C'est témoigner une bien petite estime aux gens avec qui l'on cause, que de laisser passer toutes les idées qu'ils émettent sans leur faire jamais l'honneur d'une contradiction.
Pour un homme investi de fonctions élevées, il y a un moyen facile de tirer bon parti de ses inférieurs ; c'est de leur témoigner une estime et une confiance qui les élèvent assez haut à leurs propres yeux, pour qu'ils n'osent s'abaisser jusqu'à le tromper.
Il est plus facile de témoigner sa sympathie aux heureux qu'aux affligés. C'est que les premiers ne sont pas difficiles : toute parole convient ; à peine ils vous entendent, ils n'ont besoin de rien. Les seconds sont plus exigeants. Ils comptent sur vous pour adoucir leur peine, ils vous tendent la main et le cœur. Un rien les froisse. Ils sentent si le mot n'est pas juste, si la consolation n'est pas délicate. La crainte de mal faire rend maladroits les mieux intentionnés. On sent bien d'ailleurs que la plupart des consolations que l'on peut offrir sont vaines, que pour les grandes douleurs il n'y en a pas. Écoutons-les et pleurons avec elles.
Un homme qui est de mon sentiment, sans m'avoir entendu, craint que je ne m'en aperçoive pas. Il s'empresse à me le témoigner, c'est un complaisant dangereux, je dois le fuir.
Un brave homme témoignant avec simplicité sa reconnaissance est un spectacle toujours émouvant.
C'est vendre un repas au convive que de ne pas témoigner qu'il est donné de bon cœur.
Rougir de témoigner son estime à un honnête homme disgracié de la fortune est la pire des bassesses. Elle n'est pourtant que trop commune ; n'en soyez que plus vigilant à ne jamais vous en laisser infecter.
Si nous pouvions nous estimer mutuellement, il n'y aurait que de la douceur dans la société. L'inclination malheureuse que nous avons à témoigner le peu de cas que nous faisons des personnes qui ne sont pas vraiment dignes de mépris est la source de presque tous les désordres et des maux qui y règnent. De là naissent les médisances malignes, les satires mordantes, les manquements injurieux, qui produisent à leur tour les haines mortelles, les longues inimitiés, les vengeances funestes.
Si votre rang vous met dans le cas de répandre des grâces, tâchez de le faire aussi gracieusement. Lorsque vous pouvez donner dans le moment même, ne permettez pas qu'on vous sollicite. Ce n'est pas être libéral que de céder à l'importunité, c'est acheter son repos. On ne donne qu'à demi, lorsqu'on ne donne pas dès le jour qu'on peut donner. Il semble par ce délai qu'on cherche du temps, pour trouver les moyens de ne rien accorder ; c'est témoigner au moins qu'on n'oblige pas avec plaisir.
Les lois de la morale imposent à l'homme qui vit en société le devoir d'être prudent, discret, réservé, indulgent pour les imperfections et même pour les défauts des autres, sévère pour ses propres faiblesses, respectueux envers ses supérieurs, plein de bonté pour ses inférieurs, toujours prêt à témoigner de l'estime à ses égaux.
Témoigne ta reconnaissance par des actes à ton bienfaiteur.
Se venger d'une épouse coupable, c'est témoigner qu'on l'aime encore.
Témoigner publiquement son repentir d'une médisance, c'est lui donner plus de force.
Témoigner le doute de l'exécution d'une promesse, c'est autoriser à ne pas la tenir.
Témoigner d'indulgence envers autrui ne se peut que si l'on est sévère avec soi.
Témoignez du respect au fat, et bientôt il se croira tout permis.
L'homme juste souffre de ne pouvoir témoigner sa reconnaissance des bienfaits reçus.
Plus une femme témoigne de réserve, et plus elle attire.
Médire de l'argent, c'est témoigner qu'au cas échéant on ne saurait pas en faire usage.
La seule façon qui nous soit laissée de témoigner notre dédain de la vie, c'est de l'accepter.
Si vous voulez être aimé des hommes, témoignez-leur de l'estime et de l'amitié : celui à qui personne ne plaît, pour l'ordinaire ne plaît à personne. Cherchons dans la société à être bien avec tous, si nous voulons y goûter du plaisir, car on est toujours bien où l'on est agréable, et l'on s'ennuie nécessairement où l'on ne plaît pas.
Témoigner aux autres qu'ils nous offensent, c'est presque toujours les offenser.
Être sans argent est l'alibi d'un être qui doit témoigner à d'autres qu'il existe véritablement.
Témoignez de votre affection par des effets plutôt que par des paroles.