À la porte des poulaillers, les renards entre eux deviennent loups.
Un seul amour pour savoir où l'on vivra, plusieurs maisons pour ne pas savoir où l'on mourra.
Certains fruits rafraîchissent sans désaltérer, ils occupent la soif !
Prendre une habitude est plus ardu que persister à en refuser une.
On ne cherche presque jamais à savoir pourquoi l'on aime, mais on essaie toujours de justifier pourquoi l'on n'aime pas.
L'oubli comme la mémoire a son style : chacun cesse de se souvenir à sa manière.
Seul mystifie bien celui qu'on croit incapable de mystifier.
Un enfant m'a dit : « Je travaille à jouer. » Bon début ! car il laisse espérer que l'adulte jouera à travailler.
Pour se faire admettre au Paradis, Dieu place les mérites de l'humilité avant ceux de l'intelligence.
On ne peut éviter d'oser avant de croire, puisque croire est la première audace.
Heureux ceux qui savent goûter les bonheurs les plus simples.
Les panthéons sont des alibis où l'on embaume la gloire quand on peut l'honorer sans la craindre.
L'humanité a besoin de ses grands hommes, une fois qu'ils sont morts, pour se rassurer sur elle-même.
Le pouvoir qu'on nous prête nous en donne.
Le vrai jaloux est celui qui prend ombrage du cadeau qu'il n'a pas fait.
Pour bien apprécier les louanges, il est nécessaire de ne pas s'en croire digne.
Certains visages semblent avoir été modelés par d'habiles caresses, d'autres par des caresses maladroites.
À vivre longtemps, on devrait finir par savoir s'augmenter en se simplifiant.
On se donne tant de mal pour acquérir le moindre petit bien matériel que l'on dispute aux autres, et l'on passe négligent à côté des profusions de l'esprit que l'on pourrait ne ravir à personne.
Si le désir de faire plaisir à l'autre se rencontre plus dans l'acte d'amour que dans l'acte d'aimer, c'est que la satisfaction de la vanité ne coûte pas grand-chose au corps.
La jeunesse n'est pas une question d'âge, c'est une réponse de l'esprit.
Le pardon des offenses passe pour esprit de charité.
Le rire nous déride, sauf de ses propres rides.
Les pauvres d'idées ruinent tout progrès en accusant de confusion les prodigues.
Les bonnes idées n'ont pas d'âge, elles ont seulement de l'avenir.
Si la jeunesse a tort de trop se contempler, la vieillesse n'a pas toujours raison de fuir son image.
On s'arme de patience, on ne s'arme pas de bonté.
Au nom du père sans enfant, du fils sans père et de l'esprit sans sainteté, je désespère.
L'être aimé, on ne le replace parmi les autres que s'il a perdu le prestige et la valeur de l'incomparable.
La politesse qui n'est que politique prouve déjà une délicatesse dans la ruse.
Femmes, belles-de-nuit acharnées à fuir l'amour pour s'offrir à l'indifférence.
La vie est un devoir sans brouillon.
L'avenir s'édifie sur des ruptures et des renouements naturels qu'aucun homme n'est capable d'éviter.
L'insulte au cadavre est le plus grand des déshonneurs que l'absurdité puisse infliger au vivant.
La puissance sur soi appartient à ceux qui savent écouter et se taire.
Aimer, c'est « s'aimer en l'autre », bien sûr, mais ce doit être d'abord « aimer l'autre en soi ».
Le mensonge est comme le premier riz : il arrive à point, mais il ne suffit pas pour l'année.
Ce qui fait le saint, c'est d'abord le sourire, mais c'est le sourire aussi qui fait le diable.
On croit aimer quelqu'un, et l'on ne fait que s'aimer dans le regard reçu.
Une imprudence qui réussit compromet l'intelligence du courage.
La meilleure part appartient à qui donne et non à qui reçoit.
La jalousie lucide a brisé plus de couples que la confiance aveugle.
Mieux vaut encore souffrir de la présence que de l'absence de l'être aimé.
Pour ne pas s'épuiser, l'amour doit conserver le sens de l'épuisable.