C'est idiot d'écrire des lettres d'amour, l'amour ne peut se dire par lettres, mais que faire quand l'Océan s'étend entre vous et l'homme que vous aimez ? Que pourrais-je vous envoyer ? Les fleurs se fanent, les baisers, les larmes ne s'envoient pas. Seulement les mots !
Ces gros bourgeois pourris de fric, influents, importants me semblent encore plus détestables que le milieu frivole et mondain contre lequel ma jeunesse s'est insurgée.
Je ne pourrais pas vivre sans écrire. Enfant, adolescente, les livres m'ont sauvée du désespoir ; cela m'a persuadée que la culture est la plus haute des valeurs.
La vieillesse est un âge heureux quand on a mené une vie dure et plus ou moins dévorée par les autres.
Une femme qui n'a pas peur des hommes leur fait peur.
Je n'ai jamais voulu que mes filles ignorent les réalités de la vie, je les renseigne assez librement, c'est le meilleur moyen de tuer les curiosités malsaines.
On peut appeler volonté, ténacité, persévérance ma manière de me concentrer sur mon travail et de mener à bout mes projets. On peut aussi y voir un entêtement aveugle, une opiniâtreté bornée.
Un fils a besoin de sa mère, une mère ne peut pas se passer de son enfant.
La vie est comme un pendule qui oscille de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui.
Si le mariage diminue l'homme, presque toujours il annihile la femme.
Il n'est pire amertume que de se sentir la fleur, le parfum, le trésor qu'aucun désir n'exige : qu'est-ce qu'une richesse qui ne m'enrichit pas moi-même, et dont personne ne souhaite le don ?
Quand on a été mal aimé dans son enfance et qu'on a adopté le point de vue de ses parents, on a constitué de soi une image déplaisante dont on ne se débarrasse jamais.
Un sot ne doit prendre à son gré la sottise pour une vertu.
Certaines femmes sont des « pondeuses » plutôt que des mères.
Mentir, c'est offenser Dieu.
La femme est ce que son mari la fait, c'est à lui de la former.
Beaucoup de femmes ne s'abandonnent à l'amour que si elles sont aimées en retour, et l'amour qu'on leur manifeste suffit parfois à les rendre amoureuses.
Le vaniteux, quémandant les flatteries, s'abaisse quand il prétend se hausser. À trop se complaire à son image, il finit par s'y enfermer ; il tombe dans l'importance qui est la véhémence de la vanité.
Un vaniteux béat peut être d'agréable commerce, encore qu'il parle trop de soi, mais il prête à rire.
Un jobard prend pour argent comptant toutes les politesses.
Pour la première fois, dans l'angoisse et dans la tendresse, un homme désirait une femme, pour la première fois une femme se sentait devenir entre les bras d'un homme une idole de chair. Un printemps neuf fleurissait, unique comme chaque printemps.
Il y a des moments où le temps s'arrête. Des moments où l'on est par-delà la vie et où l'on voit. Et puis le temps se remet en marche, le cœur bat, vous tendez la main, vous avancez le pied ; vous savez encore mais vous ne voyez plus.
Qu'était-ce qu'aimer, pour lui, aujourd'hui ? Il tenait à moi comme à une vieille habitude mais je ne lui apportais plus aucune joie.
Il n'y a pas une grande distance entre la trahison de l'absence et l'infidélité.
Jouir d'un bien, c'est en user, c'est se jeter avec lui vers l'avenir.
Trahie, abandonnée, oui ; une blessure trop saignante pour que je supporte d'en parler. Nous sommes retombés dans le silence. Allait-il s'établir définitivement entre nous ? Un couple qui continue parce qu'il a commencé, sans autre raison : était-ce cela que nous étions en train de devenir ? Passer encore quinze ans, vingt ans, sans grief particulier, sans animosité, mais chacun dans sa gangue, rivé sur son problème, ruminant son échec personnel, toute parole devenue vaine ?
Deux êtres qui s'aiment, assis à côté l'un de l'autre, sont encore deux êtres solitaires.
Point de passion qui s'allie mieux à la luxure que l'ivrognerie et la gourmandise.
Tes seins blancs sont meilleurs à ma bouche gourmande que la fraise des bois.
Ce qu'il y a de plus scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.
Mon pessimisme n'est qu'une forme de l'optimisme.
Quand on veut rompre, on écrit, pour annoncer la rupture.
L'homme n'est un homme que par son refus de demeurer passif, par la pulsion qui le projette du présent vers l'avenir et le dirige vers les choses dans le but de les dominer et de les modeler ; pour l'homme exister, c'est refaire l'existence ; vivre est la volonté de vivre.
C'est par sa volonté de mener à bien son entreprise, par son projet dans le monde, qu'un homme se réalise pleinement.
L'important dans la vie c'est de réussir ce qu'on fait.
Laissez-moi t'aimer. Quelques jours, quelques années.
Solitaires, nous continuerions à vivre côte à côte.
Le temps m'est un peu trop large aux épaules, mais je m'en arrange.
Quand quelqu'un tombe amoureux de vous, vraiment amoureux, c'est une magie.
La femme est champ et pâturage, mais elle est aussi Babylone.