint fleuri, prend si facilement le repentir pour la vertu, les résolutions pour les actions, les fleurs pour les fruits. C'est ainsi qu'aux branches dépouillées du figuier, on voit pousser des apparences de fruits qui ne sont encore que les enveloppes des fleurs.
Le repos de la vie présente ne consiste que dans le regret du désordre de la vie passée, et dans la résolution de régler celle qui est à venir.
Se marier, c'est prendre la résolution de rendre heureux quelqu'un.
La résolution manque souvent au moment, où l'on doit agir résolument.
Si on ne construit rien sur des regrets, par contre on bâtit sur des résolutions.
L'amour est une résolution qui unit le présent aux temps passés et à venir.
Les bonnes résolutions ne gagnent pas à être différées.
Une résolution forte change le plus extrême malheur en un état supportable.
La promptitude est rarement d'accord avec la justice, et les discours réfléchis fondent les sages résolutions.
Être dans le doute, c'est être résolu.