La passion est active, elle est tout action. Rêver et soupirer est l'éloquence discrète de l'amour.
À mesure qu'il vieillit, l'homme cherche dans la matière la poésie qu'il n'a plus en lui ... Hélas ! Au sein d'un confort exquis, il se reporte à ses vingt ans, à ses rêves, et il soupire !
Quelle perte de temps, toutes ces heures perdues à rêvasser, à soupirer. Je n'ai de goût à rien, ni à partir, ni à rester ; je me sens inquiet, blasé, fatigué. Cette existence pâle, monotone, me pèse. Il me faut prendre part aux luttes et aux plaisirs des hommes, voir du monde, me secouer, me tremper.
La lumière fait vivre ; les ténèbres peuvent faire penser ; mais le jour bas, la lueur ambiguë et le ciel de plomb font plutôt que l'on soupire ! Étend les bras, ferme les yeux et bâille.
Le cœur est un glouton insatiable, on le sait ; et d'ailleurs, qui ne soupire pas ? C'est notre destinée ici-bas. Seulement les uns se tourmentent pour se satisfaire sans y réussir ; les autres anticipent sur le résultat et se résignent en faisant l'économie d'efforts stériles et infructueux. Puisqu'on ne peut être heureux, pourquoi se donner tant de peine ? Il faut se borner au strict nécessaire, vivre de régime et d'abstinence, se contenter de peu et ne mettre de prix qu'à la paix de la conscience, au sentiment du devoir accompli.
L'insensé soupire après les richesses, le sage se contente de ce qu'il a.
Le sot recherche la louange, le sage l'attend, et les belles, tout bas, soupirent après.
Il est rare de penser à fond sans soupirer ; à l'extrême de toute pensée est un soupir.
Quand on n'attend dans le futur que déboire, chagrin, humiliation, souffrance, déclin, on soupire malgré soi et l'on garde le cœur serré.
Comme s'envolent les années, me voilà bientôt dans les vieux ! Hélas, hélas mes destinées forment un cercle vicieux : Le présent est mauvais, le futur sera pire ; je vois mes peines, hélas, j'en soupire ! et n'attends rien de mieux.
Il y a des jours où l'on voudrait être athlète, et d'autres où l'on voudrait être femme. Dans le premier cas c'est le muscle qui palpe, dans le second c'est la chair qui soupire et qui s'embrasse.
Attiré par la nouveauté, mais esclave de l'habitude, l'homme passe sa vie à désirer le changement et à soupirer après le repos.
Un soupirant qui soupire depuis quelques années n'est pas très pressé.
Si les amants ne soupirent plus, c'est la faute des femmes qui ne leur en laissent pas le temps.
On n'apprécie que ce qui se perd, on ne soupire qu'après l'inaccessible et l'impossible.
Soupirer près d'une jeune, se plaindre près d'une vieille, deux agréables passe-temps.
En amour, celui qui ne fait que soupirer court grand risque de soupirer longtemps. Demander avec timidité, c'est appeler le refus, a dit un philosophe : Qui timide rogat, docet negare.
La vie : Si on vous interroge sur la vôtre, félicitez-vous de l'avoir eue aussi belle. Soupirez que ça se termine toujours mal. Et ajoutez : On fait le con jusqu'au moment où on fait le mort.
Soupirer, c'est appeler.
Il y en a qui ne soupirent jamais plus que quand ils sont parfaitement heureux.
Si dur que soit l'état dont notre cœur soupire, et quel que soit le mal qui nous vienne éprouver, supportons ; tout malheur qu'on change devient pire, la peine qu'on maudit peut encore s'aggraver.
Travaille sur ton cœur et, quoiqu'il en soupire, attends pour demander d'être prêt au refus.
Santé, premier des biens après la paix du coeur, santé, je soupire après toi.
Les indolents gémissent de la brièveté du temps, ils soupirent jour et nuit, en songeant à la quantité de papiers qui s'amassent sur leur bureau et oublient que le travail seul pourrait alléger ce fardeau !
Je ne puis faire entendre mes plaintes aux rochers ni raconter mes joies aux vents du soir. Mon âme soupire après une âme qu'elle aime comme une sœur ; mon cœur cherche un cœur qui lui ressemble.
Les pensées trop fines, le style trop châtié, l'amabilité trop régulière font soupirer après la nature.
Je soupire, je tremble, je souffre ; écoutez mes plaintes, écoutez mes pleurs.
Jupiter ne nous promet point ici-bas de succès assuré, cependant nous méditons avec orgueil les plus vastes projets, et une audacieuse espérance nous y entraîne sans cesse avec force et nous fait rejeter les conseils de la prévoyance ; Sachons donc borner notre ambition, c'est un funeste délire que de soupirer après ce qu'on ne peut atteindre.
Le découragement absolu produit l'inertie, et fait soupirer après le néant.
L'homme n'est heureux que lorsqu'il est hors de son état naturel ; et comme il ne peut presque jamais chasser le naturel, il est toujours à soupirer après le bonheur.
On ne craint rien tant que la mort, tout ce qui nous en approche nous effraye ; il n'est cependant pas de jour où l'on n'ait des motifs de soupirer après le lendemain.
Soupirer ne peut rassurer.
Qui soupire n'aime pas.
Mon cœur soupire toujours, il voudrait plus et mieux.
L'homme passe sa vie à désirer le changement et à soupirer après le repos.
Nous soupirons après la vanité jusqu'à notre dernier soupir, et si, par impossible il ne nous reste alors plus rien de la vanité terrestre, la céleste vanité nous attire encore et plus que jamais.
On aspire à être amoureux, on soupire pendant qu'on l'est, mais comme on respire, quand on ne l'est plus !
Tel rit de jour, qui toute nuit soupire.
Comme on a soupiré pour s'unir, on soupire pour se séparer.
L'amour a ses expressions, l'orgueil a les siennes ; l'amour soupire de ce qu'il perd, l'orgueil méprise ce qu'on lui refuse.
Un ennuyé prend tant de place ! sa présence rend l'atmosphère si pesante ! il absorbe tant d'air vital quand il soupire et quand il bâille !
L'espérance trompe, les années passent, et en vieillissant on a plus à soupirer qu'avant.
Toi qui soupires après le bonheur tu ne connais donc ni la philosophie, ni l'espérance, ni l'amour ? Oh ! penser, espérer, aimer, sont des biens si grands qu'ils donnent à l'homme une éternelle jeunesse et suffiraient à justifier Dieu de nous avoir créés sans notre consentement.